L'île aux esclaves

Une île sur laquelle des personnes fortunées viennent s'installer pour une vie loins du stress. Des esclaves sont importés du monde entier pour servir et même assouvir leurs désirs. Chaleur, et endroit paradisiaque vous attendent!
 
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 Une relation spéciale...

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Kazuo Mishima

Kazuo Mishima

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MessageSujet: Une relation spéciale...   Jeu 6 Mar - 22:29





Le retour à la maison…
Pfff…
Ça faisait longtemps…
Beaucoup de gens savourent ces moments là…
Lorsqu’ils partent de leur foyer trop longtemps… ne serait-ce que pour les vacances…
Mais pour ma part, c’était très différent.
Le retour chez moi m’inspirait plus de crainte et de ras-le-bol que la plupart des gens… que tous les gens même.

C’était toujours mauvais de rentrer au manoir…
J’y avais quelques souvenirs de maman, il y avait rien à faire… et… il y avait cet homme répugnant.
Mon père oué…
Il était là, entouré de bonniches, qui ne servaient pas qu’à l’entretien de la maison, et desquelles il profitait sûrement en douce…

Mon père… Heihachi Mishima…
Inconcevable qu’une monstruosité telle que lui puisse être le géniteur d’un enfant aussi génial que moi.
Non, ce n’était en rien de la vantardise, j’étais honnête avec moi-même.
Les filles s’arrachaient ma présence, bien qu’elles soient conscientes que je leur briserais leur petit cœur…
Stupides…

Ces filles là, des idiotes…
Elles ne connaissaient rien de moi, à part mon apparence physique. Même mon caractère leur était inconnu…
Et pourtant, elles tombaient amoureuses de moi…
Ces petites dindes croyaient savoir ce qu’est l’amour.
Pathétique…
Voir un amas d’oies dans leur genre s’égosiller après vous est tellement… énervant… surtout lorsque vous aspirez au calme et à la tranquillité.

Mais je n’étais pas un goujat, et je les traitais avec une droiture implacable…
Je ne refusais jamais l’invitation d’une demoiselle…
Certes, la plupart du temps j’oubliais le rendez-vous, trop happé par des choses qui leur était inconcevables sur le plan mental… car oui, ne nous leurrons pas, ces filles sont toutes dépourvues d’intelligence.

Mais je leur offrais ce qu’elle voulait… moi.
J’avoue que je ne tarde jamais à passer à la partie physique, détestant leur compagnie et leurs conversations futiles… des trivialités aussi intéressantes que l’était ma cousine Reï… donc absolument pas.
Donc j’en venais rapidement à la partie chambre à coucher, où je n’étais pas forcément un modèle de droiture, je l’avoue…

Je ne pensais qu’à moi dans ces moments là.
C’était mon plaisir qui passait avant celui de ma « partenaire »… rien que dire ça me donne mal à la gorge.
Disons plutôt qu’elles voulaient être entre mes mains, et que, pendant l’espace de plusieurs minutes, ou de plusieurs heures, je leur faisais cet honneur.
Je prenais, et je ne donnais pas grand-chose…
Plusieurs fois, j’avais même abandonné de pauvres filles après m’être suffisamment amusé, les laissant dans une situation assez inconfortable…

Le truc, c’est que je me lassais rapidement…
J’avais besoin de renouveau, d’inventivité, ce que personne, jusqu’à présent, n’a été capable de me donner…
Je voulais que ça bouge, que ça me surprenne, et que ça soit chaque fois différent…
Avec ces ingrédients, il y avait de quoi faire un bon couple, mais… ne me parlez pas d’amour.

C’était catégorique pour moi, je ne devais pas tomber amoureux.
D’ailleurs ma tactique de ne jamais trop me rapprocher d’une fille n’y était pas étrangère.
Ainsi protégé, je ne risquais pas d’aimer, surtout pas.
L’amour n’amenait que du malheur, et mon passé l’avait prouvé.
Je ne souffrirais pas… plus, comme j’avais souffert autrefois.

Mais revenons-en plutôt à la réalité pour le moment.
Je me trouvais à l’école, enfin… devant le lourd portail de la pension.
Il faisait très chaud, et la chemise que je portais ne me laissait pas échapper à la chaleur suffocante de cet été, qui s’annonçait encore caniculaire.

Les vacances d’été…
Cette fois, pas d’échappatoire…
Nous étions bien forcés de rentrer au manoir…
Et pour trois mois qui plus est…
Trois mois à côtoyer ce monstre…
Je crois bien que je vais passer du temps dans ma chambre ou dehors, caché dans un coin…

Je patientais donc, le sac dans mon dos, avec la bandoulière qui passait discrètement sur mon épaule.
Ce connard ne viendrait certainement pas lui-même…
Savait-il qu’il avait engendré deux enfants ?
Ou peut-être plus dont nous ignorerions l’existence le connaissant…

Je me retrouvais finalement moins seul lorsque Reï passa devant moi, se stoppant un peu plus loin sans même daigner poser ses yeux sur moi…
Ses cheveux bruns au vent, les fines lunettes qu’elle replaçait sur son nez…
J’observais délicatement son corps, et devais bien reconnaître que, physiquement, elle avait plus d’un atout à faire valoir.
Malheureusement, sorti de ces jolies courbes, elle était si coincée et si timide qu’elle en devenait énervante…
Pour être tout à fait franc, elle m’ennuyait…
Spirituellement, je n’accrochais pas, et c’était tant mieux…
A part une partie de jambes en l’air, je vois mal dans quel domaine on aurait pu se retrouver…

Elle attendait donc là, me fixant finalement, mais uniquement en coin, feignant de se désintéresser de moi…
C’était énervant…
Elle n’assumait même pas ses envies… désespérant…

Mais on ne resta pas seuls bien longtemps…
En effet, l’ultime membre de ce trio stupide entra en scène, non sans fanfaronner, comme à son habitude…
Cette fille serait suivie en permanence par un orchestre mettant en musique ses actions, que ça choquerait même pas tant elle était elle-même bruyante et de par ce fait… énervante…
Cette gamine… quinze ans…
J’avais l’impression que depuis des années, elle ne grandissait plus, gardant « sagement » son rôle de fillette mignonne et adorable…
Quand on la connaissait, on avait déjà vu la façade s’écrouler…
Une petite peste, geignarde et capricieuse… voilà ce qu’elle était…
Elle avait un physique enfantin mais elle faisait carrément du chantage à des types, ou d’autres choses du même genre…
Elle était d’ailleurs très portée sur le sexe, et tous les moyens étaient bons pour en parler chez elle…

Ah oui…
Je parle de ma petite sœur… l’affreuse Izumi…
Donc comme je vous le disais, elle débarqua dans un fracas, tandis que le lourd portail s’ouvrait, comme guidé par sa pensée… quelle héroïne…
Elle devait toujours faire des trucs comme ça, juste pour se montrer…

Je me désintéressais d’elle, trouvant plus d’intérêt au pot de fleur posé sur le trottoir qu’à cette sœur délurée…
Reï, pour sa part, semblait nerveuse, voir agacée, et elle tourna clairement le dos à la gamine…
Tant mieux, tout le monde allait bien apparemment.


« - Salut vous deux ! » s’écria Izumi.
« … »
« - J’ai dit salut vous deux !!! » s’énerva-t-elle.
« - Je m’en fiche, tais-toi. » lui répondis-je sèchement.
« - Et le salut ?! » reprit-elle en bougonnant.
« - salut, maintenant tais-toi. » terminais-je de façon directe.

Il fallait tout de suite lui mettre les points sur les i, sinon elle continuait de vous enquiquiner sans cesse…
Là au moins, on allait être tranquilles… un peu.
Le silence s’installa, et bien que pour beaucoup, il soit synonyme de malaise, pour moi, il était apaisant…
C’était si rare, ça en devenait légendaire un moment comme celui-là.

La voiture arriva au bout de l’avenue…
C’était forcément la notre…
Personne ne se faisait raccompagner par une limousine, surtout quand celle-ci arrivait avec trois heures de retard…
Putain mais c’est un père ça ?!

On était franchement mieux à l’école…
Il était jamais là au moins…
A la maison… il y avait sa présence, son aura maléfique partout…
Vous étiez sans cesse sous le couperet, sous la peur de la voir débarquer…
Une sensation horrible…
Comme si le diable rôdait dans votre demeure… mais en pire…
Parce que là, nous allions de nous même, à l’intérieur de l’antre du démon…

On s’installait calmement à l’arrière de la limousine, et je remarquais au passage la tête du chauffeur…
Un grand costaud, le crâne rasé, et des lunettes de soleil…
Oué, comme d’habitude, il envoyait un mec plutôt louche pour nous chercher…
Je me demande même s’il envoyait vraiment quelqu’un pour nous chercher…
Tomber sur un tueur serait pas pire de toute façon, vu la torture que c’était de se coltiner Heihachi dans les mêmes pièces que nous.

La voiture se mit en route.
On aurait du partir à neuf heures, et à cause de cet incapable, il était déjà midi lorsque la limousine démarrait…

Dans la voiture j’évitais toute discussion, et rêvassais tellement que je manquais de m’endormir.
L’idée de revoir ce mec ne m’enchantait guère…
Mais bon, on finirait bien par hériter de tout ça…
Je crois que l’idée du scénario que l’on pourrait créer pour l’assassiner était revenue beaucoup de fois dans ma tête… et même inconsciemment, j’y pensais…
Ne serait-ce que pour maman…

La voiture entra dans le parc du manoir à quatorze heures… il était temps…
Sans perdre une seconde, je sortais de voiture, et constatais avec joie, qu’il n’était pas là pour nous accueillir…
Ce n’était pas un père modèle là-dessus… et tant mieux d’ailleurs…
Ça nous évitait d’avoir à le croiser.

Mais sortant de nulle part, il tomba juste devant moi… avec son stupide sourire charmeur…
Grrrr… je le maudissais déjà…
Et il me prenait pour qui là ?!
L’une de ces stupides filles qui craquaient pour son sourire ?!
Remontre-moi tes dents, et je vais t’en faire voler moi…
Espèce de minable…

Et il… se cassa…
Heureusement, il était temps qu’il bouge de là…
Sans demander mon reste, je filais dans l’autre direction, passant par plusieurs couloirs, avant d’atteindre ma chambre…
C’était simple ici… calme… mon coin à moi…

J’ouvrais la porte d’un coup, et me retrouvais alors dans mon jardin secret…
Un jardin secret qui ne l’était pas tellement puisqu’il était clair que les servantes y passaient régulièrement pour faire le ménage tant la chambre était propre…
J’avais envie de peu de choses…
Peut-être juste de rester là…

J’attrapais donc un livre dans l’étagère, choisissant l’un de mes préférés… un certain « Anges et Démons ».
Sans perdre de temps, je m’étalais sur mon lit, mettant ma tête en appui sur les oreillers, et me plongeais dans ma lecture…
Certes, j’aimais lire, mais ce dont j’avais envie, c’était que quelque chose vienne bouleverser mon quotidien et ma tranquillité…
Mais pas cette stupide petite sœur… plutôt… quelque chose de plus inattendu…


Dernière édition par Kazuo Mishima le Ven 7 Mar - 23:34, édité 1 fois
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Ryûna Metherlence

Ryûna Metherlence

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MessageSujet: Re: Une relation spéciale...   Ven 7 Mar - 1:29

C’était une après-midi d’été.
Les jours funestes surviennent toujours en été.
C’est la saison où le soleil annonce ses victimes, où le destin s’entremêle et vole les vies qu’il a tiré au sort.

Je détestais ces quelques mois, désormais.
Il m’arrivait toujours un malheur, sinon plusieurs, lorsque les nuages désertaient le ciel et que seul régnait en maître l’astre du jour.

J’étais née en été.
Premier calvaire.

Devoir vivre chaque jour qui passe parce qu’on m’a infligé la vie.
Côtoyer chaque jour des silhouettes qui m’insupportent, respirer sans cesse les haleines tièdes et les souffles fatigués.
Faire semblant de vivre parce que c’est un « merveilleux cadeau ».

On m’avait vendu en été.
Deuxième douleur.

Découvrir le prix misérable de mon existence.
Supporter le poids de ces chaînes, aujourd’hui invisibles.
Dire adieu… Tourner la page.

On m’avait forcée en été.
Troisième terreur.

Peur que tout recommence, angoisse des bruits nocturnes, des pas lents dans le couloir.
Tressaillement des lèvres lorsque la porte s’ouvre.
Fermer les paupières et espérer que le cauchemar cesse.
Mourir chaque nuit et ressusciter le lendemain.

On m’avait rattrapée en été.
Quatrième désillusion.

Apprendre que la liberté est une chimère.
Que la lune est aussi exécrable que le soleil.
Qu’elle cache d’infâmes tortures sous ses rayons glacials.

J’avais essayé et j’essayais encore.
Essayer de surmonter tout ça, de vivre malgré les douleurs…
Non, de vivre avec elles, en une harmonie toute relative.
Néanmoins, perfides, elles revenaient toujours plus nombreuses, plus obscures, plus dévastatrices.

Alors, trois mois auparavant, j’avais fui.
Stupide.
Je vivais sur une île cerclée par une mer déchaînée, chez un homme influant, puissant et aux milles ressources… alors m’échapper ?!
Comme prévu, il m’avait retrouvé, m’avait puni et j’avais perdu ce fol espoir.
J’étais captive. J’obéissais.
Pas de rébellion possible, pas de reproches acceptables.

Un schéma d’une rare simplicité.
C’était toujours si simple…
Mon statut d’esclave faisait en sorte que ce le soit, du moins.
Pas mon mot à dire, pas droit d’exprimer mes opinions.
Rester plongée dans un état de passivité stupéfiante, quasiment léthargique, se laisser porter par le vent, ne pas se débattre.

Tout aurait put être plus facile.
Si je l’avais accepté, si ce destin auquel l’on m’asservissait ne m’avait pas tant insurgé.
Mais j’étais humaine, j’avais une âme et un cœur qui palpitait encore malgré ses lacérations récentes et encore purulentes.
Et il s’enhardissait chaque jour un peu plus, cherchant écho en celui des autres obstinément silencieux, malheureusement.

Esclave d’accord mais… je voulais simplement être reconnue, que l’on écoute ce que j’avais à dire…
Etre utile…
Etre domestique, c’était ma vie, je n’étais bonne qu’à ça, alors là n’était pas le problème… mais, je gardais tellement de regret…
Il y avait tant de chose que j’aurais souhaité faire avant d’être enfermé ici.
Maintenant, qui pouvait dire quand j’aurais l’opportunité de quitter ces lieux plus de deux heures comme je le faisais lors des marchés pour faire toute sorte d’achat ?

On ne m’avait pas laissé le temps d’apprécier le chant du vent, les caresses des vagues, la plénitude que peut apporter un coucher de soleil.
On ne m’avait jamais appris que la vie est bien autre chose qu’une suite d’évènements effrayants, de coups vicieux et de regards pervers.

Cependant, je le pressentais tellement !
C’était en moi.
Il était si simple de m’imaginer au beau milieu d’un champ, courant jusqu’à l’épuisement.
Et, était-ce c’était quelqu’un que j’entendais tout près de moi ?
Bien sûr… dans mes songes, j’étais aimée et entourée et… libre…

Mais je…
Je ne pouvais partir seule à la recherche de ce dont je n’avais même pas réellement conscience, que je visualisais et idéaliser chaque fois que je fermais les yeux sans pouvoir être certaine que le tableau qui se traçait sous mes paupières existait bel et bien… là-bas… quelque part…
Loin d’ici, loin de tout ce que je connaissais.
Moi, tout ce que je connaissais au fond, c’était les bleus et le sang, les larmes amères et les mains dures.
Pour l’heure, je ne vivais que de tremblements, de cris et d’impuissance.

Je n’avais aucune liberté.
Je n’avais jamais eu de choix.
Mais, quoi que j’en dise, je n’étais pas la plus à plaindre.
J’avais un toit… et…
Enfin, j’avais un toit et c’était déjà beaucoup, en soit !
Ah et je ne mourrais pas de faim non plus !
Mais comme je travaillais beaucoup, je me plaisais à me répéter que je méritais bien ça.
Horrible pensée lorsque, comme moi, on a sous les yeux des bourgeois qui se vautrent dans l’opulence et la nourriture… jetant un regard dédaigneux aux plus miséreux.
Comme si c’était leur faute !

Parfois je me demandais s’ils ne nous reprochaient pas de ne faire aucun effort pour atteindre leur catégorie sociale…
Gros, gras, plein aux as, médisant et hypocrite…
A choisir, j’optais pour le métier de suivante pour cent ans encore si cela pouvait m’empêcher de devenir comme eux un jour.

Quoi qu’il en soit, cette journée avait débuté comme toutes les autres.
Levée à cinq heure du matin, prête à travailler une demi-heure plus tard et, après une petite prise de bec avec Haïdy pour me mettre en forme tout en avalant un maigre petit déjeuné rapidement engloutit et digéré ; hop me voilà entamant les tâches qui s’enchaînaient et se suivaient.
Autant de rituels que je connaissais par cœur et que je me vantais de pouvoir réaliser les yeux clos.

La lessive, la cuisine, tous les travaux ménagers habituels…
C’est qu’il y en avait à faire dans cette gigantesque demeure !
En vérité, vous ne pouviez jamais affirmer avoir totalement finis votre besogne.
De nouvelles corvées apparaissaient toujours.
C’était un vrai cercle vicieux !

Bref, un jour comme les autres, tout à fait ordinaire en somme.
Enfin, c’est ce que je croyais encore en ce début d’après-midi.
Toutefois, un bruit attira mon attention, me détrompant définitivement.
La voix d’Izumi… reconnaissable entre milles !

La petite… de seulement deux ans ma cadette d’ailleurs, était donc rentrée ?!
A cette pensée un large sourire vint adoucir mes traits.
J’étais profondément ravie.
Elle me mettait toujours du baume au cœur avec sa joie de vivre contagieuse et son côté impétueux que je rêvais de posséder moi aussi.
Oui, elle ne ressemblait pas vraiment aux adolescents de son âge… ni même aux jeunes filles ayant hérité du même statut.
Elle restait naturelle et spontanée, possédant le charme des personnes indépendantes qui ne demande de compte à personne.
Le genre « je fais ce que je veux, ça te dérange ? Oui et bien passe ton chemin. »
Elle se fichait tant des préjugés, du regard d’autrui !
En cela, je dois admettre qu’elle m’impressionnait.

Donc j’entendis ses plaintes tandis qu’elle exprimait fortement sa colère de ne pas retrouver sa chambre dans le même désordre où elle l’avait laissé.
C’était vraiment impensable ! Qui donc avait bien pu oser ranger cette pièce sacrée ?!
Blague et ironie à part, ce constat m’amusa vaguement.
Elle ne changeait pas et, en un sens, c’était tant mieux, même si cela en désespérait plus d’un.
J’aimais « discuter » avec elle.
Et puis, dans cette famille, elle était la seule à s’être intéressée à ma véritable personnalité et avait même appris les bases du langage des signes.
Une gamine stupéfiante… qui ne l’étais plus tant que ça d’ailleurs, gamine...

En revanche si elle était là, sa cousine et son grand frère devait y être aussi.
Le week-end ? Non…
Quelle date étions-nous déjà ? …
Les vacances ! J’avais oublié qu’ils avaient droit à des vacances à l’école !
Ça s’était la belle vie quand même !
Trois mois à se reposer et à prendre du bon temps !
Ce n’était pas prêt de m’arriver à moi, ça !

Et au fond, ça ne m’aurait pas particulièrement plus… Ne rien faire, lambiner pendant tout ce temps ?! Impossible !
On ne m’avait pas habitué à ça !
Je me serais sentie tellement inutile, plus encore que je ne l’étais aujourd’hui, je veux dire.

En résumé, nous devions accélérer le mouvement.
Moi surtout.
J’avoue que je n’avais pas été ce que l’on appelle une flèche depuis le début de la journée et j’allais devoir me retrousser les manches.
On avait du pain sur la planche.
Pour commencer, ils devaient avoir du linge à laver dans leurs lourdes valises… un tonne de vêtements…
Ne pas se décourager avant d’avoir débuté, enfin !

Pour être tout à fait honnête, ces derniers temps, je me sentais anormalement lasse et mes insomnies devaient y contribuer largement.
Et Heihachi qui tournait autour de moi avec une insistance sadique…
Me violant de ses iris à défauts d’utiliser des doigts qu’il ne me réservait que la nuit ou presque.

Savez-vous ce qu’est la haine ?
Pas la colère, non je parle ici de la haine véritable, celle qui vous ronge et vous maintient paradoxalement debout.
Mon maître m’en inspirait plus que je n’aurais su le décrire.

Il me dégoutait et plus que tout, il me terrifiait…
Sa présence équivalait largement à l’enfer…
C’était une lente torture, une agonie sans fin, répétée encore et encore.
Mais ne parlons pas de lui pour l’instant.
Non pas que j’avais d’autre chose en tête, j’étais incapable de le chasser de mes pensées, il en était même devenu l’unique représentant, le directeur despotique, mais parce que je tentais bel et bien de l’en déloger et de me concentrer sur ce que j’avais à faire.


Dernière édition par Ryûna Metherlence le Ven 7 Mar - 1:44, édité 6 fois
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Ryûna Metherlence

Ryûna Metherlence

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MessageSujet: Re: Une relation spéciale...   Ven 7 Mar - 1:34

C’est alors qu’il débarqua dans mon dos, posant sa main large sur mon épaule soudain tremblante tandis que je faisais volte-face, d’ores et déjà paniquée.
Et là… Quel soulagement de se retrouver en face de Takaya !
Ce n’était que lui… simplement lui !



«- Tu en fais une tête… Je venais juste te signaler que les trois jeunes Mishima sont de retour et te dire, qu’à mon avis, l’initiative de servir quelque chose au petit maître serait la bienvenue.»
«- Pourquoi ?»
Signais-je, perplexe.
«- … Inutile de continuer ta petite comédie avec moi, Ryûna, tu le sais.»


Je poussai un profond soupir, puis, m’assurant furtivement que personne ne nous espionnait, j’entrouvris les lèves laissant s’échapper ce son qui paraissait toujours surnaturelle…
C’était comme si quelqu’un d’autre s’exprimait au travers de cette voix hésitante.


« - Pourquoi ?» Répétais-je donc docilement.

« - C’est une question de respect, voyons ! Souhaite-lui la bienvenue de notre part à tous comme on le fait toujours.»
« - … ??? »
« - Quoi ? Pourquoi as-tu l’air si surprise ? D’habitude je me charge de ça mais là j’ai… d’autres priorités. Le maître m’a réclamé. Bref, ça n’a pas d’importance. Tu le fais où je dois demander à quelqu’un d’autre ? Haïdy par exemple… »
« - … Iee, Iee ! … Ça ira, n’est-ce pas ? Je suis capable de le faire moi-même.» Affirmais-je alors, déterminée.


Hochant simplement la tête, il tourna les talons me laissant de nouveau seule, en me lançant toutefois une dernière précision : « Thé glacé ».
Bon ce n’était pas bien compliqué.
Une bagatelle !
Servir… ce jeune homme et puis repartir.
Me secouant mentalement, dépassant péniblement mes appréhensions, je me dirigeai vers les cuisines.

Il ne me fallut pas longtemps pour me retrouver face à la pièce irrémédiablement fermé, un petit plateau posé à plat sur l’une de mes mains.
Il ne me restait plus à présent qu’à presser cette maudite poignée…
Allez !

Mishima-sama n’y serait pas.
Ce n’était que son fils, il ne me ferait rien, pas vrai ?
Je l’avais croisé à plusieurs reprise et il ne m’avait porté aucun intérêt alors il n’y avait pas de raison pour que cela commence aujourd’hui.

Inspirant profondément, je frappai à la porte, deux petits coups comme on nous avait appris à le faire.
Mais à peine mon poing avait heurté le bois, qu’une indicible angoisse se fraya un chemin en mon esprit, annihilant toute cohérence.

Je ne devais pas retourner là-dedans !
Pas dans cette pièce où son père m’avait conduite si souvent pour des raisons mystérieuses mais que j’estimais malsaine.
Trop de mauvais souvenirs ! Trop d’images révulsantes !
Trop dur ! Insupportable ! Pas possible !
Je n’y arriverais pas !
J’étais trop bête ! C’était trop tôt !
A peine deux jours qu’il m’y avait traîné…

Mais alors que je m’apprêtais à déguerpir, un « ouais ? » sec, qui me laissa penser que ma venue était dérangeante, accentuant plus encore mon embarras, retentit.
Faire demi-tour ?
C’était une option mais le garçon se répéta plus froidement encore et je me sentis la force d’entrer craignant de le mettre définitivement en colère si je le faisais patienter une seconde de plus.
Ces gens là n’étaient pas des modèles de vertus en général et attendre n’était pas dans leur corde, je le savais depuis longtemps.

Timidement, je fis une apparition qui se voulait discrète de toute évidence.
La taille et la corpulence d’une souris auraient été parfaites dans la situation actuelle mais malheureusement, même avec cette volonté apparente de me faire la plus petite possible, je n’en étais pas encore là.
Je posai sur lui un regard bref et fuyant… tellement fuyant d’ailleurs que je me surpris à rencontrer ses pieds, puis le sol et enfin mes propres chaussures.
Oui bon en réalité, j’avais la tête basse, les joues rosies et comble de mon malheur j’étais saisie de tremblements incontrôlables mais pour l’heure imperceptible.

A bien y réfléchir c’était la première fois que je me retrouvais en tête à tête avec ce parfait inconnu dont la réputation qui m’était parvenu était loin d’être irréprochable, même si je n’étais pas friande de ce genre de rumeurs désobligeantes.
Il n’avait peut-être même pas connaissance de mon handicap « vocal »…

En fait, je ne savais rien de lui non plus.
Il ne m’intéressait pas, du moins sa personne. Il était le fils du maître, héritant donc de ce même statut, ça s’arrêtait là.
Est-ce… Est-ce qu’il lui ressemblait… à son géniteur… ? Etait-il aussi cruel et répugnant ?
Si c’était le cas, mieux valait ne pas m’attarder ici.
Si mes soupçons se révélaient exactes je… j’ignorais si la force de surmonter les épreuves qui jalonnaient ma vie me serait restée…
Un diable personnifié était amplement suffisant. Vivre dans l’antre de deux Satan ?
Plutôt mourir foudroyée sur place !

Au bout d’un temps, paraissant me ressaisir brutalement, très gênée de m’être laissé surprendre ainsi par mes rêveries et d’avoir fait preuve de cette audace punissable en ne le saluant même pas avec le respect que je lui devais , je m’inclinais maladroitement devant lui.
Retrouvant ma position initiale, je lui offris un petit sourire penaud, une peur incontestable se peignant dans mes prunelles troublées.
Il… Il m’apeuré comme les autres membres de la gente masculine, ça s’était une affaire entendu mais là il avait, en prime, des raisons de me châtier pour cet affront involontaire.

Désireuse de ne pas m’attarder plus que de raison et sans attendre sa réaction, je me précipitai vers lui, avec une véhémence stupide qui me surprit moi-même, tendant devant moi sa « commande » qui n’en était pas vraiment une.

Décidemment les événements prenaient une tournure bien insolites mais… si allait certainement émerger en lui une incrédulité justifié, moi, par contre, je ne savais que trop bien les causes de ma nervosité.
C’était cet endroit, c’était la proximité de ce représentant du sexe opposé que je fuyais d’ordinaire avec une détermination impressionnante.
Là, c’était comme de se jeter dans la gueule du loup !

Bon… sans plus attendre je vous le dis, ce qui devait arriver arriva, douée comme je l’étais.
Me ruant sur lui tête la première, le verre bien en avant, j’eu…
En fait j’ignore ce qu’il s’est vraiment passé, ce fut trop rapide mais je peux simplement vous dire que mon bras eu un mouvement bien étrange et que le liquide tangua dangereusement, venant atterrir sans que je ne puisse rien y faire, sur le torse de mon « compagnon ».

Les yeux écarquillaient par la stupeur, l’incompréhension et l’ébauche de la terreur, les lèvres entrouvertes en un cri qui ne vint pas, je restais là, immobile, interloquée et navrée au possible.
Ma mine déconfite se fit quelque peu implorante tandis que j’attendais la sentence qui n’allait sûrement pas tarder à tomber.


Dernière édition par Ryûna Metherlence le Mar 9 Déc - 14:00, édité 3 fois
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Kazuo Mishima

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MessageSujet: Re: Une relation spéciale...   Ven 7 Mar - 16:20

J’étais incapable de me concentrer sur plusieurs choses à la fois…
Vous voyez ce que je veux dire…
Si je me mettais à lire, et qu’on me parlait en même temps, mon cerveau choisissait instinctivement le plus intéressant des deux, entre la lecture actuelle, et la discussion proposée, c’était un peu comme… ma sélection naturelle…
Par contre, je n’hésitais pas à me replonger dans mon bouquin si le sujet déviait sur un truc dont je me fichais complètement…
Et puis, il était rare que les discussions m’apportent beaucoup, donc j’évitais au maximum les échanges avec les autres…

Ainsi, j’appréciais de me retrouver seul avec moi-même.
Enfin… apprécier était un grand mot…
Disons que la plupart du temps, j’étais agacé par les autres…
Là, il n’y avait personne, et par déduction, personne pour m’agacer…
C’était plutôt un soulagement en fin de compte…

Oui, il n’existait pas grand-chose capable de m’amuser vraiment, ni même de me faire sourire…
Les choses, les gens… tout était si terne, si fade…
Comment être rien qu’un peu heureux au milieu de cette pagaille de gens idiots…
Eux, ils s’amusaient de n’importe quoi…
C’était désespérant…
Ils n’avaient jamais connu de malheur ceux-là…

Malheureusement, moi si…
D’accord, il y a certainement des gens qui souffrent bien plus que moi, je ne le nie pas…
Mais c’était dur…
Je ne voulais pas m’attacher… aux autres…
Ils ne m’intéressaient pas… ne méritaient pas que je leur offre mon amour… si unique, et que je réservais aux personnes comptant vraiment pour moi…
C'est-à-dire plus personne aujourd’hui.

Je n’en avais pas le droit…
Cet amour là… je l’avais donné à maman…
Alors je ne devais pas le donner à n’importe qui d’autre…
Vous savez… je crois qu’au fond… j’avais toujours terriblement ma mère dans le cœur…
Mais surtout… je pense que j’avais peur… peur d’aimer quelqu’un plus que je l’avais aimé elle…

Parce que…
Que restait-il d’elle aujourd’hui ?
Un mari, qui n’avait jamais fait attention à elle, préférant ses jeunes servantes à sa propre femme…
Une fille, qui n’avait pas le moindre souvenir d’elle…

Il n’y avait… Que moi…
Uniquement moi et mes souvenirs…
C’était la seule chose qui permettait à maman de ne pas disparaître totalement…
Mais si j’aimais d’autres personnes…
Si je l’oubliais…

C’était horrible comme dilemme, mais, c’est sans regret que je choisissais de me barricader loin des autres, préférant mon amour pour elle au reste du monde…
Et pour tout le monde, j’étais Kazuo le mystérieux…
Que de mystères…
Eux n’en avaient pas de mystères, et ils s’en plaignaient presque, nombre de ces mâles me jalousant…
Vous vous aviez une famille… une vraie… bande de bakas…

On voit toujours ce que les autres ont, alors qu’on ferait mieux de regarder déjà les belles choses qui nous entourent…
Enfin, moi ce qui m’entourait, c’était une petite sœur geignarde, une cousine chiante, et un père démoniaque… pas de quoi parler de « belles choses » dans mon cas…

Mon père…
Est-ce que je lui accordais ce titre, ne serait-ce que dans mes pensées… ?
En tous les cas, il ne le méritait pas…
Vous savez, vis-à-vis de lui, j’avais une énorme compassion pour les gens… tellement je le haïssais…
Maman était partie, et lui…
Lui il ne l’avait même pas vue une seule fois tout au long de sa maladie…
Une pure merde…

Partir d’ici était un soulagement mais… imaginer l’enfer qu’il faisait certainement vivre aux servants en notre absence…
Se dire que certains d’entre eux devaient vraiment être à bout, ne plus supporter l’être abject qu’il était…
Ça me révoltait réellement…
Mais rien ne pouvait m’indiquer qu’il était vraiment un tyran avec eux…

Si seulement il était aussi laxiste avec tout le monde qu’il l’avait été avec maman…
Ce serait plus simple…
Il n’avait pas un ennemi des fois… ?
Si quelqu’un se décidait à le tuer…
Le monde en sortirait plus heureux…

Et je tiendrais le manoir autrement qu’avec sa main de fer implacable…
Je n’abuse pas en disant tyran…
Sous ses airs de bel homme… m’enfin… une broutille comparé à moi… c’était un vrai monarque.
D’ailleurs il n’avait même pas la politesse d’appeler les servantes « servantes » par délicatesse… Non, il disait carrément « esclave »…
Le tact non plus, il connaissait pas.

Et puis… emprisonner des humains…
D’accord, je n’étais peut-être pas un modèle sur le plan humain mais…
C’était horrible de faire ça…
A quelle époque vivions-nous… ?
Ma sœur était pire que moi…
Elle avait même tenté d’organiser des fuites de servantes…
Cette petite était résolue à faire la guerre à Heihachi… et je pensais rejoindre son camp incessamment sous peu, mais pour une action plus radicale que celle là…

Mais laissons de côté les pensées à propos de ce maudit déchet, qui avait dû être craché par l’Enfer le jour de sa naissance…
Intéressons-nous plutôt au monde, le vrai, qu’à celui de mes songes.

J’étais sur la seconde page de mon livre…
Oui, effectivement, la preuve en était faite, je ne pouvais pas faire deux choses à la fois, et réfléchir à Heihachi était si rageant que j’en oubliais de lire…
Mais la lecture était meilleure que cet homme…
Il était si exécrable, que même lorsqu’il n’était pas là, il était ancré profondément en nous, et on ne parvenait à se défaire de son aura malfaisante.

Bon, mon livre !
Je connaissais « Anges et Démons » par cœur, et il est vrai qu’à la relecture, il était nettement moins palpitant, puisque les rebondissements étaient tous connus…
Mais Dan Brown était un sacré auteur.
Pour servir un livre qui m’avait intéressé autant, il fallait être un expert.
C’était juste ce que j’attendais…
Une ambiance toujours changeante, des rebondissements qui t’empêchaient de tomber dans l’ennui…
Incroyable, mais je l’avais suivi jusqu’au bout…

Ah oui, parce que je possédais près de cinq cents ouvrages dans ma chambre…
Je les avais tous entamés, mais n’en avais fini aucun…
Impensable n’est-ce pas… ?
Encore une preuve du fait que je me lasse des choses rapidement…
D’ailleurs, je ne me souvenais pas avoir vraiment accroché à quelque chose…
Ce genre de chose qu’on voit, et dont on se dit que l’on adore…
Jamais j’avais pensé ça…

J’en étais donc là, reprenant ma lecture, lorsqu’un bruit m’interpella…
Un « toc »…
Quelqu’un venait de frapper à la porte de ma chambre.
Pas moyen d’être tranquille ici…
Voyons… qui venait m’emmerder… ?
Izumi peut-être mais… elle, elle frappait pas lorsqu’elle entrait…
Reï peut-être…
D’ailleurs l’hésitation à entrer dont cette personne faisait preuve me faisait penser à elle… malheureusement…

Je demandais au frappeur d’entrer, mais… sans résultat…
Je me demande si j’aimais ça ou si ça m’agaçait…
Parce que, ça chamboulait légèrement la journée et me donnait un certain suspens, et dans le même temps, ça me dérangeait dans ma solitude…

Une nouvelle fois, je sommais la personne à l’extérieur d’entrer…
Mais à nouveau… pas vraiment de réaction…
Soit c’était de la timidité…
Soit c’était de la provocation, et dans ce cas, ce serait drôlement culotté…
En tout cas, ça s’annonçait intéressant…

Finalement, au bout d’un moment interminable, la porte s’ouvrit enfin…
Voilà quelqu’un qui savait comment s’y prendre pour susciter mon intérêt et attirer mon attention…
D’ailleurs, une fois entrée, cette chère personne attisa un peu plus ma « convoitise ».

C’était une servante, et elle semblait un peu… sur la défensive je dirais…
La première chose que je remarquais chez elle, et qui sautait aux yeux, c’était ce corps magnifique…
Déroutant…
C’était même une honte de cacher une plastique si jolie sous cette tenue de servante ridiculement longue et couverte…

Mais qui avait créé ces tenues débiles… ?
J’aurais révolutionné le monde des servantes en changeant l’uniforme par un bikini…
Ah ça faisait tyrannique… ?
Bon, c’est bon, on oublie…
Mais ça aurait été un grand changement… et plutôt pas mal, surtout pour celle-ci…

Je maudissais donc cette tenue, tandis que mes yeux flirtaient dangereusement avec ses courbes, trouvant à sa poitrine un intérêt plus que prononcé, tandis qu’elle avançait maladroitement vers moi…

A portée suffisante, mon regard chercha alors ses yeux, que je ne parvenais à capter, tellement elle avait l’air dans un drôle d’état…
Etrange…
En tout cas elle avait vraiment l’air pas mal…
Certes, accrocher une servante à mon tableau de chasse… dont je ne me vantais pas d’ailleurs, vu les oies que je « tuais », mais je dois reconnaître qu’en la regardant, le désir de la prendre ici, et maintenant était assez fort, et si elle avait été l’une de mes groupies, j’avais une activité toute trouvée.
Mais ce n’était pas le cas…

Elle s’avança donc, un verre d’ice-tea posé sur un plateau, et qui tanguait de plus en plus…
La demoiselle se stoppa net à une distance réduite de moi, et… sembla en arrêt…
Elle semblait audacieuse de par ses actes mais… elle avait surtout l’air de ne pas aller bien… comme… ne supportant pas la pression…
Vous comprenez… ?

J’attendais là, les yeux écarquillés posés sur elle, me désintéressant totalement du livre qui traînait à côté de moi, et me demandant ce qui n’allait pas chez cette fille…
Mais vu l’infinité de réponses possibles, c’était peine perdue…
Cette charmante demoiselle m’intriguait en tout cas, et je pensais, à juste titre, qu’elle devenait, et serait, l’élément qui allait chambouler ma vie… ou du moins, ma journée paisible…

Elle finit enfin par retrouver ses esprits mais…
Ses gestes étaient saccadés… précipités…
Et lorsqu’on a une boisson dans les mains, ça ne pardonne pas.
Le verre chuta… chuta... chuta… et se renversa sur moi…
Le t-shirt trempé… et collant, je me trouvais dans une bien sale posture et… je trouvais ça d’un comique fou !
Peu de gens se dressaient en travers de ma route, et personne n’osait me déranger, de peur que je sois comme mon père…
Et là, cette charmante demoiselle venait clairement de me renverser un verre de thé glacé sur le torse…

Sans le faire exprès, je laissais échapper un petit rire, ma rendant compte de la bêtise de la situations dans laquelle je me trouvais…
Je relevais la tête en direction de la servante, voyant son expression, mêlant la stupeur à la terreur, alors qu’elle entrouvrait la bouche sans que le moindre son n’en sorte…

Elle semblait si effrayée…
Apparemment, il y avait beaucoup de gens à me croire comme mon père…
En même temps, on ne pouvait les blâmer, c’est moi qui ne m’ouvrais pas aux autres… et ma réputation avec les filles ne devait pas aider non plus…

Quant à elle, je soupçonnais qu’elle soit la servante muette…
Je n’avais jamais fait attention aux servantes, mais voir Izumi parler en langage des signes avec l’une d’entre elles avait su m’intéresser quelques instants, je m’en souviens…
Oui, elle n’avait pas encore prononcé le moindre mot depuis son arrivée, et même là, stupéfaite par son « erreur », sa bouche s’ouvrait sans que le moindre son ne s’en échappe…

Elle était… magnifique…
Et ces yeux étaient si profonds, si… expressifs…
Elle était ce genre de chose dont on se dit qu’on l’adore en la voyant…
Mais bon, ne parlons pas de ça…

Je me mit à lâcher un sourire… certes, minuscule, mais pour lui montrer que je n’allais pas me mettre en colère.
Je ne serais jamais ce monstre, j’en fais le serment.
Mais par contre…
J’étais trempé…

J’ôtais alors mon t-shirt, sans même me relever du lit, et le chiffonnais avant de le poser en boule à côté du lit.
Malheureusement, le thé glacé avait évidemment traversé, et… je me retrouvais avec un ventre mi trempé, mi collant… exquis…
Haussant un sourcil en la regardant, je prenais finalement la parole.


« - Alors tu es la muette… Ryûna si ma mémoire est bonne… dommage, pour une fois que j’avais envie d’entendre la voix de quelqu’un… » soufflais-je, presque las.


Je tournais alors ma tête vers mon torse, remarquant comme je commençais à coller, et entant ce liquide froid sur ma peau…
J’aimais l’ice-tea, mais plutôt dans ma bouche d’habitude…
Mais cette situation m’intéressait vraiment…
Ça risquait d’être captivant…
Lentement je relevais la tête dans la direction de la servante…


« - Par contre… il va falloir nettoyer ça… » lançais-je, un brin provocateur.


Oui, un peu de proximité entre nous ne ferait pas de mal, si ?
En tout cas, j’avais l’envie folle de m’y essayer…
Laisser filer cette fille aurait été une pure erreur, et je comptais bien m’amuser un peu.
De plus… elle avait quelque chose dans le regard… d’indéfinissable, mais qui m’envoûtait… ensorcelant…

Je lui lançais donc un regard entre le taquin et le coquin, avant de laisser ma main glisser lentement sur mon torse, sans la lâcher des yeux…
La journée était enfin chamboulée…
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Ryûna Metherlence

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MessageSujet: Re: Une relation spéciale...   Sam 8 Mar - 0:21

Je venais de faire ce que l’on appelle couramment une bourde… et même une belle !
J’étais tellement étourdie ! Ça en était affligeant !
Renverser le thé glacé du jeune homme, et sur lui qui plus est, n’était pas la meilleure chose à faire pour entrer dans ses bonnes grâces !
Je ne pensais pas à mal en venant jusqu’ici et je n’avais vraiment pas fait exprès de le salir mais… ce qui était fait était fait et je ne pouvais qu’attendre sa réaction.

Il allait se mettre en colère évidemment, comme le faisait toutes les victimes de ma maladresse.
Et c’était fort compréhensible.
Je n’étais vraiment bonne à rien !
Même servir quelque chose sans commettre d’impair, j’en étais incapable.
Quelle servante pitoyable je faisais…

Si j’étais parvenue à me calmer plus tôt peut-être que notre rencontre, démarrer sous de bien mauvais auspices, aurait put être différente, mais ma précipitation loin de me servir allait à présent se retourner contre moi.
Désormais j’avais des comptes à lui rendre et je devinais qu’il n’était pas prêt de me laissait filer après la bêtise que j’avais accomplie.
Qu’allait-il exiger comme punition ?

Mon angoisse était à son comble.
J’étais profondément désolée mais comment le lui dire sans trahir mon secret.
Il ne comprendrait pas et cela risquait de l’irriter d’avantage.
J’étais dans une situation inextricable, et j’en avais pleinement conscience.

La preuve en était que mes jambes tremblaient d’ores et déjà, peinant à me soutenir complètement.
J’avais chaud soudain et je retenais inconsciemment ma respiration.
Autant de symptômes qui ne pouvaient refléter qu’une chose : ma propre frayeur.

Les yeux rivés obstinément au sol, comme pour lui signifier l’étendue de ma soumission, pour lui faire comprendre peut-être que je ne protesterai pas et tolérerai le châtiment qui lui plairait avec ma docilité coutumière, les lèvres pincées où l’on apercevait brièvement une petite langue rosée venant nerveusement les humidifier, les mains jointes au niveau de mon abdomen… j’offrais pour l’heure un tableau plutôt pitoyable mais auquel j’étais habitué.

Je ne cherchais pas à l’apitoyer, non les gens de sa catégorie sociale était souvent dénués de compassion et leurs cœurs de granit de s’ouvrait pas si facilement.
Non, tout ce que je voulais c’était de ne pas aggraver mon cas.
J’étais suffisamment désespérée comme ça et croyez moi je ne dramatisais pas.
Le père de ce garçon m’avait battu pour moins que ça !

Mais c’est alors qu’il poussa un rire, très fin, presque inaudible, qui me força à relever furtivement mes prunelles.
Vous savez ce genre de rire… suffisamment long pour que vous en apprécier la saveur mais suffisamment bref pour générer en vous frustration et désir de l’entendre de nouveau.
Quoi qu’il en soit, ce son bien particulier eu l’avantage de m’anesthésier totalement l’esprit.
Que ce que je faisais là au juste ? …

Il souriait. C’était léger mais tout de même.
Il n’était pas fâché ? Fâché de quoi au fait… ?
Oh l’ice tea !
Ça semblait n’avoir pas d’importance à ses yeux.
Et l’espace d’une seconde ça n’en eu plus pour moi non plus.

… …
Enfin jusqu’à ce que je doive en subir les conséquences directes.
En effet, le malheureux jeune homme, trempé par ma faute, se trouvait en une position désagréable.
Sa chemise collait déjà à sa peau en une sensation que je ne pouvais me vanter de connaître mais qui ne devait pas être plaisante.
Aussi, sans gêne apparente, à contrario de ma personne, et toujours assis sur le lit, il enleva prestement son haut, me dévoilant un torse joliment sculpté.

Moi j’étais là bouche bée, les joues atrocement empourprées soudain, sans trop savoir que penser.
Ma première idée fut qu’il n’était qu’un pervers aux souhaits tout aussi lubriques que ceux de son géniteur avant de me souvenir que mon inattention l’avait aspergé d’un liquide sucré et qu’il était donc « normal » qu’il se change.
Quoi qu’il faisait preuve ici d’un sacré manque de pudeur de le faire ainsi, devant moi.
Enfin non, pas tout à fait. Les hommes n’avait pas tant de retenu à dénuder la partie supérieure de leur corps.

Il jeta négligemment le tissus après l’avoir mit en boule et reporta son attention sur moi, pour mon plus grand malheur.
J’étais troublée.
Il était là, à demi-nu, m’offrant un spectacle qui, je ne le niais pas, était des plus appréciables, mais que je me forçais péniblement à ne pas observer.

Mes iris, contraints à l’immobilité depuis le moment où ils avaient rencontré la moquette, se risquèrent toutefois, et ce malgré moi, à détailler rapidement mon jeune maître.
Il était beau.
Un constat que j’avais fait auparavant, au détour d’un couloir.
Durant notre enfance, j’avais déjà remarqué ce petit garçon aux yeux profonds mais emplit de nostalgie que j’avais jugé terriblement mignon.
J’avais voulu faire sa connaissance, je m’étais dit que nous pourrions devenir ami…
C’était si loin que ma mémoire l’avait relégué à l’oubli jusqu’à ce jour… cet instant.

Mais cette espérance toute innocence afin prit brutalement fin lorsque que Takaya m’avait révélé son identité.
Dès lors, il m’était devenu entièrement transparent.
Je n’avais pas même le droit de poser mes yeux sur un être tel que lui, c’était indécent, c’était contraire à l’étiquette.
Pourtant, aujourd’hui je recommençais.
La récidive était d’autant plus insensé, d’autant plus immorale que je ne pouvais plus mettre cette audace sur le compte de l’ignorance... mais c’était plus fort que moi…

C’était ses prunelles en particulier… Elles m’attiraient comme un aimant…
Deus billes d’un bleu merveilleux, mystérieux mais paradoxalement vides.
Froides, comme mortes… non, plutôt comme endormies… et il y avait cette lueur indescriptible mais vaguement arrogante…
Ensuite… sa chevelure dense et sombre retombant nonchalamment sur son front… et ses traits, peut-être légèrement efféminés…
Et maintenant, ce corps qu’il me dévoilait partiellement et qui me laissait entrevoir des muscles harmonieusement dessinés…

Une chose attira mon attention, m’arrachant brusquement à cet examen visuel : une goutte qui glissait le long de sa peau humide, y traçant une arabesque délicate venant finalement se heurter au nombril du garçon.
Aussitôt, les yeux écarquillés, le visage cramoisi, j’accrochai mes iris sur mes chaussures, inestimablement intéressantes, non sans croisé son expression indéchiffrable.

Quelle baka !
Mon indiscrétion était franchement répréhensible et mon comportement fort peu louable.
Cependant je pouvais mettre tout ça sur le compte de mon désappointement.
Il faut dire que j’étais mal à l’aise au possible.
Je dois aussi reconnaître que je n’étais pas très rassurée, moins encore que précédemment.
N’importe où plutôt qu’ici !



« - Alors tu es la muette… Ryûna si ma mémoire est bonne… dommage, pour une fois que j’avais envie d’entendre la voix de quelqu’un… »


« Gome’ ! »
Ce fut l’exclamation que je du péniblement retenir, horriblement confuse.
Il connaissait mon prénom.
J’aurais certainement du en être flatté mais cela n’eu pour résultat de me déconcerter davantage.
Enfin, au moins, il n’attendrait pas de moi que je me mette à parler.
J’étais muette, il le savait et c’était un bon point.
Il le croyait, serait plus juste mais ça n’a pas grande d’importance.

Les choses étaient plus claires comme ça. Pas de malentendus.
Ça m’ôtait un poids déjà !
Lui, son prénom c’était… c’était Kazuo, si je ne me trompais pas.
Il faut dire que c’était « le supérieur » ça s’arrêtait là d’ordinaire…
Mais ce n’était pas ordinaire ce qui se passait, je le savais.

« La muette »… ? A croire que j’étais la seule.
Du manoir d’accord mais bon…
J’aurais préférée être reconnue pour autre chose que pour cette particularité là.
Enfin, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même.

Et il avait envie d’entendre ma voix ?
Pourquoi ça ?! Ça n’avait aucun sens !
Je ne comprenais pas.
C’était trop bizarre tout ça.
Il aurait du me réprimander pas faire ce genre de phrase !



« - Par contre… il va falloir nettoyer ça… » Lança-t-il d’un ton quelque peu alarmant.


Ses derniers propos me raidirent totalement.
J’étais on ne peut plus crispé.
Nettoyer ça ? …
Ano… Ano…
Une douche suffisait, non ?
Il n’allait pas me demander de truc bizarre dans ce style là ?
Il n’allait pas me demander de le nettoyer moi-même quand même ?!

Tout compte fait bien réfléchis, j’aurais nettement préféré qu’il se mette à hurler !
Qu’il cri, qu’il tape même !
A ça j’étais habitué mais à ce genre de discours et de… sous-entendus, je n’étais absolument pas préparée !

Je le dévisageais donc, une mine de profonde incrédulité planant sur mes traits qui paraissaient plus juvéniles que jamais.
J’étais immobile, clignant des paupières comme pour chasser cette vision de pure provocation.
Ahurie, je me sentais perdue, tellement d’ailleurs que la peur s’éclipsa quelque seconde au profit de cette incompréhension intimidée.

Je commençai, sans même le remarquer, à me mordiller la lèvre inférieure n’ayant pas du tout conscience de ce que ce geste pouvait avoir de provocateur ou d’ambigüe quand l’on savez que mes iris s’étaient stabilisé lui après avoir galopaient au travers de toute la pièce à la recherche d’un secours qui ne viendrait pas.

Mon interlocuteur, pour sa part, donnait l’impression d’être complètement à l’aise.
C’était fou ! Impensable quelques minutes auparavant.
Pourquoi avait-il fallut que je fasse cette bévue ?! C’était bien ma veine !
Même qu’il affichait une expression mutine où je percevais une nuance de défit.
Qu’attendait-il de moi ?

Au comble de la stupeur et de l’embarras je notai le passage, qui sembla défila au ralentit sous mes yeux écarquillés, de sa main le long de son torse.
Plongé dans un trouble indéfinissable, je m’agitai de plus en plus.
Je voulais partir. De n’importe quelle façon, je devais m’éloigner, quitte à lui parler et à lui révéler la supercherie !
S’il était comme celui qui l’avait engendré, j’avais tout à redouter et tout à perdre…

Est-ce que c’était une forme de correction ce qu’il faisait là ?
Probablement… Il cherchait à me dérouter !
Et c’était gagné. J’étais prête à m’avouer vaincue si cela me permettait de quitter cette pièce !
Cet endroit… la simple présence de ce de garçon était momentanément parvenue à me faire oublier ce qu’il s’y était passé.
C’était lui quoi ! La salle dans lequel il se trouvait n’était qu’un détail minime.
Mais cela, je ne l’apprendrais à mes dépends que plus tard.

Oui, il possédait cette prestance qui vous empêchez de vous concentrer sur autre chose que sur sa petite personne…
Il obstruait tout le reste.
Drôle de personnage.

Bref, ces pensées là ne m’effleurèrent pas immédiatement.
Non, tout ce à quoi je parvenais à songer c’était de prendre mes jambes à mon cou et de déguerpir au plus vite.
Néanmoins, bien sûr, c’était impossible. J’étais chez lui.
Sa parole ici était parole d’évangile. Ses ordres étaient quasi-divin, on ne pouvait y échapper.
J’avais tout intérêt à m’entendre avec lui.

La présence d’Izumi n’aurait pas été de refus, tiens.
Elle aurait su me dicter la conduite à adopter face à son grand frère elle !
Son aîné...
Elle l’aimait beaucoup à ce qu’elle m’avait dis… enfin plutôt à ce que j’avais pu en déduire.
Mais là n’était pas la question, je m’éloigne du sujet.

Je cogitais douloureuse sur la manière la plus habile de prendre congés avec tact et sans l’offusqué et, avant ça, de répondre aux mots qu’il avait jeté plus tôt.
Il voulait vraiment que je le nettoie ? Non…
Et si oui, comment j’allais bien pouvoir m’y prendre ?!
Je…

Il pouvait disposer de mon corps comme il l’entendait, cela faisait partie de ses prérogatives mais il ne devait pas compter sur moi pour accepter volontairement de le lui mettre à disposition !
S’il voulait que je le lave, peut-être importe la façon, ce serait à lui de bouger ma main !

Sans pouvoir réfréner cette pulsion, je me mis soudain à secouer discrètement la tête de gauche à droite, dans un mouvement de négation et de désapprobation qui s’intensifia jusqu’à devenir frénétique.

Puis, les joues rougies, je repris une allure plus timide, plus hésitante.
Se montrer audacieux n’était jamais une bonne chose avec eux !
Décidemment, je tendais le fouet pour me faire battre là !
Voilà que je m’opposai à lui maintenant ?!
Quelque chose ne tournait pas rond chez moi !

D’abord je la salissais et à présent je disais clairement « non » sans savoir réellement à quoi d’ailleurs.
A ce que j’en avais déduis de ce qu’il avait dit, mais aussi au comportement qu’il adopté et qui me paniquait littéralement.

Je fermai les paupières, me morigénant avant de les rouvrir, les sourcils légèrement froncé dans un air déterminé.
Pas à lui désobéir et à m’affirmer non, plutôt à prendre sur moi.
Les enjeux étaient grands, je ne voulais pas prendre plus de risques…

Résigné, je fis un pas en sa direction, tendue à l’extrême comme pour lui montrer que j’étais prête à faire ce qu’il me demanderait de faire, agrémentant ce mouvement d’un hochement de tête imperceptible et d’un sourire contrit, tandis que la lutte interne qui faisait rage en moi laissait ma soumission et mes éternelles frayeurs reprendre le dessus.
C’était idiot !
Fierté, orgueil ? Comme s’il m’en restait encore…


Dernière édition par Ryûna Metherlence le Mar 9 Déc - 14:40, édité 2 fois
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Kazuo Mishima

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MessageSujet: Re: Une relation spéciale...   Sam 8 Mar - 1:54

Enfin, la journée était en train de changer…
Il se passait enfin quelque chose d’intéressant.
Avec un peu de chance, ces vacances n’allaient pas être si infernales.

Pour remettre les choses à leur place, je me retrouvais donc dans ma chambre, j’avais entamé… oui, entamé est le mot juste vu le peu de pages que j’avais réussi à lire au milieu de mes pensées et avant l’arrivée de la plus que charmante Ryûna, au corps terriblement délectable, et aux yeux envoûtants…
Et jusqu’à ce qu’elle me renverse le verre sur le ventre…

Vous trouvez ça étrange… ?
Et bien, de la part d’une servante, ça l’était effectivement…
Mais si on prenait en considération son état depuis qu’elle était entrée dans la chambre… ça devenait tout à fait logique…
Je me demandais même comment elle avait fait pour ne pas le faire tomber avant…
A moins qu’elle ait prévue de le faire tomber sur moi, par pur esprit de provocation…

Oui, ça semblait être son style… sûrement…
A en juger par sa mine baissée, les yeux rivés tant bien que mal sur le sol, et les joues toutes roses…
Il était clair que la provocation n’était pas son truc…
La maladresse par contre… elle en avait fait un véritable art…

Donc, j’étais là, trempé, collant…
Le genre de sensations désagréables, mais qui vous colle à la peau, et c’était bien le cas de le dire…
J’avoue que je n’avais pas ressenti la moindre gêne en dévoilant le haut de mon corps devant elle…
Je n’étais pas du genre à être gêné devant les filles, alors là, je ne faisais qu’enlever ma chemise… pas de quoi s’extasier…
Mais j’avais atteint le but recherché… la mettre mal à l’aise.
Pourquoi… ?


Sans raison en fait…
J’avais envie de m’amuser, cette fille me plaisait beaucoup et… j’avais une envie folle de jouer avec elle…
Bien sûr, la situation était plus captivante lorsque c’était ainsi…
Une servante plutôt mal à l’aise… j’adorais ça !
Je la mettais à mal, et ça m’amusait terriblement.
Pas mal, il était rare que quelque chose accapare autant mon attention.
Cette demoiselle marquait de nombreux points… sans même en avoir conscience.

Donc j’avais atteint mon premier objectif mais…
Si je voulais m’amuser réellement, je devais réussir à faire en sorte qu’elle me nettoie ça…
Ce n’était pas tyrannique en plus !
Elle m’avait littéralement jeté le verre dessus…
Et servante ou pas, ça n’avait rien à voir…
J’aurais fait pareil avec Izumi… peut-être…
Bref !
J’avais envie qu’elle le fasse, et je n’en démordrais pas.

Pour sa part, elle avait l’air curieuse.
Parce qu’en dépit de son air totalement mal à l’aise, elle jetait de furtifs regards en ma direction…
Intéressée par le spectacle ?
Oh oui, c’était visiblement le cas…

D’ailleurs son regard s’attarda quelques instants sur mon torse, alors qu’elle restait là, la bouche entrouverte…
Que c’était joli…
De mon côté, je restais pendu à ses lèvres…
J’avais déjà une envie folle d’y goûter… d’y glisser mes doigts… de caresser sa peau…

D’accord, je veux bien reconnaître qu’elle me faisait un certain effet non négligeable…
Wahouw !
J’étais pas habitué à ça d’habitude…
Normalement, les autres m’admiraient, mais je ne restais pas en extase devant quelqu’un…
Là, il était clair que j’avais envie d’elle.
Mais l’envie était un peu spéciale chez moi…
Je voulais simplement jouer… m’amuser… m’amuser en allant très loin dans l’amusent et niveau proximité, mais… de l’amusement…
Même si… non, oubliez ça.

Ryûna se mordit alors la lèvre inférieure…
Je l’adorais déjà cette fille…
C’était toujours à se demander si elle était très maladroite ou très provocante !
De toutes les manières, elle se situait à la limite entre les deux…
Impossible de discerner clairement dans quel camp elle jouait…
Surprenante… et alléchante à la fois… un mélange détonnant…

En tout cas, j’étais… comme tout excité, bien que d’apparence d’un calme olympien, ne cillant pas et restant toujours serein.
Je lui avais donc souligné par un énorme sous-entendu, qu’elle devait me nettoyer…
D’accord, c’était un peu de l’abus de pouvoir…
Mais je suis sûr qu’elle aussi rêvait de ma proximité…
Disons que… il y avait quelque chose de spécial qui passait entre nous… qui planait autour de nous…
Et je ne comptais pas laisser ça se terminer comme ça.

Mais, elle ne semblait pas prête à « obéir » à cet ordre détourné…
Dommage, j’aurai essayé au moins…
Elle se mit à secouer légèrement la tête dans un signe de négation, comme pour me dire que non, elle refusait…
Mais ce n’était pas bien affirmé tout ça.

Cependant, ses gestes devinrent plus francs, et plus… secoués…
Non, non, non…
Elle l’aurait dit que ça n’aurait pas été plus clair…
Je trouvais ça tout à fait… génial !
Ça c’est ce que j’appelais de l’audace !
J’aimais beaucoup, et une nouvelle fois, elle offrait un rebondissement plus qu’intéressant à cette journée et à notre… relation naissante…

Puis tout à coup, sa timidité et son hésitation reprirent le dessus, la rendant comme… vulnérable à l’extrême soudain…
Ça me fait bizarre de dire ça mais… c’était touchant…
Tout à coup, elle redevenait comme une petite fille…
Très mignonne qui plus est…

La pauvre, elle devait être habituée à vivre un calvaire avec Heihachi…
Peut-être ne fallait-il pas la taquiner autant…
Vous savez, il fallait toujours savoir où fixer les limites…
Et là, peut-être les avions-nous atteintes, tout simplement…
S’amuser si vous pouvez faire du mal à autrui n…
Mais qu’est-ce que je raconte ?!

Ça ne me ressemblait pas…
J’avais de la compassion pour elle…
Enfin, disons qu’elle m’intéressait assez pour que je m’en inquiète…
Impensable, mais bien réel…
Toutes mes idées étaient un peu comme remises en cause, même si je n’en avais pas le sentiment à ce moment là.
Elle me changeait… sans que je le réalise…

Mais la servante rouvrit alors les yeux, et fit un pas en ma direction, les sourcils froncés et le regard flamboyant…
Très sexy soi dit en passant, ce regard de braise…
Il fallait le faire plus tôt celui-là.
Pendant quelques secondes, j’eus bien peur de me faire frapper… mais non, elle s’immobilisa ainsi… comme pour me signifier que bien qu’elle n’en ait pas envie, elle soit prête à accéder à ma requête…
Mais c’est trop d’honneur ma belle…

Bon, au moins, elle semblait prête à se prêter à mon jeu…
Et en prime, elle était comme… rageuse…
Ça risquait de donner du piment à la suite de la scène ça…
Oui, les scènes d’amour sauvage commençaient souvent comme ça…
Mais je n’ai pas dit que ça allait finir comme ça cette fois… c’est un constat, rien de plus.

Bon, je devais d’abord trouver quelque chose pour nettoyer…
Oui, j’avais bien pensé à lui demander de le faire avec la langue, mais, je pense que c’était un peu trop osé pour le moment…
Alors il fallait un ustensile, quelque chose…

Je faisais le tour de la pièce du regard, non sans m’attarder quelques instants sur la plastique parfaite de la demoiselle, avant que mon regard ne trouve enfin ce que je cherchais…
Un simple chiffon, ça ferait l’affaire…
D’accord, c’était pas le top, mais dans la chambre, il n’y avait que ça…

Je me levais donc, et passais juste à côté de Ryûna pour atteindre l’objet tant espéré.
Je la frôlais consciemment au passage, non sans laisser un fin sourire passer sur mes lèvres…
Je m’abaissais pour ramasser le chiffon, et revenais prestement dans le dos de la jeune fille…
Lentement, et toujours posté derrière elle, je saisis l’une de ses mains, dans laquelle je glissais le morceau de tissu, avant de porter langoureusement ma bouche à son oreille…


« - A moins que tu aies envie de goûter l’ice-tea… » lui susurrais-je lentement.


Je lui mordillais alors sensuellement l’oreille, avant de faire comme si de rien n’était, et de retourner à ma place initiale.
Je me remettais sur le lit, à demi allongé, à demi assis, me posant délicatement sur celui-ci.

Je tournais ensuite la tête en direction de la jeune fille.
J’espérais bien l’avoir complètement déboussolée…
Oui, c’était le but…
Soit elle était vraiment la reine de la provocation, et elle allait vraiment goûter cet ice-tea, soit elle était une timide maladroite, et dans ce cas là, elle se retrouverait assez gênée…
Au moins cette fois, je serais fixé…

Bizarrement, je ne me souvenais pas avoir déjà « allumé » quelqu’un comme ça auparavant…
Quelle chanceuse, elle était la première que je désirais réellement…
Assez au point de me livrer à ce petit jeu, ce qui était une vraie avancée, au vu des efforts que je faisais habituellement… c'est-à-dire zéro…
Je lui faisais un véritable honneur en la cherchant ainsi…

Bien installé sur le lit, je la fixais de nouveau, le regard animé par une flamme des plus… taquines.
Sans même m’en rendre compte, je me mis à sourire, comme pour lui faire comprendre que tout ceci n’était qu’un jeu…
Que je n’étais pas un monstre de cruauté… comme l’autre dégénéré…
C’était inconscient chez moi… c’est fou !
Même inconsciemment, je voulais prouver que je n’étais en rien comme lui…

Je le détestais vraiment, ça ne faisait plus aucun doute…
Il l’avait cherché…
Il avait été un connard lorsque j’avais eu besoin d’un père…
Aujourd’hui, je l’associais à la pensée d’un meurtre… pas glorieux hein…
On a vu mieux comme famille…
Si tant est que l’on puisse utiliser ce terme pour la mienne…

Bref !
La jeune fille était toujours là, devant moi, et je ne savais toujours pas si elle était terrifiée ou gênée… ou provocante à l’extrême…
Tentant encore et toujours d’accrocher, en vain, ses yeux, je lâchais alors une nouvelle réplique.


« - Allez Yûna-chan… je serai sage… » lançais-je, avec une petite moue.


Cette petite moue enfantine ne resta pas bien longtemps sur mes traits, car elle s’étira en un joli sourire, que je ne pus dissimuler, tant ma voix et cette situation me donnaient envie de rire.

Et euh…
Yûna-chan ?
Ça m’était venu sur le coup, comme pour ces petits enfants, qui inventent sans cesse des surnoms…
C’était pour accentuer le côté enfantin !

Je repris tant bien que mal ma moue enfantine, avant de désigner lentement mon torse, de plus en plus collant à mesure que le temps passait…
Je sentais qu’on allait s’amuser…
Et je comptais bien y veiller.
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MessageSujet: Re: Une relation spéciale...   Sam 8 Mar - 19:39

La peur et le ressentiment bouillonnaient en moi.
Je m’indignais du traitement qu’il m’infligeait mais je ne pouvais, paradoxalement, que m’y soumettre.
Il avait le pouvoir… et je n’avais droit qu’à ce silence résigné mais chargé de non-dits.
Ne pas oublier ma position !
J’étais l’esclave…
Pourtant, mon esprit semblait l’avoir momentanément oublié.

Cette situation me révoltait sans que je ne sache trop pourquoi.
Ce n’était pas la première fois que mon honneur était mit à mal, néanmoins je crois que le fait de devoir servir ainsi un jeune homme du même âge, ou presque, que moi avait quelque chose d’extraordinairement humiliant.
Comment vous expliquer ?

Je recevais des ordres.
Chaque jour, par dizaines, peut-être même par centaines…
Mais voilà, ils venaient de ce tyran qui nous servait de maître, ou de mon précepteur ou…
Disons simplement que je prenais conscience de la différence qu’il existait entre lui et moi.
Non, c’était plus profond que ça.
Je réalisais, avec plus de force qu’à l’accoutumé, la différence infranchissable, le fossé creusé entre toutes personnes « normales », les autres, ceux qui étaient libres et moi-même, misérable servante.

Il était là.
Si ressemblant mais si dissemblable pourtant.
Qu’avait-il de plus que moi ?
Nous étions pareils !
Deux humains !
Deux yeux, un nez, une bouche, deux bras, deux jambes ! Rien ne manquait à l’appel !
Toutefois, c’était lui qui tenait les rennes et je ne pouvais qu’obéir aveuglément.
Il commandait.

Mais de quel droit ?
L’hérédité, le sang avait-il donc tant d’importance ? Ou était-ce simplement une question de richesse financière ?
Car après tout, je ne voyais pas quel trésor d’âme pouvait bien détenir Heihachi que je ne détenais pas déjà.
Une injustice ? Probablement.

… Non bien sûr que non. Je devais mériter ce statut.
On a que ce que l’on mérite, n’est-ce pas ?
Ce devait être mon karma…
Dieu le père, avait voulu cette vie là pour moi alors de quel droit devais-je m’insurger de son choix ?
Ne pas se plaindre, tout endurer et prier pour une existence meilleure, après, dans l’au-delà, voilà ce que je devais faire.
Les épreuves n’étaient pas insurmontables, elles devaient être à ma hauteur puisqu’Il en avait décidé ainsi…
Si seulement la piété avait pu être récompensée, sans doute aurais-je étais assise à la place de mon interlocuteur et que cette conversation aurait pris une toute autre tournure…

Mais le Seigneur n’était que bonté et quand le moment serait venu, il saurait m’exprimer toute l’étendue de son amour…
Un amour qui, contrairement à celui des hommes, n’était ni factice, ni faible, ni éphémère…
Je devais garder la foi et ainsi à l’heure du jugement dernier, devant notre créateur je pourrais le regarder avec fierté et assurance sans crainde les effets pervers de la balance céleste.

Bref, laissons de côté cet élan de chrétienneté et revenons en aux tourments impitoyables qui m’agitaient.
Quoi que je puisse reprocher au père du garçon, jamais il ne m’avait ordonné d’accomplir un tel acte.
Le nettoyer ? Ça n’avait pas de sens et, pour lui autant que pour moi, je trouvais cela dégradant.
Dans sa tête, ça ne devait pas tourner très rond, non plus.

Ou alors il s’agissait d’une pure question de domination, comme l’animal qu’il était, il affirmait et marquait ainsi son territoire.
Son territoire… j’en faisais partie hein ?
Oui, j’étais le bien de la famille Mishima alors je suppose qu’en un sens je lui appartenais, j’étais un jouet dont il semblait vouloir se servir comme le faisait parfois son géniteur quoi que la méthode employée soit sensiblement différente.

Un jouet bien utile.
"La muette"...
Un jouet qui ne dirait rien, qui ne protesterait pas...

Quoi qu’il en soit, le combat continuait en moi et les deux parties ne semblaient pas désireuses de lâcher la moindre parcelle de terrain.
Ma peur avec pour alliée l’habitude que j’avais acquise à me soumettre entièrement, contre cette colère nouvelle mais que je ne comprenais pas, une sorte de sursaut de cette fierté censée être morte et enterrée depuis longtemps.

Ce n’était pas logique…
Pourquoi ce soupçon de rébellion ?
Peut-être à cause de cette arrogance qui m’exaspérait d’ores et déjà, cette assurance qu’il détenait à mes dépends, moi petite chose fragile entre des doigts qui paraissaient vouloir se refermer définitivement et s’assurer de ma captivitée autant que de ma docilité.
J’étais si vulnérable, si incapable de me défendre et j’avais la désagréable impression qu’il en profitait, car évidemment il n’était pas sans le savoir, sans connaître la règle qui nous destinait à la servilité et à la dévotion.

En vérité, j’étais fâchée contre lui certes, mais principalement contre moi, car il avait réussis à me plonger dans une inextricable confusion de laquelle je ne parvenais pas à me sortir et que je ne pouvais analyser.
Je me sentais… terriblement mal à l’aise… terriblement vivante…
C’est difficile à concevoir…

A vrai dire, j’étais toujours si vide d’ordinaire.
Rien ne m’intéressait plus, l’exaltation m’avait définitivement abandonnée au profit d’une routine étouffante mais rassurante.
Depuis ce soir là, je n’avais plus cette curiosité d’autrefois.
Plus d’envie, plus d’ambitions.
Mêmes mes disputes quotidiennes avec Haïdy ne parvenaient plus à m’irriter vraiment et c’est sans grande véhémence que je ripostais à ses assauts verbaux.

J’agissais tel un automate, sachant qu’une partie de moi avait été détruire, ou du moins enlevée par cet homme.
Ce côté énergique, plein de vie, d’idéaux et de passion…
Une coquille, une enveloppe charnelle prisonnière de ce monde et à qui l’ont aurait ôté ce souffle de vie, de jeunesse et de fraîcheur qui la caractérisait jadis.

Mais là soudain, sous ce regard impétueux, je me sentais troublée… et c’était une sensation détestable mais tellement précieuse malgré tout.
Rien n’avait plus suscité autant de sentiments à la fois chez moi depuis plusieurs mois.
Peu importe qu’ils soient négatifs, que ce soit de l’embarras, de la frayeur ou autre chose !
Ils étaient là et c’était tout ce qui comptait !

Bien sûr, la terreur m’était familière, la gêne aussi… mais c’était si bouleversant, si déstabilisant brutalement.
Ces émotions donnaient l’impression d’être redevenues toutes neuves…
C’est… très compliqué, je sais.
Moi-même je n’étais pas sûr de saisir cet étrange phénomène.
Vous ne comprenez pas ? … Bah, je m’y attendais, laissez tomber.

Donc lui, car il était l’élément le plus important de ma réflexion pour l’heure, il semblait chercher quelque chose dans la chambre et je devinais sans mal de quoi il s’agissait.
Quelque chose pouvant servir à ôter le liquide sucré qui continuait de couler lentement, très lentement sur son torse alors que je me forçai difficilement à ne pas le regarder.
Je devais m’en empêcher coûte que coûte sinon après cela frisait l’indécence !

Néanmoins, j’avais une bonne excuse car soyons franc, c’était rare, même exceptionnel pour moi d’avoir sous les yeux un corps d’homme, même habillé d’ailleurs, hormis celui de Takaya, qui n’était pas vraiment un homme, pour moi.
Il était autre chose même si je ne savais dire quoi…
Oh, il y avait celui de mon supérieur mais je me refusais à le fixer, fermant les paupières à m’en faire mal.
En outre, il ne prenait pas vraiment le temps de se déshabiller totalement.

Ici, c’était nettement nuancé.
Il s’agissait d’un jeune homme, bien fait je vous l’accorde, qui n’avait jamais rien fait contre moi jusqu’à présent.
C’était un « spectacle » auquel nous n’avions pas droit souvent, nous, les suivantes et qui ne m’avait jamais manqué.
Cependant, devant le fait accompli, je pouvais difficilement faire autrement que de laisser mes prunelles vagabonder discrètement sur sa physionomie même si cela n’avait fais qu’intensifier ma peur et la rougeur de mes pommettes.

Au bout d’un temps, et après m’avoir détaillé avec une insistance impudique qui m’entraîna dans un abysse de honte et de désarroi, il se redressa et mes tremblements reprirent de plus belles tandis que ma raideur s’intensifiait.
Comme par hasard je sentis ses doigts me frôler, très légèrement d’accord mais ce fut bien assez pour m’arracher un frisson d’origine indéterminée.
Etait-ce de la surprise ? Etait-ce du au dégoût persévérant que je gardais du contact masculin ou à ses suspicions perfides qui naissaient en moi, me soufflant qu’il ne désirait rien de moi que son père n’avait désiré avant lui ?

Le poids qui me pesait sur l’estomac s’alourdit encore tandis qu’une boule se formait dans ma gorge et que mon corps se crispait légèrement, souhaitant fuir au moins autant que mon cerveau…
Appelez ça l’instinct de survis, celui que j’avais développé en côtoyant le maître de ces lieux.
Mes muscles contractés n’eurent cependant pas gagne cause puisque je restai là, bien ancré dans une posture inconsciemment défensive.

Puis, inquiète de le voir ainsi disparaître de mon champ de vision, de ne plus pouvoir épier ses gestes, je jetais un coup d’œil furtif au dessous de mon épaule.
Il se pencha pour ramasser un chiffon qui traînait là.
Quelle coïncidence ! Ce n’était pas à mon avantage tout ça !
Qu’est-ce que pouvait bien faire ici un chiffon ?!
Oh comme je maudissais la collègue qui l’avait oublié là !
Mais bon, celle-ci n’était pas responsable de ma maladresse.
Si j’avais su, je ne serais jamais venu dans cette maudite pièce !

Et puis, de toute manière, s’il n’avait pas trouvé ce bout de tissus sans doute m’aurait-il demandé d’utiliser mon petit tablier…
J’étais coincée, autant l’admettre, c’était moins douloureux que de lutter contre un sort que nous savons certain et inévitable.

Il retrouva donc sa position habituelle, me forçant à faire comme si je ne m’étais jamais retournée.
Je n’allais pas en plus lui faire ce plaisir.
Mais peut-être aurais-je dus au vu des événements qui suivirent.

En effet, bientôt, je sentis sa présence dans mon dos… près, trop près, de plus en plus près !
Si près d’ailleurs, qu’il se retrouva littéralement collé à moi.
Il saisit alors mon poignet, remettant entre mes doigts le chiffon qu’il avait trouvé.
Non sans frémir, je baissai la tête examinant le trophée resté dans mon poing.
Furieuse, tétanisée, je n’osais faire un geste.
Comme je le détestais soudain ! C’était trop cruel !

Malheureusement il ne s’arrêta pas là puisque rapidement sa bouche se rapprocha de mon oreille, me laissant sentir son souffle brûlant tandis qu’il susurrait :



« - A moins que tu aies envie de goûter l’ice-tea… »


Dernière édition par Ryûna Metherlence le Sam 8 Mar - 19:48, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Une relation spéciale...   Sam 8 Mar - 19:40

Nani ?!
La stupéfaction qui m’envahit à la simple idée d’utiliser ma langue pour laver la souillure de sa peau, que je ne pouvais que me reprocher, fut égale à celle qui me submergea en me demandant s’il pouvait réellement croire que j’en avais envie.

Cet état mental ne dura pas bien longtemps toutefois puisque aussitôt chassé par quelque chose de plus foudroyant encore.
Lascivement, ses dents vinrent mordiller délicatement le lobe de mon oreille…
Ce ne dura pas plus d’une deux secondes mais cela eu sur moi un effet dévastateur.

D’abord, l’incompréhension qui fit rapidement place à l’horreur et à un ressentit plus brutal et plus virulent qui m’était encore inconnu.
J’étais totalement paralysée par cette tempête de sentiments qui se défoulait en moi, menaçant de m’emporter sauvagement et par les mots qui se bousculaient par milliers dans mon cerveau, fonctionnant soudain au ralentit, sans pouvoir en sortir.

Ensuite… Ensuite, il repartit innocemment comme s’il n’avait jamais rien fait de tel cet qui généra en moi le souhait de lui faire ravaler ce sourire imperceptible qui animait ces traits.
Il était odieux ce type ! Ce n’était pas croyable !
Comment pouvait-il faire ça et continuer tranquillement son petit bout de chemin ?!
Je ne sais pas si je devais enter dans ses bonnes grâces mais lui sortait définitivement des miennes, là !

Il me provoquait mais je ne le comprenais pas.
Il faut dire que je n’étais pas habitué à ce genre de réaction.
En fait son comportement était terrifiant.
C’était flou, imprécis quand d’ordinaire les choses étaient claires, distinctes et les limites posées.

Là j’avançais à l’aveuglette, ne sachant que faire.
Le remettre à sa place ? Impossible.
Il était son fils après tout et même si le désir de le faire se révélait ardent, je ne pouvais y répondre sans redouter les représailles que ça engendrerait forcement.

Mishima-sama disait souvent que j’étais sienne.
Mais il se trompait.
J’étais leurs.

Ce dernier ne cherchait pas midi à quatorze heure, ne tournait pas autour du pot ni ne cherchait mon consentement.
Je pouvais envisager, prévoir le moindre de ses mouvements et cela m’apaisait en un sens.
Je savais qui il était et comment me comporter.
Et, je ne lui connaissais pas non plus l’utilisation de sous-entendus…

Son hériter en revanche paraissait presque s’attendre à ce que je me rue sur lui avec un plaisir non dissimulé…
Pour qui se prenait-il celui là, Apollon ?!

Disons que c’était une tactique diamétralement opposé.
Comme s’il cherchait à se convaincre que je faisais les choses de mon pleins grès en sachant pourtant que je ne pouvais m’opposer à ses dires.
Bizarre…

Enfin… reprenons.
Kazuo s’était installé de nouveau sur le lit, en position assise, les bras légèrement en retrait de son corps dans une position qui me paraissait aguichante en elle-même.
Peut-être que je devenais paranoïaque avec tout ça et que je lui prêtais des intentions, des calculs qu’il n’avait pas.

Il me dévisageait, de son mieux en tout cas puisque je gardais le visage baissé sans pouvoir le regarder franchement, trop intimidée, trop apeurée aussi.
Je notais néanmoins le sourire inexplicable qu’il affichait et qui était nouveau pour moi.

L’expérience m’avait appris que tout sourire avait sa signification mais quelle pouvait bien être celle-ci ?
Son expression ne paraissait pas… lubrique comme celle que je voyais trop régulièrement, mais plutôt amusé, taquine.
Je ne savais plus que penser.
Et cette perplexité me mettait hors de moi.



« - Allez Yûna-chan… je serai sage… »


Yû…na… chan ?
Que… ?
Mon incrédulité s’intensifia encore.
Si je n’avais pas était si terrorisée, je l’aurais certainement trouvé intriguant.
Il serai sage ? … Que ce que ça signifiait ça, encore ?!

Bizarrement le ton de sa phrase paraissait contraire au sens qu’il avait voulu lui donner.
Une voix teintée d’une légèreté presque enfantine mais rendue presque inaudible, par l’habitude probablement…
Relevant brièvement mes iris je constatai, de plus en plus incrédule, la moue qu’il avait adopté et que j’aurais sûrement trouvé mignonne en d’autres circonstances et qui se transforma en une mine égayée et réjouie, étonnamment sincère.

Il désigna ensuite son torse, me rappelant à ma tâche.
De nouveau, j’examinai l’outil que je tenais fermement serré, trop sans doute, déglutissant péniblement.
C’était si dur.
M’approcher de moi-même, me dirigeai vers une proximité que j’honnissais avec le fruit du mariage de ce démon qui me servait de supérieur et lui servait de père.

S’imaginait-il seulement à quel point c’était éprouvant pour moi ?
A quel point cette idée était déchirante et me faisait mal ?
J’étais tellement épouvantée que mon affolement devait être palpable.
Allait-il exigeait autre chose de moi ?
Ressemblait-il à mon bourreau ?
Après tout, c’était le même sang qui coulait dans ses veines… et ces actes précédents me laissait entendre que je ne laissais pas indifférent, au même titre que son père.
Il voulait s’amuser, avec moi. Il voulait et eux, quand il souhaitait quelque chose, il le prenait sans demander l’avis de personne.

Effarouchée, j’essayais de repousser ses soupçons lancinants.
Je ne voulais pas souffrir…
J’étais déjà trop salie…
Un, deux, trois, quatre… Je ne les comptais plus…
Les douches n’y changeaient rien.
Heihachi, ses amis les plus fidèles… et son fils ?
Mon calvaire devait-il allait jusque là ?
Me demanderait-il lui aussi de me livrer sans rechigner ?

Je n’en savais rien mais je n’avais pas le choix, c’était utopique de m’imaginer le contraire.
Je n’avais plus confiance en les airs bienveillants…

Pour la seconde fois, je fermai les paupières, puis les rouvrit, une lueur rageuse et dangereuse planant dans mes yeux verts où l’on distinguait très clairement mon envie de lui balancer ce torchon au visage et de faire volte face dignement, envie se dissipa au bout d’un temps au profit de cette fragilité passive que je maudissais tant.

De nouveau je m’approchai de lui, visiblement bouleversée, mes tremblements revenant à l’assaut avec plus de violence encore.
Je m’arrêtais donc à sa hauteur, mon regard débordant de larmes haineuses et désemparées que je contenais par la force de l’habitude.
Ce que je détestais cette loi qui nous disait inférieurs, qui voulait souiller notre humanité !

Refusant toujours de croiser ses prunelles, de peur d’y lire le mépris et l’ironie, je posai mes yeux furibonds sur ce torse, comme l’estimant coupable de tous mes maux, avant de tendre après une longue hésitation une main vacillant au moins autant que ma volonté.
Le tissu se posa finalement sur son ventre, tandis que je me tenais le plus loin possible de lui, le bras tendu à l’extrême ce qui rendait ma posture plutôt incongrue.
Lorsque brusquement…



« - Oneechan ! »


De la porte toujours entrouverte, surgit alors une Izumi survolté qui se figea, cligna plusieurs fois des yeux avant de laisser apparaître un sourire sardonique et mesquin qui ne convenait pas à la douceur de son visage.
Pour ma part, je n’avais que rarement était aussi soulagée de voir quelqu’un !
Sans attendre, je me redressai, la saluant poliment d’une courbette naturelle et gracieuse.



« - Je vous dérange peut-être ? »


Prestement, je fis un signe de la tête pour lui dire qu’il n’en était rien et avec un affolement apparent me mit à lui expliquer la situation dans ce langage connu seulement de nous deux.
Mais l’adolescente m’arrêta abruptement.



« - J’y comprends rien ! Va moins vite ! »


Avec un soupir inaudible, je recommençais donc lentement, lui racontant l’incident et précisant que tout était ma faute.


« - Je vois, je vois… » Fit-elle alors, lorgnant son frère d’un air emplit de sous-entendu avant de reporter son attention sur moi et de me gratifier d’un sourire chaleureux.
« - Tu peux y aller si tu veux, je te remplace. »


C’était un ange envoyé du ciel pour me sortir de ce mauvais pas, cette fille !
Je la fixai, pleine de reconnaissance, avant de la saluer de nouveau, de faire quelque pas vers la sortie puis de m’immobilisais.
Je me tournai lentement vers le jeune homme, accrochant mon regard au sien pour la première fois.
Je tressaillis alors sans parvenir à déchiffrer ce qui s'y trouvait.
Cet échange visuel ne dura toutefois pas bien longtemps car je le rompis en le saluant avec le respect que je lui devais.

Sans regret, je quittais la pièce, trop ravie de l’opportunité que m’avait offert ma jeune maîtresse.



« - Alors ‘neechan ? Toujours partant pour une séance de nettoyage ? » S’esclaffa finalement la gamine, lorsque j’eu disparu, avant de partir d’un grand éclat de rire qui se dissipa progressivement au fur et à mesure que je traversais, encore drôlement secouée par cet échange, les couloirs au pas de course, mettant le plus de distance possible entre lui et moi.
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MessageSujet: Re: Une relation spéciale...   Sam 8 Mar - 23:59

Moi provocateur ?
… Non…
A peine… juste un peu alors…
Il est vrai que j’avais peut-être un peu abusé là, entre le chiffon, les mots à l’oreille, et le mordillage.
Mais honnêtement, où pouvait bien être le plaisir sans tomber dans l’excès ?!

Les gens qui prenaient le plus de plaisir, c’étaient ceux qui vivaient le plus dangereusement…
C’était comme… les voleurs par exemple…
Bon, il y a ceux qui avaient besoin d’argent, et tous ceux là, de la catégorie « pauvre » dirons-nous, mais ils ne m’intéressent pas.

Il existait aussi des voleurs qui ne volaient pas pour l’argent, mais pour le prestige, ou pour se dire « on l’a fait », ceux qui le faisaient pour l’adrénaline que ça procurait.
Ça c’était un but louable…
Pour vivre les plus grands frissons, il fallait prendre les plus gros risques…

Ça me rappelait quelqu’un que j’avais vu à la télévision…
Je ne me souvenais plus de son nom, mais il n’était pas bien important, ce qui importe là-dedans, c’est que cet homme avait vendu tous ses biens… pour 180 000 $ de biens matériels.
Il était allé au casino et avait décidé de tout jouer à la roulette… le jeu le plus improbable…
Et vous savez quel était son leitmotiv…
Il a dit qu’il avait passé sa vie à suivre les choses à la lettre, à mener une vie réglée, et, pour une fois, il voulait tenter le coup, jouer sa vie sur un coup de chance, ressentir le grand frisson…

Cet homme aurait pu être mon idole !
Bon, il avait lamentablement perdu, et le casino avait miraculeusement trouvé 180 000 $ à lui offrir…
Quel ringard…
Ça rendait l’histoire moins mythique et moins risquée pour le coup…
C’est d’ailleurs le gros défaut de cette histoire…

Mais laissons cet idiot de côté !
Comme je le disais, oui, j’étais effectivement très provocateur avec elle, et ça m’amusait terriblement…
Elle était là, tantôt gênée, tantôt furieuse, et ça me donnait envie d’exploser de rire…
Ce jeu devenait intéressant…

D’autant que sa position était des plus… délicates…
Certes, je ne lui en aurais pas tenu rigueur si elle m’avait envoyé bouler, mais il est vrai que la situation était excellente…
Elle était la servante, et devait donc… me servir…
Quels que soient mes désirs, elle devait les assouvir.

Ça me donna d’ailleurs quelques drôles d’idées, mais… je n’étais pas de ce genre là…
Non, d’abord, ce serait se moquer des prostituées, qui en avaient fait leur profession et qui se faisaient payer pour ça.
Et puis aussi, avec toutes les filles qui me tournaient autour, je n’avais qu’à me servir parmi elles…
D’ailleurs, si j’en avais vraiment le besoin, il y avait Reï qui était là, et qui ne dirait sûrement pas non, tant elle jalousait toutes les autres filles…

Mais surtout…
Je n’étais pas comme ça…
Forcer les filles j’veux dire…
Etre un connard, un enfoiré oui…
Mais forcer la main à une fille… surtout pour ça…
Non, c’était répugnant…

C’était impossible pour moi…
Ne serait-ce que par respect… pour ma mère…
J’avais aimé si fort cette femme… ma maman…
Comment pourrais-je faire un acte si abject à ses semblables… ?
Non je…

Bref, je n’avais pas besoin de ça.
Les filles me couraient après…
Je n’avais pas à forcer qui que ce soit…
Je me forçais même pour réaliser leurs envies… dont celle de coucher avec moi.
Au final, c’était plutôt moi le jouet…

Les filles me vénéraient pratiquement comme un demi-dieu et s’extasiaient devant moi.
… mais pas moi…
Le seul attrait que je leur trouvais résidait, non même pas dans le physique, mais bien dans le fait qu’elles soient un peu « utiles » dans le lit.
Distrayantes au moins un court instant…
C’était toujours ça de pris, et après tout, c’était elles qui le voulaient.

Donc bref, tout ça pour dire que j’étais pas un tyran !
Et que je ne le suis toujours pas d’ailleurs.
Sinon, j’aurais fait bien pire à cette pauvre Ryûna, croyez-moi…
Là, j’étais vraiment gentil…
Je faisais que m’amuser…
Allez, les servantes avaient bien droit à un peu de distraction de temps en temps…
Et c’est pas qu’une excuse… bon, un peu…

Pour l’heure, je me retrouvais donc sur le lit, les paumes appuyées sur celui-ci, me permettant une pose assez… osée…
J’aurais pu dire aguichante mais… ça fait trop féminin pour que je me le permette…
Mais c’était fait pour en tout cas.
Je la regardais, et attendais qu’elle vienne essuyer mon torse…

Je me délectais déjà de ce qui allait suivre…
Cette stupide relation dominant dominé…
Et je dois avouer que la tenir comme soumise était une idée qui m’excitait au plus haut point.
Ce genre de pulsion, de désir primaire, qui dépassait l’intelligence humaine.
C’était… enivrant de se savoir puissant par rapport à un autre être… surtout quand l’être en question était une charmante jeune fille au corps délicieux… quoique trop habillé…

Réellement soumise, je l’aurais plutôt imaginée à quatre pattes, avec une chaîne autour du cou, et dévouée à mon bon vouloir… et en petite tenue évidemment…
Mais ce n’était pas le cas…
Pourtant je trouvais la situation qui nous unissait des plus alléchantes…

La jolie servante ferma les yeux un instant, avant de finalement les ouvrir à nouveau…
Déterminée, cette lueur de feu ne resta guère longtemps dans son regard, qui se fit bientôt plus dur, plus… touchant…
Ce genre de regard que peuvent faire les gens sensibles lorsqu’ils ravalent leur fierté…
C’est horrible à voir dans le regard de quelqu’un…
Plus encore quand on en est la cause…

L’espace de quelques instants, j’eus l’impression d’être le diable en personne…
Peut-être la faisais-je vraiment souffrir… ?
Peut-être ne s’amusait-elle pas dans ce « jeu »… ?
Et comme un monstre… je le lui imposais…
Comme mon père aurais-je pu dire…

Mais mes doutes s’estompèrent lorsque le tissu entra en contact avec ma peau, m’arrachant un frisson…
Je savais que ce jeu allait être intéressant…
D’ailleurs, il me faisait déjà frissonner…
C’était bon signe.

Mais sa position gâchait totalement le jeu…
Elle restait loin, tendant son bras au maximum pour atteindre mon ventre…
A la la…
Et moi qui l’espérais à demi allongée sur moi, me chauffant plus qu’elle n’essuierait…
C’était raté, mon esprit se faisait de sacrés films parfois…
Et comme un malheur arrive toujours dans ces moments là, ma sœur entra en scène…



« - Oneechan ! »


La sale gamine…
En même temps, c’était si peu sensuel tout ça qu’elle ne gâchait pas grand-chose…
Evidemment, la jolie Ryûna en profita pour se relever et la saluer, tandis qu’un sale sourire se peignait sur les traits de la gamine…
Qu’est-ce qu’elle s’imaginait… ?



« - Je vous dérange peut-être ? »


Oui, atrocement…
Comme à chacune de tes apparitions d’ailleurs…
Cette fille là avait quinze ans…
Non mais regardez-la…
On lui donnait une dizaine d’années à peine…
Et elle se permettait de gâcher ce « superbe » moment d’intimité…

Les deux filles entamèrent alors une discussion en langage des signes…
Ryûna parlait, parlait et parlait…
Enfin, elle faisait des signes… et des signes, et des signes…
Ça avait l’air sérieux…



« - J’y comprends rien ! Va moins vite ! »


Désespérant…
Je m’accrochais à ces gestes depuis tout à l’heure, attendant de connaître, peut-être, leur signification et… cette idiote n’avait rien compris…
Izumi…

Ryûna recommença donc, en prenant bien son temps cette fois, mais en répétant les mêmes gestes…
Les regarder était très amusant, et un léger sourire étira mes lèvres en les observant…



« - Je vois, je vois… Tu peux y aller si tu veux, je te remplace. »


De nouveau, Izumi regarda en ma direction avec un sourire malsain…
Le genre « je sais tout t’as voulu abuser de la ptite hein… »
Un peu comme un certain smiley de MSN par exemple, le « niéhé » ou le « miaous »…
Ça sentait le roussi avec elle…
Elle avait la preuve de rien et tant mieux, elle me ferait pas chanter…
Ouf !

Ryûna quitta la pièce alors que je la suivais du regard…
Dur de lâcher cette fille des yeux…
Avant de quitter la pièce, elle décida quand même de m’offrir le spectacle de ses yeux… qu’elle planta droit dans les miens…
Wahouw…
C’était… étrange…

Jamais je n’avais ressenti ça…
Ses yeux étaient tellement…
Pleins de sentiments semblaient s’y affronter…
Quel joli regard…
Certainement le plus beau, et le plus expressif que j’aie jamais vu…
Puis elle disparut en direction du couloir…



« - Alors ‘neechan ? Toujours partant pour une séance de nettoyage ? »


Izumi venait de m’arracher à mes pensées, et à la charmante servante qui venait de quitter la pièce…
Quoi ?!
Elle, me nettoyer ?!
Non mais oh, fallait pas pousser…

Puis elle partit dans un gigantesque éclat de rire dont elle seule avait le secret…
Son rire était…
Il faisait toujours bon l’entendre…
Un vrai rire d’enfant.
Mais je ne m’occupais pas de ça…
J’étais bien décidé à lui lancer une petite remarque, juste pour l’embêter…


« - Désolé Izumi… je suis sûr que tu dois rêver de mon corps, mais… tu es vraiment trop petite à mon goût. » lui lançais-je avec un fin sourire, avant d’aller me rallonger, et de reprendre ma lecture.


Ryûna m’avait un peu… intéressé, et j’avais hâte de la revoir…
Elle était l’une des rares personnes à avoir cet effet là sur moi, alors je comptais bien m’amuser encore avec elle…
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