L'île aux esclaves

Une île sur laquelle des personnes fortunées viennent s'installer pour une vie loins du stress. Des esclaves sont importés du monde entier pour servir et même assouvir leurs désirs. Chaleur, et endroit paradisiaque vous attendent!
 
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 Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]

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Ryûna Metherlence

Ryûna Metherlence

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MessageSujet: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Dim 9 Mar - 2:24




Les étoiles soupiraient derrière le rideau des nuages dorés.
Encore une nuit sans lune.
La troisième.
Où était-elle donc passée ?
Où pouvait bien se cacher ce disque de platine, unique lumière de mes nuits douloureuses et enveloppée de ténèbres ?

Le noir.
Impénétrable.
Insupportable.
Un noir étouffant.
C’était pire que tout.
Je n’étais pas bercée par cette douceur nacré et vacillante qui cherchait à m’apaiser, à la manière d’une mère bienveillante que je n’avais jamais eu.
Main fraîche sur mon front de cauchemars…
Elle me laissait seule…

Seule.
Toujours.
À jamais.
Seule, oui, mais sans peine.
La nuit était trop douce pour souffrir.
J’aurais aimé pouvoir m’en convaincre…

L’ombre pour manteau.
La solitude pour meilleure compagne.
Ici, comme ces statues antiques que seul le temps peut éroder.

Mais ça ne me dérangeait pas, le croissant nocturne pouvait bien déserter et ne jamais revenir à conditions qu’il emporte le démon avec lui.
Qu’il l’empêche d’entrer cette fois…
Mais il n’écoutait pas.
Il n’écoutait jamais et lui ouvrait la porte.
Alors, à défaut de m’aider, il m’éclairait et me donnait du courage.
C’était déjà ça.

La journée, il y avait ce soleil, astre indigne qui, malgré les textes sacrés n’avait rien de divin, puisqu’enfin il ne quittait jamais sa diabolique compère : l’ombre.
Autrefois, mon moment préféré survenait lorsqu’il disparaissait et laissait place à un ciel d’encre parsemé de lucioles brillantes.
Aujourd’hui je n’avais plus d’instant chéri.
Chaque heure s’avérait pénible.

Non, je dramatisais…
C’était toujours ainsi lorsque, blottis sous les draps lourds, j’attendais sans impatience le son familier de ses pas dans le couloir, comme on attend que tombe l’échafaud, que l’angoisse et l’incertitude prennent fin.
Car enfin, je n’étais pas si malheureuse en y réfléchissant bien…

Toutefois, ce soir, comme toujours, je ne pouvais fermer les yeux, les gardant fixés sur la porte de ma chambre, patientant nerveusement.
J’avais remonté la couverture jusqu’à mon menton malgré la chaleur suffocante qui régnait dans la pièce, et surveillais consciencieusement, à l’affût.
Je tendais l’oreille, attentive aux bruits du manoir.
Néanmoins celui-ci était ancien et le vent qui s’y engouffrait par les multiples interstices faisait craquer les boiseries, me tétanisant régulièrement.

J’étais en nage et mes iris fusant de droite à gauche, étonnamment exorbités, reflétait mon inquiétude dévorante.
Mes mèches vertes collant à ma peau dans une sensation très désagréable, mes joues rosies, mon souffle court et les perles glacées qui courraient le long de mon cou tout paraissait indiquer un mauvais rêve.
Un mauvais rêve, oui, mais éveillé malheureusement…

Oter ce qui recouvrait mon corps, me laissant apparaître dans cette semi-nudité recouverte seulement par la légèreté d’une chemise de nuit fluide d’un blanc terne ?
Non, surtout pas !
S’il venait à entrer, il verrait cela comme de la provocation…

Savoir qu’il était là aussi, dans la pièce d'à côté…
Se demander incessamment s’il dormait, s’il approchait et si oui de quelle humeur serait-il…
C’était à en devenir folle.
Mais je tenais bon.
Pas le choix, là encore…

J’étais tellement… « décorative »…
J’obéissais mais à part ça… rien, le néant. Comme une poupée.
Toujours…
Muette. Sans mots, sans secrets, sans artifices.
Simple et anonyme sous le mouvement des astres.

Anonyme… oui…
C’était peut-être ça le plus dur.
Combien de servantes dans cette maison ?
Trop, trop pour que quelqu’un puisse me regarder et simplement ce dire « Tiens, Ryûna a bien travailler. »

On ne parlait pas de Ryûna, d’ailleurs.
On parlait des esclaves, et de « la muette » quand j’avais de la chance…
Peut-être était-ce la raison pour laquelle je refusais de perdre ce titre, c’était la seule chose qui me distinguait des autres, mon signe particulier…
Alors je me taisais et je devenais quelqu’un.
Peut-être qu’un jour, je serais reconnu pour autre chose mais en attendant ce n’était pas prêt d’arriver et je conservais donc ma voix pour moi seule et quelque fois pour Takaya.

« Yûna-chan »…
Kazuo…
Il m’avait… vraiment sorti du lot en employant ce surnom.
Je m’en rendais compte aujourd’hui.
Oh bien sûr, il n’y avait pas réfléchi mais tout de même, durant une seconde il s’adressait vraiment à moi comme à une personne à part entière.
Enfin, mieux valait ne pas me remémorer cette rencontre encore trop récente, trop bouleversante.

Le jeune maître…
Je ne voulais jamais le revoir !
Ah oui ?
Non.
Peut-être.
Je ne sais pas.

Il avait été horrible et provoquant !
Mais justement, il avait fait émerger en moi une véhémence que je croyais avoir perdue.
Mon regard était même devenu foudroyant à l’attention de ce torse narquois !
Moi, d’ordinaire si passive si malléable, cette fois je m’étais révoltée.
Et j’avais même osé dire non de la tête !
Un véritable exploit en soit.
Ne vous moquez pas, ce n’était pas évident ça !

Enfant, j’étais plutôt fougueuse et je n’avais peur de rien.
Je disais les choses avec une franchise parfois blessante et j’étais la première à braver les commerçants furieux, victimes de nos minis larcins.
Ça avait bien changé désormais.
Cet inconnu m’avait changé en m’achetant et Heihachi avait achevé son œuvre.
En un sens, ma mère était responsable de tout ça.

Ma mère…
Qu’était-il advenu d’elle ?
Avait-elle pu s’en sortir ?
Une part de moi l’espérait sincèrement.
Je ne lui tenais pas vraiment rigueur de ce qu’il m’était arrivé.
Elle était désespérée.
En outre, ma rancœur ne me ferait pas revenir en arrière.
Il fallait accepter cette vie et en profiter au maximum.

Mais profiter de quoi ?
Il m’arrivait souvent de me demander ce qui en valait la peine ?
Je n’avais pas d’amis, pas de famille…
J’étais seule avec mon cœur meurtris…
Et lorsque que quelqu’un prenait part à cette solitude c’était pour la rendre plus atroce encore…

Pourtant, je persévérais et je me battais comme l’on nous disait de la faire dans les récits bibliques.
De toute façon, je ne pouvais rien faire d’autre.
Continuer, l’échine courbée, peut-être, mais la tête la plus haute possible.

Ces derniers jours avaient été plus simples.
La présence de son fils, de sa fille et de sa nièce, refroidissait un peu les ardeurs et les pulsions de mon supérieur.
C'était déjà ça de gagné.
Je le voyais moins et il ne s’était pas pointé ici, n'avait pas réclamé son "du" depuis le début des vacances, soit trois jours.
Trois jours, déjà que j’avais croisé son hériter ?!
Le temps filait à toute allure, décidemment.

Enfin, pour l’heure pas vraiment.
Les minutes s’écoulaient avec une lenteur affligeante.
Le petit réveil indiquait toujours les même deux premiers chiffre : vingt-trois.
Vingt trois heures quarante.
Quarante et une…
Quarante deux…

Je m’ennuyais ferme.
Oh et cette chaleur ! Je n’en pouvais plus !
L’été était vraiment une saison ignoble !
J’avais soif et j’avais faim aussi.
Je n’avais pas soupée.

Toutefois, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même.
Si je n’avais pas cassé la vaisselle, je n’aurais pas été punie.
Il ne nous donnait pas beaucoup à mangé d’ordinaire alors mon estomac aurait du être habitué à la sensation de faim mais, rien à faire, je ne supportais pas la disette.

Je mourrais donc de faim, recroquevillé sur ce matelas trop dur dont les ressort rouillé, en plus de se sentir, grinçaient sinistrement au moindre de mes mouvements.
Et, chaque fois, je redoutais qu’il ne m’entende, qu’il ne se réveille et ne me rejoigne…
Alors j’adoptais des gestes lents, saccadés…

Mon silence était total hormis les gargouillements impétueux d’un ventre fort mécontent de ce mauvais traitement que je lui infligeais.
Même ça, ça me tétanisait à vrai dire.
J’osais à peine respirer. Il ne fallait pas attirer son attention, surtout pas !

Cette peur permanente me rongeait lentement et l’atmosphère m’oppressait.
Roulée en boule, comme pour me faire minuscule, je commençai à réfléchir.
Me lever, juste une minute, filer à la cuisine, attraper un guignon de pain puis revenir.
Ça devait pourvoir se faire non ?
A cette heure là, il ne viendrait probablement pas.
M’y essayer, ne serait-ce pas prendre de risque inutile ?
Si je me faisais pincer je… ne préférais pas en imaginer les conséquences !
Mais tant pis !
Un peu d’audace de temps en temps, ça ne pouvais pas me nuire !

Je ne tenais plus alors autant tenter le tout pour le tout.
Lentement et avec milles précautions, je me redressai, évitant au maximum les froissements du tissus que je rabattais au pied du lit.
Me levant sur la pointe des pieds, je fis quelque pas dans la discrétion la plus totale avant d’entrouvrir la porte qui m’offrit un râle qui me fit me mordre la lèvre inférieur avec appréhension.
Quelqu’un avait-il capté ce son ?

Passant la tête dans l’entrebâillement, vérifiant qu’il n’y avait personne de quelques côtés que ce soit, je me faufilai à l’extérieur, mon cœur battant la chamade.

Je me mis alors à courir, semblant flotter au dessus du sol, image trompeuse du à l’obscurité environnante qui faisait brutalement de moi une apparition fantomatique… fantasmagorique… une chimère insaisissable…

Les couloirs se suivaient, tous identiques…
Labyrinthe qui ne pouvait me tromper, même dans de telles ténèbres, et dans lequel je ne me perdais plus depuis des années.
Cette vieille demeure, je la connaissais par cœur, ses bruits, ses odeurs, ses raccourcis…
Elle n’avait plus de mystère pour moi.
C’est pourquoi, j’attins sans trop de mal, le réfectoire et ne m’y attardai pas.

Fouillant deux ou trois tiroirs, je m’y rapidement la main sur ce que je cherchais, un trophée bien savoureux…
Sans attendre, je fis demi-tour, le pain toujours caché dans ma main gauche, exécutant le chemin en sens inverse.

Mais alors que j’étais sur le point d’atteindre mon but et de retourner dans le cagibi qui me servait de chambre, un événement inattendu ce mis sur ma route… au sens propre comme au figuré.
Disons qu’un obstacle de taille s’interposa brusquement…

Je vous explique.
J’avançais donc, visiblement pressée, sans plus faire attention, n’ayant qu’une seule idée en tête : être le plus rapidement possible là où j’aurais du me trouver.
C’est alors que, dans ma course, j’entrai en contact avec… quelque chose qui me propulsa en arrière.

Je dois dire qu’à ce moment précis, une centaine de suppositions, toutes plus effrayantes les unes que les autres, s’emparèrent de moi.
Que ce passait-il ?
La frayeur et la douleur liée au choc m’arrachèrent donc un petit gémissement que je regrettais bien vite.
Je n’étais pas censé pouvoir produire le moindre son !
Restait à espérer que personne ne relèverait ce détail !

Quoi qu’il en soit, je me stabilisai de justesse, m’empressant de dissimuler l’aliment dans mon dos.
J’essayais donc de distinguer quelque chose de mes yeux paniqués mais ne voyant rien d’autre qu’une silhouette sombre et effrayante, la frayeur s’installa en moi.

Avec un peu de chance, l’inconnu, car il s’agissait bien d’un homme, la carrure ne trompant pas, ne m’avait pas reconnu non plus et je pouvais fuir sans craindre de représailles.
Au moins, ce n’était pas mon maître, si ça avait été le cas je l’aurais immédiatement identifié. A sa stature, à son odeur…

Allumer la lumière ?
Hors de question dans ma position !
J’étais prise sur le fait ! J’allais être accusée de vol !
Et puis, ça aurait risqué d’ameuter les Mishima, ce qu’il ne fallait surtout pas !

Ma respiration était soudain pénible et mes mains moites, ce qui n’était pas à cause de la température ambiante toujours aussi élevée et dont les effets nuisibles restait les mêmes.
Cédant à la confusion, à la terreur et plus particulièrement à cette pulsion ridicule, je commençai à m’enfuir dans la direction opposée.
Il ne devait pas me rattraper !
Car s’il me reconnaissait et me dénonçait, je ne donnais pas cher de ma peau !


Dernière édition par Ryûna Metherlence le Dim 9 Mar - 14:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Dim 9 Mar - 3:32

J’étais là, sur mon trône…
Non, rien à voir avec les toilettes…
Un magnifique trône en or massif…
J’avais une couronne et une longue cape dorée…
Un vrai roi… magnifique !
Il était temps qu’on me reconnaisse à ma vraie valeur…

D’ailleurs, mon palais avait l’air au moins aussi luxuriant que ma personne…
Une pure merveille…
La salle du trône elle-même devait faire plusieurs kilomètres !
Génial !
Ce royaume faisait les choses en grand !

Une mine satisfaite, et un joli sourire aux lèvres, je baissais alors les yeux, apercevant…
Ryûna ?
Elle était prosternée devant moi, la tête enfouie dans le sol, dans une posture de pleine soumission…
Elle portait une chaîne autour du cou, chaîne qui s’étendait jusqu’à ma main.
La servante… enfin, plutôt l’esclave là, portait une tenue minuscule, constituée de sous-vêtements, couverte du strict nécessaire…

C’était…
Très intense… et très excitant comme position…
La voir ainsi soumise à mon seul bon vouloir…
Terrible…
Je m’approchais lentement d’elle, avec mes souliers d’or, et m’apprêtais à la caresser langoureusement lorsque…

Waow !
Ma vue se brouillait…
Laissant se sublime corps disparaître…
Mais non !
Que m’arrivait-il ?!
Malédiction ! Sale pauvre ! J’aurai ta peau !

Puis…
Ma vue redevint claire et précise…
Sauf que je voyais quelque chose de… de très sombre…
Je distinguais les choses… dont un… plafond…
Les choses avaient changé subitement…

Ah… je venais de faire un rêve…
Oui, je n’étais ni prince, ni roi…
Et les salles du trône de plusieurs kilomètres, ça n’existait pas.
Dommage…
J’y étais bien moi, avec mon esclave personnel…

Je me relevais lentement, afin de me retrouver assis dans mon lit.
Rapidement, je scrutais la pièce, afin de retrouver mes repères…
C’était… ma chambre…
Il y avait cette lourde bibliothèque, qui constituait le seul truc digne d’intérêt dans cette salle, et puis quelques trucs en vrac…
Un chiffon par terre, qui siégeait aux côtés d’une chemise mise en boule…

Je me relevais un peu plus sans problème…
Quel idiot, je m’étais endormi bien trop tôt…
D’accord, j’étais suffisamment dévêtu pour dormir, puisque je ne portais qu’un boxer, totalement étouffé par la chaleur de cette chambre, mais je devais lire un peu plus que ça avant de m’endormir normalement…

Toujours assis au bord du lit, je jetais un bref coup d’œil derrière moi et constatais que des livres y traînaient, entrouverts…
Tiens, mais qu’est-ce que j’avais lu avant de m’endormir… ?
Il y avait bien trois ou quatre bouquins là…
Alors…

Je me retournais afin de les étudier…
« Le Château Merveilleux »… un livre qui ne m’inspirait pas vraiment.
« Le Prince et le Pauvre »… ah, un classique que je n’avais jamais terminé.
Et… oulà, celui-là était réservé à un public majeur et averti…
Ça expliquait certainement une partie de mon rêve ça…

Bref !
D’un bond, je me mettais debout, tandis que mes yeux s’habituaient à l’obscurité…
J’aimais la nuit…
Je me sentais bien là, quand l’ambiance était nocturne… sombre…
Je me sentais plus calme, plus serein… et mon esprit était paradoxalement plus vif.

Intrigué par le moment de la nuit dans lequel je baignais, je fixais l’horloge avec insistance, avant de comprendre que nous approchions de minuit… minuit moins le quart je crois…
Et comble de la connerie… je n’avais plus sommeil moi maintenant…
Et je détestais me coucher sans avoir sommeil.

Je m’assis donc par terre, et commençais une série d’abdominaux…
Oui, l’exercice, y’avait que ça de vrai, comment croyez-vous que j’entretenais ce corps, hein ?
Il faut souffrir pour être bien foutu…
En dix minutes, l’affaire était pliée, et j’avoue que mes abdos avaient bien travaillés…
Il était temps de prendre une bonne douche maintenant…

Je sortis précipitamment de ma chambre et fonçais vers les douches en petite foulée…
Les exercices de la nuit, que voulez-vous…
J’atteignis facilement celles-ci, et je me faufilais sans perdre une seule minute, à l’intérieur de l’une des nombreuses douches.
Pour l’occasion, elle serait froide… pour me toquer directement, et me donner envie d’aller me coucher…

L’eau était quasiment gelée, et ruisselait sur tout mon corps, arrosant ma chevelure et me rafraîchissant… et encore, le mot était faible…
Je ne m’attardais pas sous cette eau glaciaire ( ;-) xD ), et coupais rapidement le robinet.

Je sortais, frigorifié de la douche, et attrapais une serviette…
Je la passais rapidement sur moi, si rapidement que je restais encore trempé, notamment à cause de mes cheveux qui laissaient perler de nombreuses gouttes sur mon corps.
J’enroulais rapidement la serviette autour de ma taille… ce qui m’évitait ainsi de sortir nu, quoique je doutais de croiser qui que ce soit dans les couloirs à cette heure-ci…

Je sortais donc dans ce couloir, laissant quelques gouttes fuyantes couler le long de mon corps…
Il faisait très sombre et je ne distinguais que peu de choses, mais heureusement, mon regard se faisait assez rapidement à l’obscurité…
Mais un imprévu de taille arriva…

Soudain, je…
Je percutais quelqu’un…
Quelqu’un qui courait dans un couloir ?! Un voleur ?!
Bah, si c’était un voleur, il pouvait y aller, je me fichais de cette baraque…
Peut-être que contre un peu d’argent, il accepterait d’assassiner Heihachi…
Ce serait une bonne idée ça…
Quoique… ces types là vous faisaient chanter après… et il faudrait le supprimer aussi…
Alors le « padre » serait pour nous…
On est jamais mieux servis que par soi-même hein…

Bref, au léger gémissement qui s’échappa, je compris que la personne n’était pas un voleur…
Quel voleur poussait un petit gémissement de jeune fille… ?
Une jeune fille voleuse ?
Et pourquoi pas un tueur professionnel de huit ans, tant que vous y êtes… ?
Non mais vous débloquez…
Oui, c’était une jeune demoiselle…

Mais sans que je puisse tenter de voir qui elle était, elle fila, courant vers l’autre bout du couloir…
Ah…
Là, ça devenait intéressant !
Ça faisait trois jours que je m’ennuyais ferme…
Depuis l’incident avec Ryûna…
Trois jours ?!

Comment avais-je pu passer trois jours sans la taquiner elle ?!
C’était la première personne à rester ancrée ainsi dans mon esprit… à part la famille…
Elle m’intriguait, et j’aspirais à la revoir… à jouer de nouveau avec elle…
Elle avait gagné la première manche, en me tenant tête malgré nos différences de classes, et en refusant l’un de mes « ordres »…
Elle était audacieuse et fière… deux choses qui me plaisaient…

Promis, dès demain, je m’occuperais de rattraper le temps perdu et de jouer avec elle…
Elle devait s’ennuyer en tant que servante, moi je lui proposais l’amusement, le plaisir !
Personne ne pouvait refuser ça, surtout dans sa position, elle qui devait s’emmerder ici comme un rat mort…

Mais pour l’heure, je devais rester concentré !
Il y avait une fille dans le couloir, et elle était en train de m’échapper…
M’échapper ? Parce que j’allais la poursuivre… ?
Oui… c’était décidé…
La douche froide qui devait m’assommer avait eu l’effet inverse et je me retrouvais plus réveillé que jamais… malgré l’air un peu endormi qui planait sur mes traits et qui me donnait un certain charme…

Mais pourquoi Diable devrais-je me lancer à ses trousses… ?
Mais pourquoi Père devrais-je me lancer à ses trousses… ?
Excusez-moi, c’était pour voir la différence de sonorité…
Et bien, ça avait la même saveur dans la bouche… horrible… une soudaine envie de cracher…

Bref, niveau rebondissement, j’atteignais le top du top là…
Pourchasser une jeune fille dans le manoir en pleine nuit et… dans cette tenue…
Oui, cruel dilemme…
Soit je courais ainsi et je perdais de la vitesse…
Soit je faisais tomber la serviette et je me mettais à courir nu…
Mais il ne faut jamais dévoiler ses atouts trop vite… tant pis pour la vitesse…

Je me mis donc en piste, à la poursuite de la demoiselle, qui était déjà loin…
Heureusement pour moi, j’allais nettement plus vite, et je la distinguais de mieux en mieux au fur et à mesure de mes enjambées…
Très jolie tenue…
Ce jeu de poursuite en valait la peine apparemment…
La proie semblait délectable…

Je continuais de me rapprocher d’elle, et finis par me retrouver suffisamment près pour l’avoir à portée…
Je tendis le bras pour saisir le sien, et à l’aide d’une légère impulsion sur celui-ci, je la forçais à faire volte-face.
Sans prendre le temps de la regarder, mon autre main se posa sur son ventre, afin de la plaquer contre le mur…

J’avais attrapée ma proie…
Dans l’obscurité des couloirs, personne à un des bouts de ceux-ci n’aurait été capable de nous voir…
Je posais mon regard sur la demoiselle et constatais avec enthousiasme qu’il s’agissait de Ryûna…
Comme on se retrouve…

Là, il semblait clair que c’était le destin…
Comme si le hasard pouvait faire ça…
Au même moment exactement, que l’on soit tous les deux dans ce couloir, au même endroit…
On s’était même entrechoqués…
Le destin je vous dis…
On était destinés à jouer ensemble…

Elle était… si désirable ainsi…
Ses jolies mèches vertes collées à son visage, une tenue simple et sexy magnifique, le souffle court et saccadé, qu’elle ne parvenait à calmer après sa course effrénée…
Ce regard franc et direct, presque de braise, à la fois affolé et… si troublant…
Sans oublier ses jolies gouttes de sueur qui coulaient lentement, et dont l’une attira mon attention, glissant lentement le long de son cou, avant de s’engouffrer et de plonger dans son décolleté…
Pfiou…
J’avoue que je ne contenais que très difficilement mon désir à cet instant, et que la serviette que je portais était en ce sens un atout non négligeable…

L’excitation de la scène ne l’était pas moins que la servante elle-même, atrocement sensuelle et à laquelle j’avais l’envie folle de goûter…
Elle était là, toujours captive de mon emprise et plaquée au mur.
Je me rapprochais d’elle, nos deux étant pratiquement collés l’un à l’autre, avant de frotter délicatement mon nez contre le sien…


« - Il semblerait que tu ne sois pas tout à fait muette Yûna-chan… » lui soufflais-je sensuellement…


Je me mis alors à mordiller lentement sa lèvre inférieure, avec toute la sensualité dont j’étais capable, et jouais ainsi pendant plusieurs secondes.
Mais sous l’impulsion de ce désir, et ne résistant pas à l’appel de ce corps bouillant de désirabilité, je commençais à l’embrasser franchement, sans retenue, d’un baiser à la fois langoureux et plein de fougue, qui ne nous aiderait pas vraiment à reprendre notre souffle déjà difficile, mais que je ne pouvais réfréner.

Les gouttes gelées tombaient lentement de mes cheveux, plongeant sur mon corps, autant que sur celui de la jeune fille, tandis que je prolongeais ce baiser, complètement emporté par la passion du moment, rendu fou par cette fille troublante et pour le coup, d’une sensualité suffocante…
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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Dim 9 Mar - 18:17

Je courrais à perdre haleine.
Vite, toujours plus vite !
Je devais absolument le distancer ! Prendre du terrain !
S’il me rattrapait, c’était fichu !

Mon cœur battait vite, trop vite, et le sang, martelant mes tempes, fusait violement dans mes veines, m’animant d’une force nouvelle, aussi appelée adrénaline.
J’étais faible et les privations auxquelles j’avais été contrainte y étaient probablement pour quelque chose.
En outre, je n’avais pas dormi et l’épuisement gagné inexorablement du terrain.

Mes jambes étaient si lourdes !
Pourtant je ne pouvais m’arrêter.
Au diable ma respiration pénible et haletante, au diable ces maudites paupières qui ne rêvaient que de se fermer !
Ne penser qu’à fuir, comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort !

Ma panique me donnait des ailes tandis que j’entendais ses pas, rapides, trop sans doute pour que je puisse réellement le distancer.
Mais, il me rattrapait inévitablement et mes efforts démentiels s’avéraient vains.
Encore quelques minutes et il serait tout près… Il n’aurait alors qu’à tendre la main pour m’agripper l’épaule et ensuite… ensuite il ferait de moi ce qu’il voudrait…

Car enfin, pourquoi me suivre si ce n’était pas avec une intention bien précise, une intention dont la nature ne me laisser aucun doute.
C’était un individu mâle.
En pleine nuit.
Personne à l’horizon et la légèreté de ma tenue me faisait déjà rougir de honte.
Soit c’était pour me punir de ma petite excursion, soit il était question de quelque chose de… plus mauvais encore…

Cette pensée me fit accélérer, ignorant péniblement la douleur qui me tiraillait de toute part, cette fatigue omniprésente dans la plus petite parcelle de mon corps…
Mes muscles étaient mis à rude épreuve et imploraient un répit que je ne pouvais me permettre de leur offrir…
Mes pieds nus foulaient le sol, me portant le plus rapidement possible mais c’était peine perdu…
Voilà que je me sentais ralentir…

Mes mains graciles se posaient sur les murs, percevant étonnamment bien les nuances de motifs de cette tapisserie jaunie par le temps, comme s’ils avaient put m’insuffler leur force, leur droiture, me servant de cet appui pour me maintenir en équilibre et me propulser plus en avant…

Les sons de cette course poursuite m’étaient infernaux, je ne pourrais plus supporter cette pression bien longtemps… Mon organe vital lâcherait avant même qu’il ne m’ait rejoins à ce train là…
Je voulais que cela cesse…

Ma terreur était à son paroxysme.
Je l’entendais de mieux en mieux à présent et, comble de l’horreur, je réalisai qu’il ne se pressait pas vraiment.
Etait-il vraiment humain ou m’étais-je surestimée ?
Probablement la deuxième option, mon état physique ne laissait pas vraiment planer le doute, là-dessus.
Je devais vraiment être ridiculement lente et ma progression devait bien amuser l’être qui me talonnait.

Non, ne pas abandonner !
Quitte à être rattraper, autant que ce ne soit par manque de volonté…
Je ne comptais pas faciliter la tâche à l’étranger qui me traquait.
Je rechignais à m’admettre vaincue si facilement.
Mais de nouveau, j’étais inférieure…
Pas suffisamment de ressources pour me battre à armes égales, ne pouvant qu’amenuiser les dégâts et m’extasier de leurs avoir donné du fil à retorde.

C’était ainsi au début, avec Heihachi.
Je me débattais, je griffais et je mordais… mais chaque fois il parvenait à m’immobiliser.
Menace ou puissance physique… L’un ou l’autre.
Et il s’amusait de mes rébellions, il disait que c’était ainsi qu’il me préférait.
Alors souvent, je restais inerte, subissant, « tolérant ».
Ainsi, il se lassait plus vite.
Et quand des sursauts de cette fierté, de cette innocence bafouée, me secouaient douloureusement, je me remettais à m’agiter, à me défendre… mais, alors il ripostait et devenait toujours plus violent…

Finalement la passivité était la meilleure option même si je n’y arrivais pas toujours.
Humiliation, souffrance…
Il me faisait mal.
Dehors, dedans…

C’est alors, que je sentis des doigts s’abattre sur mon bras et se refermer avec une fermeté contre laquelle je ne pouvais combattre.
J’essayais de le faire lâcher prise en faisant une nouvelle foulé, mais ce n’eut pour effet que de lui faire augmenter la pression qu’il exerçait sur ce bras fin, furieux de s’être fait ainsi privé de sa liberté.
Sans réelle douceur, mon geôlier, me fit faire volte-face, me faisant lâchait le quignon de pain dans l’effarement de l’instant.
Et avant que je n’ais le temps de réagir, je sentis sa paume se plaquer sur mon ventre et me pousser contre le mur où elle m’immobilisa, me coupant brutalement le souffle dans un gémissement plus de peur et de stupeur que de douleur.

Un sentiment étrange et inhabituel me submergea alors, quelque chose de vaguement terrifiant.
Une sorte d’exaltation à la fois emplit de terreur et de sauvagerie qui se dissipa prestement ne laissant place qu’à ce premier sentiment.
Mon liquide vital parut se figer dans mes vaisseaux tandis que mes prunelles écarquillées, pleine d’incompréhension et d’inquiétude cherchaient à rencontrer celles de mon assaillant.

Quelle ne fut pas ma surprise et mon incompréhension en reconnaissant le jeune Mishima !
Que… Que faisait-il ici ?
Pour… Pourquoi ?!
Le jeune homme me maintenait fermement, tant et si bien que je ne pouvais faire le moindre mouvement, n’ayant par conséquent aucune échappatoire.

Je ne faisais pas un geste, redoutant les représailles, redoutant ce qui allait survenir.
J’attendais donc, bouleversée, la suite des événements, pleinement consciente de ce corps viril tout prêt du mien, que je n’osai toujours pas regarder.

La chaleur était insoutenable… mon ressentit aussi…
Que me voulait-il ? Qu’allait-il faire de moi ?
Quoi qu’il veuille, je devrais obéir et cette réalité m’alarmait plus que tout.

Le sort, trop cruel, avait voulu que je le heurte, lui, à cette heure avancée de la nuit, avec pour vêtement cette chemise de nuit qui laissait se deviner aisément la féminité de mes formes et qui bien que m’arrivant un peu au dessus des genoux me paraissait exagérément courte et abusivement décoltée ne l’étant pourtant presque pas.

Je ne parvenais pas à réguler ma respiration, signe de mon récent surmenage, autant du à ma course qu’à mon excès de zèle de ces trois derniers jours destiné à me faire justement oublié notre première rencontre, qu’à mon effroi et à la température caniculaire qui régnait dans ce couloir.
Mes cheveux trempés de sueur, mes pommettes rosies par l’harassement et l’embarras… je devrais présenter un portrait fort peu alléchant… et c’était tant mieux.

Il était dressé devant moi, me détaillant tel un esprit profane.
Sa main était fraiche et ses cheveux encore mouillés lui donnaient un air attirant et mystérieux…
Tout semblait indiquer qu’il sortait de la douche, depuis son allure à la direction d’où nous venions.

Je le fixai donc d’un regard brûlant d’émotions péniblement contenue qui s’entremêlaient en une boule inextricable qui attint bientôt ma gorge.
J’étais persuadée qu’il m’avait reconnu lui aussi, sous cette lumière douce et tamisée que nous fournissait une large fenêtre sur notre gauche.
Pour ma part, je frissonnais sous ses doigts fermes et doux sans trop savoir analyser le pourquoi du comment.
Je me secouai pour sortir de l’étrange torpeur où je glissai à mes dépends.

Tout ce que je savais c’est qu’il était bel et bien là, qu’il m’avait couru après puis cloué ici de façon à ce que je ne puisse plus bouger.
J’étais coincée… complètement coincée.
Tout ce que je pouvais faire, c’était de le fixer, l’implorant silencieusement de me laissait partir, de daigner se taire… et surtout, de ne pas me faire de mal.
Pas encore… pas lui…

Je ne comprenais pas mais… je sentais qu’il avait le pouvoir de briser une autre partie de moi, que ce qu’il allait faire à présent m’importait beaucoup plus que ça ne l’aurait du.
Je n’avais pas confiance en lui, non ce n’était pas ça, … juste… c’était comme si je reposais entre ses doigts…
Si fragile, si petite…
Papillon, insecte captif d’une prison de chair et de peau qui, selon la volonté, l’humeur d’un seul être, pouvait lui redonner ses ailes, son envie de voler, ou venir l’écraser définitivement…

Oh oui, bien sûr, mon destin était lié à ce qu’il allait se passé mais, il y avait autre chose, de plus profond et que je ne concevais pas.
Comme s’il avait pu représenter à lui seul l’humanité tout entière et que sa décision pouvait me conforter dans l’idée que je m’en faisais, autrement dit que nous avions tous une part de bonté en nous, ou déchiré en une seconde toutes mes illusions…
C’était stupide, l’épouvante génère en vous de bien drôle de pensées, non ?


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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Dim 9 Mar - 18:17

Baissant la tête, je remarquai sa… son absence quasi-total de vêtements…
Une serviette lui enserrant la taille et c’était tout…
On pouvait dire qu’il ne s’embêtait pas de tissus inutile !
M’empourprant plus encore, je relevai prestement les yeux constatant, plus que troublée, qu’il se rapprochait lentement de moi.

Finalement j’ignorais ce qui était le mieux de voir : son corps pratiquement nu ou son visage trop audacieux…
Peu à peu je sentis mes jambes se liquéfier sous le regard sensuel et troublant dont il me gratifiait.
Ce qu’il comptait faire semblait de plus en plus clair, de plus en plus préoccupant, maintenant.

Effarée et totalement désorientée, ne sachant plus dire ce que j’éprouvais, je ne cherchai même pas à esquiver le contact de son nez qui vint délicatement effleurait le mien dans une caresse insolite.
A présent ses yeux renvoyaient une chaleur étouffante et surprenante et je ressentis plus que jamais une puissante envie de fuir loin de ce corps qui semblait l’appeler.



« - Il semblerait que tu ne sois pas tout à fait muette Yûna-chan… » Murmura-t-il lascivement d’une voix rauque et basse.


Je me raidis, cette phrase me rappelant à la réalité.
Je notais vaguement l’emploi de ce surnom, mais mon cerveau ne s’y attarda pas, ni même sur la voix vibrante qu’il avait utilisé.
Il m’avait découvert ! Je… Que devais faire ?
C’était une catastrophe ?
Qu’est-ce que j’allais faire dorénavant ?
Allait-il me dénoncer ?
Et si oui, comment réagirait son géniteur ?
Devais-je continuer à jouer le jeu en ignorant ses mots, en cherchant à lui faire croire qu’il s’était imaginé les sons qui étaient sorti de mes lèvres ?
Je doutais fortement que cela fonctionne mais je pouvais toujours essayer !
Et, de plus, je…

Mais il me tira soudainement de ma rêverie, apposant ses lèvres aux miennes, commençant à jouer impunément avec ma lèvre inférieur, la mordillant voluptueusement ce qui ne fit qu’accroître mon trouble et ce malaise dévorant.
Comment réagir ? Le repousser ?
Il n’en était pas question. Il était le maître…
Mais j’avais tant d’appréhension, et mon émoi était si grand !
Je redoutais ce qui allait se produire et que je présentais.

Le plus effrayant était de subir l’emprise puissante de cet homme sur moi.
Il se dégageait de lui un tel charme, une telle virilité !
Et moi, dans mon ignorance naïve, j’étais subjuguée par l’éclat sombre de ses yeux.

Autour de moi, l’air était devenu irrespirable.
Je sentais son corps tout près de moi, l’odeur de sa peau associée à celle plus prononcée du savon…
Nous étions si près que je sentais la chaleur de son corps puissant m’envahir toute entière, et je devais lutter pour ignorer le trouble grandissant que ce contact provoquait en moi.

La terreur, l’incompréhension, d’accord mais il y avait autre chose, cette petite flamme, nouvelle et dérangeante dont je ne saisissais ni me sens ni l’ampleur.
Je voulais juste qu’il me lâche !
Mais mon vœux ne fut pas exaucé, bien au contraire car las de s’amuser ainsi malgré moi, las de mon absence de réaction peut-être, trop stupéfaite que j’étais pour faire quoi que ce soit de toute manière, il s’empara alors de mes lèvres qu’il joint aux siennes dans un baiser fougueux et… passionné…

Moi je restais là, interloquée, hors du temps et de l’espace, comme observant la scène de loin ayant momentanément quitté cette enveloppe qu’il embrassait ainsi.
Inerte, comme insensible, je peinais à comprendre ce qu’il se passait.
Un baiser… Mon premier baiser…
Fallait-il qu’il soit ainsi ?
Là, planté au milieu de ce couloir avec ce parfait inconnu auquel je devais soumission ?
Maintenant, à minuit passé, alors que je revenais d’une intrusion dans les cuisines de son père, que mon estomac criait famine et que la fatigue laminait mes membres ?
Ça n’avait pas de sens !
Pourquoi ?! Pourquoi m’embrassait-il ?!

Je… Je m’étais toujours dis que ce jour devais être particulier… romantique…
Que cela se ferait dans un amour partagé avec celui à qui j’aurais sans détour livré mon cœur quand nous nous connaîtrions bien…
C’était stupide, tellement fleur bleu encore…
Une autre utopie ? Non, je…
Je croyais que tout le monde pensait ainsi alors pourquoi s’emparait-il ainsi d’une bouche étrangère ?
Ce n’était pas de l’amour… du désir alors ?

Je ne savais pas. Je ne pouvais pas savoir.
Je n’en avais jamais ressentis.
Le désir du démon était douloureux pour moi mais il s’exprimait autrement.
Jamais de baiser.
Je l’en empêchais et il n’insistait pas, bizarrement.
Il collait bien ses lèvres sur les miennes avec une brutalité certaine mais ça n’allait pas plus loin, il n’en forçait pas l’entrée…
Plus depuis que je l’avais repoussé la première fois en tout cas…
Son désir n’était pas l’amour, il n’avait donc pas le droit d’en avoir les symptômes…
C’était ce que je pensais du moins…
Alors Kazuo…
Qu’est-ce que ça signifiait ?

Je le laissais faire néanmoins, anesthésiée par la surprise et l’incrédulité…
Je lui offrais ce premier baiser, sans trop le comprendre.
Pourquoi est-ce que je ne l’en empêchais pas comme je l’avais déjà fais avec Mishima-sama ?
Je… Aucune idée.
J’étais perdue.

Sa langue qui cherchait la mienne, comme l’incitant à jouer à son tour…
La mienne, hésitante, qui se laissait aller, sans trop comprendre les règles de ce jeu nouveau et sans oser improviser.
C’était effrayant… et grisant…
Ce baiser, la situation dans sa totalité, l’interdis qu’elle franchissait au travers de ce contact charnelle… sans que je ne le réalise vraiment, je trouvais cela terriblement excitant.

Et lui, si beau, si séduisant, si provoquant… comment lui résister ?
Il m’offrait une chose à laquelle je n’étais pas habituée et que je tolérais, indécise sur le comportement à adopter.
Je me sentais bien mais terriblement mal à la fois, fermant les yeux à m’en fendre les paupières, mes mains resté le long de mon corps se crispant sur le mur dans lequel je plantais mes ongles.
Je craignais que cela ne dégénère. Je n’avais pas le droit !
Je ne devais pas le laissais me toucher à son tour, je ne devais pas le laisser m’embrasser !
Je devais réserver cela pour LE garçon mais… cependant, je sentais progressivement ma langue se tendre vers la sienne, répondant on ne peut plus timidement au avance de celle de mon compagnon.

Ce dernier devait me trouver bien maladroite, stupide peut-être et terriblement peu douée mais… ça ne s’invente pas…
Quoi qu’il en soit, cette réflexion intérieure m’arracha à cette langueur, cette espèce de transe et, posant l’une de mes paumes sur son torse comme pour le tenir à distance, c’est avec un gémissement essoufflé, désorienté et empli d’un désarroi et d’une perplexité sans borne que je rompis ce contact qui nous unissait, tournant simplement la tête sur la droite, plongeant mes iris vers le bas.

Je remarquai plus loin l’objet de mon larcin, toujours au sol mais ce qui aurait pu me faire sourire ou m’angoisser, au choix, ne m’évoqua strictement rien.
Il me semblait que ce qui venait de se produire m’avait vidé de toute énergie…
Mon regard trouble et hagard reflétait remarquablement bien l’état d’hébétude dans lequel je me trouvais… tandis que j'essayais vainement de reprendre et mon souffle et mes esprits...
Et maintenant ?


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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Dim 9 Mar - 20:00


Waow…
Il venait de se passer tant de choses…
Affolant comme une simple nuit pouvait se transformer et devenir aussi exceptionnelle…
Là, on avait dépassé le stade de l’intéressant pour passer à quelque chose de plus subtil, de plus… intime.

Et dire que ce qui arrivait était dû à mon sommeil bien trop rapide…
Parfois, il arrivait que les gens aient beaucoup de chance…
Et là, c’était mon cas… notre cas… ?
La veille, j’avais été me coucher rapidement.
Oui, Heihachi avait décidé de dîner avec nous… mais pour être honnête, je n’en avais pas la moindre envie, alors je m’étais faufilé en cuisine, j’avais chapardé quelques trucs, et j’étais directement monté dans ma chambre…

Si ça avait énervé le maître des lieux ?
Je n’en savais rien, et je m’en fichais royalement…
Au pire, il viendrait me faire la leçon le lendemain.
Et comme toujours, je ne l’écouterais que d’une oreille… et bouchée qui plus est !
Non, je rigole, mais je ne prenais jamais garde à ce qu’il disait…

Ce type n’était pas seulement ennuyeux, il était également odieux et mauvais…
Alors mieux valait ne jamais entendre ce qui sortait de sa bouche…
Supporter ce monstre ?
Pour moi, c’était impossible plus de cinq minutes, alors vous imaginez ma mère… ?
Pour dire la vérité, je me demandais comment elle avait pu faire des enfants avec lui…
Elle avait du supporter ce diable… toute sa vie…

C’est horrible ce dicton qui dit que les meilleurs partent toujours en premier…
Et comble de l’ironie, c’était vrai…
Ma mère avait aimé ce pourri, et nous avait toujours choyé et… elle était morte…
Aujourd’hui elle se fichait bien que je pense à elle ou pas…
Elle… elle ne pouvait plus rien faire… elle n’en avait plus le droit. Elle s’était arrêtée…

Mais cet ingrat, cet homme, qui représentait tout le mal et ce que le monde fait de plus dégueulasse, il vivait encore…
Il ne s’était jamais occupé de maman… sauf pour lui faire des gosses et… et lui, il avait le droit de respirer encore…
A l’époque déjà, il sautait les servantes sans se soucier que sa femme le surprenne ou pas… ou même nous…
Un modèle de saloperie…

Qui sait l’enfer qu’il faisait vivre aux autres aujourd’hui… ?
A Ryûna et à toute la légion de servantes, qu’il avait encore rajeunie…
Même le terme « répugnant » ne sembla pas assez fort pour le désigner…
Je le haïssais vraiment…
Il était tout ce à quoi je ne voulais pas ressembler…

J’étais peut-être pas une bonne personne moi non plus mais… être comme lui… je ne pouvais l’accepter…
Pourtant… je l’avais tellement entendu…
« Il est comme son père »…
Et au fond, qui le connaissait vraiment… ?
Et… qui ME connaissait vraiment ?

Le monde d’aujourd’hui tournait ainsi…
Sans vous connaître, on vous jugeait et vous mettait des étiquettes…
C’était comme ça…
C’était dur vous savez…
Les gens me voyaient comme quelqu’un d’insensible, d’égoïste, un vrai cœur de pierre…

Plus jeune, c’était vraiment dur…
Désormais, je ne faisais plus vraiment attention au regard des autres mais… à une époque je le vivais mal…
Oui, vous vous dites « le pauvre gosse de riche et ses pseudo malheurs »…
Vous avez certainement raison…

Beaucoup de gens minimalisaient souvent les problèmes en disant « quelqu’un vit pire que ça »…
Mais c’était utopique…
Savoir que quelqu’un va moins bien que vous ne vous aidait pas à vous en sortir…
Allez dire à un clochard qui dort dehors en plein hiver qu’il a de la chance parce qu’en Afrique, les gens meurent à cause de la chaleur…
Vous croyez vraiment que ça va l’aider… ?

Mais les gens étaient comme ça…
Ils étaient pas méchants…
Non, ils étaient seulement stupides…
On ne comprend pas le mal des autres à moins de l’avoir vécu…
C’est pas possible de juger le mal de quelqu’un « bête » uniquement parce qu’il ne nous touche pas… parce que pour quelqu’un… c’était important…

Et encore une fois, les humains n’étaient pas forts à ce jeu…
Soit ils n’étaient touchés par rien, soit ils étaient touchés par tout…
Difficile de vivre dans cette société totalement décalée…
Mais bref !
Vous me faites partir dans un élan d’ouverture d’âme là…
On ne m’y reprendra plus…
Vous m’avez eu une fois, ça ne se reproduira plus.

Je me retrouvais donc dans ce couloir, tenant fermement la jeune fille contre le mur…
Que ce soit clair, je ne comptais pas la contraindre à quoi que ce soit…
La simple idée me donnait envie de vomir…
Non, c’était plus…
Appelons ça un élan de passion sauvage…
En plus, c’est très joli comme nom ! Ça sonne bien !

Dans ma précipitation, et sous l’excitation du moment, je n’avais jamais remarqué le bout de pain sur le sol…
Et bon… il n’avait pas grande importance de toute façon…
Je tenais donc Ryûna contre le mur, et j’avais senti en m’approchant d’elle toute l’ampleur de sa nervosité…

C’était un moment très… particulier…
Quelque chose que nous ne partagions que tous les deux…
Tout comme ce baiser…
Au départ, il est vrai que je l’embrassais plus qu’elle ne m’embrassait mais… petit à petit, elle se laissait aller…

Son corps était tendu à l’extrême… ça se ressentait…
Mais sa langue, elle, ne tarda pas à répondre à l’appel de la mienne…
Lentement, elle se mit à bouger, se déplaçant avec beaucoup de délicatesse et tout en douceur…
C’était si… unique…

J’avoue que jamais un baiser ne m’avait autant enthousiasmé… autant tenu en haleine…
Je prolongeais ce baiser, incapable de me défaire de sa langue, si douce, si tendre, et paradoxalement si inexpérimentée…
Maladroite, elle n’en restait pas moins terriblement délicieuse, et joliment audacieuse…
Elle répondait à mon baiser, fermant les paupières comme pour se laisser guider par la danse endiablée à laquelle la mienne l’invitait.

Son premier baiser… ?
Il semblait, en effet…
C’était… flatteur, et en même temps, assez dérangeant, de le lui voler ainsi…
J’allais passer pour un briseur de rêve…
Pourtant…
Il était clair que je n’étais pas le seul à y prendre du plaisir…
Elle m’embrassait elle aussi, certainement emportée par la folie de l’instant…

C’était… enivrant…
J’étais incapable de m’arrêter et de mettre un terme à ceci, la passion ayant totalement pris le pas sur ma raison…
Mais cet éclair de lucidité qui ne me vint pas apparut dans la tête de Ryûna.

S’arrachant soudain à mes lèvres, elle rendit sa liberté à sa langue, non sans s’essouffler, lâchant un petit gémissement qui n’eut pour effet que d’accroître mon désir…
Elle détourna également la tête sur le côté, ses joues complètement rosies, tandis que l’une de ses mains venait se poser sur mon torse…
Elle était brûlante… au moins autant que le désir qui m’animait…

C’était infernal…
Je n’arrivais absolument pas à retrouver mon état normal, complètement emprisonné, sous le joug de la folie qui s’était emparée de mon esprit…
Mais dans mon esprit embrumé, la réponse était claire, je ne voulais pas que cela cesse…
Je ne voulais pas que l’on retourne chacun dans nos lits, pas après ce baiser là…

Décidé à ne pas en finir ainsi, je posais délicatement ma main sur la sienne, toujours sur mon torse, de laquelle je remontais lentement, passant sur son bras, et allant me loger derrière son épaule…
Une simple impulsion sur celle-ci suffit à l’amener droit sur moi.
Je la tenais, tout contre moi.
Mon bras plongea dans son dos, commençant à la caresser languissamment, tandis que, posant mon autre main avec délicatesse sous son menton, je relevais lentement sa tête, la « forçant » à me regarder dans les yeux…

Son regard était si… insolite…
Il était chargé d’émotions, et visiblement désorienté.
Elle était si émouvante… si touchante…
Si émouvante qu’elle donnait l’envie de la serrer contre soi et de ne plus la lâcher…

Ses joues étaient toutes rouges, elle devait être encore toute chamboulée par ce premier baiser…
C’était fou la sensualité qui se dégageait d’elle…
Presque comme si elle l’était naturellement, et que, quoiqu’elle fasse, elle reste encore et toujours comme… la sensualité incarnée…


« - N’aie pas peur, c’était parfait Yûna. » lui soufflais-je avec un fin sourire aux lèvres.


Ainsi proche d’elle, à quelques centimètres, mon envie de l’embrasser n’en était que plus forte encore…
Nouvelle pression sur son dos, je l’attirais définitivement à moi, nos visages se trouvant à une poignée de millimètres l’un de l’autre.

Sans plus hésiter une seconde, ma bouche vint lentement se coller à la sienne, tandis que ma langue entrait tout en douceur dans la sienne, venant caresser sa jumelle avec beaucoup de délicatesse…
Un baiser beaucoup plus calme, plus posé que le précédent…
Et plus… magique aussi je dirais…

Mes yeux plongés dans ses iris, ma langue invitait la sienne à une danse beaucoup plus douce cette fois ci, je me laissais bercer par mes actes, sans même prendre réellement conscience de ce qui se passait, laissant l’intensité du moment mener mes mouvements.

Pendant ce temps, ma main libre chutait, trouvant le genou de la demoiselle pour point d’appui, avant de remonter lentement, telle une caresse, soulevant sa tenue par la même occasion, profitant de la peau douce de sa cuisse, dont je ne me lassais pas…

Mais… comment allait-elle réagir, alors que je ne répondais plus de rien… ?
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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Mar 11 Mar - 20:38

Qu’avais-je fais ?
N’avais-je pas honte de mon comportement ?!
Je venais, en répondant à son baiser, de me livrer entièrement sans même en avoir conscience.
Un abandon pareil était tout simplement impensable quelque seconde plus tôt… tout simplement humiliant…
Pour qui allait-il me prendre ?!
Je…

Non, ce n’était pas ma faute !
C’était lui !
Lui qui m’avait attrapé, lui qui m’avait embrassé sans me demander mon avis !
Je n’avais rien à voir là-dedans et seule ma stupeur et mes appréhensions étaient à l’origine de mon propre comportement.
Quelle folie venais-je de commettre là ?!

Il était la maître, moi l’esclave… mais cela justifiait-il ses actes ?!
Et les miens ?
Non, il était unique coupable, il était responsable de tout ça !
Moi, je ne lui avais jamais fais d’avances !
J’avais joué sagement mon rôle mais je ne lui avais jamais rien laissé entendre, pas même dans la chambre lorsqu’il avait réclamé une certaine proximité suite à ma maladresse.

Au contraire, j’avais cherché à mettre des limites dès le début.
Je ne m’étais pas montrée consentante, loin de là et ce soir encore j’avais fui sa compagnie…
Je le détestais vraiment !
Regardez ce qu’il me forçait à faire !
N’avait-il donc aucun respect ni pour lui, ni pour moi ?!

C’était illogique !
Je ne l’aimais pas et c’était réciproque.
Même si mon indifférence venait brutalement de devenir ressentiment, antipathie.
Alors pourquoi avait-il eu un tel geste, et surtout, pourquoi l’avais-je laissé faire, vidé de toute résistance, de toute volonté ?

Je ne niais pas que son physique était attirant, il aurait fallu être aveugle ou de bien mauvaise foi pour prétendre le contraire.
Mais ce n’était pas suffisant pour expliquer mon abandon !
Oh, j’allais devenir folle !

Il était comme son père !
Il prenait et cela le contentait !
Un monstre !
Non… Non, ce n’était pas tout à fait vrai…
Il n’était pas comme lui, pas exactement en tout cas.

Déjà parce que son géniteur n’avait jamais eu sur moi un tel effet et que ce que j’avais perçu au travers de ce baiser ne ressemblait en rien à l’animalité brutale, écœurante, dévastatrice qui animait celui que je considérais comme le mal incarné.
Il y avait bien une violence mais qui n’était nullement douloureuse, violence qui pouvait se mettre sur le compte de la passion, même si j’ignorais encore le sens exact de ce terme.

Tout cela était si étrange…
Ses lèvres venaient de me faire découvrir un monde de sensation inconnue que je honnissais d’ores et déjà mais qu’à contrario, je rêvais de ressentir une seconde fois.
J’étais perdue et je maudissais le garçon qui m’avait plongé dans cet état, entre détresse, désarroi et plénitude.
J’ignorais exactement la nature de ce ressentit paradoxal mais c’était effrayant et terriblement bouleversant.

Indécise, je n’avais aucune idée de ce que je pouvais désormais.
Si ma position me l’avais permise, je me serais sûrement enfui, les joues en feu… mais là…
Pourquoi fallait-il qu’il m’immobilise ainsi ?!
N’en avait-il pas finis avec moi ?!
N’était-il pas encore satisfait ce qu’il était parvenu à m’arracher ?!

Non, pas à m’arracher ! C’était me mentir.
Mes réticences ne m’avaient pas empêché de le lui offrir sur un plateau d’argent et je n’étais pas totalement sûre que la peur ait grand chose à voir là dedans.

Baka !
J’étais stupide et il était cruel.
Fallait-il en plus que le Seigneur me fasse endurer une telle chose, il ne manquait plus qu’il se moque de moi et éclate de rire.
Je me sentais tellement misérable !

Mon premier baiser…
Cela aurait du avoir une signification non ?
Ce devait être quelque chose de symbolique, de magique et… ça l’était…
Magique, je veux dire.
Mais la fantastique pouvait devenir terrifiant, n’est-ce pas ?
Une telle angoisse bouillonnait en moi, oppressant ce cœur palpitant sur un rythme effréné qui tambourinait dans ma poitrine.

Il devait me relâcher maintenant !
C’était trop dur, trop éprouvant !
S’imaginait-il seulement !
Pouvait-il concevoir l’ampleur de mon trouble ?!
Son intensité se reflétaient pourtant dans mes yeux mais il ne s’y intéresserait probablement pas, pas plus que ma frayeur n’avait parût l’alarmer.

Mon manque d’expérience avait du le décevoir…
Idiote ! Pourquoi est-ce que cela me préoccupait-il ?!
Il pouvait bien avoir trouvé cet échange dégoûtant, qu’est-ce que cela pouvait bien me faire à moi, hein ?!
C’était ridicule d’y accorder de l’intérêt.

La colère, l’incompréhension, la confusion et la crainte se mêlaient en moi, me rendant plus nerveuse, plus fragile que d’ordinaire.
A fleur de peau, je me sentais aux bords des larmes et remerciais le ciel de l’obscurité qu’il me garantissait.

Et il était là, près, trop près…
Oh si près !
J’aurais tant voulu pouvoir m’écarter et refouler enfin les sensations interdites qui avaient émergé dans mon esprit ignorant.
Et… il y avait sa peau fraîche sous mes doigts brûlants…
Une peau douce, agréable au touché… Une peau qui sentait irrésistiblement bon, un mélange entre les produits classiques et quelque chose de plus brut, qui n’appartenait qu’à lui, comme je le réaliserai plus tard.
Son odeur…

Mais à quoi je pensais moi !
C’était terriblement indécent !
Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait soudain !
Je perdais le contrôle !
Où était donc passé mon sang-froid, mon impassibilité ?
Je perdais pieds, je me noyais dans un océan sombre dont je ne pouvais distinguer le fond et qui était d’une terrifiante profondeur, au moins autant que celle des prunelles du jeune homme.

Je tentais péniblement de récupérer un peu de lucidité, de clame mais n’y parvenais pas, ayant une conscience exacerbée de ce corps à demi-nu qui m'épouvantait littéralement.
S’il était habillé, au moins !
Mais là, ainsi, c’était insoutenable !
Je ne savais dire si mon effroi primait ou non sur l’effet étrange et indésirable qu’il avait sur moi et contre lequel je luttais avec une rare véhémence.
Je ne pouvais pas me laisser aller !
Il était hors de question de récidiver une telle folie !

Méfiante, je n’osais toujours pas le fixer, craignant sa réaction à présent.
Mais c’est alors que je sentis ses doigts se poser sur les miens, m’arrachant un long frisson, aussi agréable que détestable.
Que voulait-il maintenant ?
Il n’avait visiblement pas l’intention de me laisser partir.

Je jetai lui un coup d’œil furtif et paniqué.
Malgré moi, mes yeux étaient remplis d’une violente émotion que j’essayais péniblement de repousser.
Je ne devais pas lui montrer ! Je ne devais pas afficher ainsi ma faiblesse.
Et pourtant, étais-je capable d’autre chose que de trembler à cet instant précis ?
Même réfléchir me paraissait compliqué.

Je voulais juste quitter ce rêve.
Me réveiller et oublier ce qui venait de se passait et qui allait certainement nuire à ma santé mentale.
Chasser de ma mémoire l’impulsion qui nous avait emporté tous les deux.
C’était impossible ! Ce ne pouvait être vrai !
Si l’on m’avait prophétisé ce qu’il s’était produit cette nuit, j’en aurais probablement ri.
Moi, embrasser le fils du patron et risquer d’être sévèrement réprimandée, voir peut-être même répudier ?
N’importe quoi…
Je faisais n’importe quoi… ça en était dramatique !

Mon cerveau en compote ne me servait vraiment plus.
Et il ne fallait pas avoir beaucoup de jugeote pour commettre une telle erreur.
Car il ne pouvait s’agir que de ça, une erreur, une bêtise.
Et s’il venait à en parler, à se vanter de cet exploit qui m’avait poussé dans ses bras ?

Son père serait fâché et il me violenterait sans doute.
Ma réputation se ternirait et mes relations déjà bringuebalantes avec l’équipe de domestique s’en verraient gravement altérées et je devrais supporter à vie l’ironie et les reproches d’Haïdy.
Et puis, il y aurait les regards désapprobateurs, peut-être même méprisants, de Takaya !
Non ! Masaka !
Il devait se taire, sinon ma vie allait être plus ruinée encore qu’elle ne l’était déjà !


Dernière édition par Ryûna Metherlence le Mar 11 Mar - 21:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Mar 11 Mar - 20:38

Si je le lui demandais, comme une faveur peut-être accepterait-il de ne pas me faire figurer sur son « tableau de chasse », exposé aux yeux des autres.
Mais les hypothèses ne servaient à rien et me morigéner ne ferait pas avancer les choses non plus, parce qu’enfin ne pouvant plus reculer, revenir en arrière, il fallait bien marcher droit devant soi.

C’est alors que, mon inquiétude atteignant son paroxysme, je sentis sa main audacieuse venir longer délicatement mon bras pour venir se loger au niveau de mon épaule, qu’il saisit.
Aussitôt, la caresse eut un écho violent dans tout mon corps et je me gourmandai d’avantage.
Avant que je n’ai pu saisir ce qu’il se passait il m’attira vers lui et je peinai à refréner le sanglot qui me montait méchamment aux lèvres.

Puis sa paume, ne s’attardant pas sur mon épaule, descendit dans mon dos qu’elle gratifia de langoureux allés et viens qui me firent tressaillir, me déroutant et m’apeurant plus encore.
L’avait-il sentit ?
Probablement, notre proximité n’étant plus assez conséquente pour que je puisse masquer totalement l’effet qu’il générait sur ma personne, trop naïve, trop inexpérimentée pour parvenir à masquer cette foule d’émotions qui se pressait aux portes de mon regard.
Un regard qu’il contraint doucement à entre au contact du sien, relevant légèrement mon menton pour que nos deux visages se placent naturellement l’un en face de l’autre.

J’aurais voulu clore les paupières et dissimuler timidement ce ressentit qui me gênait et qui le ferait sûrement rire mais ses iris m’hypnotisaient.
Je plongeais et replongeais en eux, les miens devenant progressivement deux fontaines limpides et enchanteresses.
Tandis que mon rougissement s’accentuait, entièrement déboussolée, je vis apparaître au coin de ses lèvres un sourire discret qui me procura une insolite sensation au creux de l’estomac.
Comment pouvais-je deviner la provocation que je lui offrais dans cette totale innocence ?



« - N’aie pas peur, c’était parfait Yûna. »


Mes yeux s’écarquillèrent, stupéfaite que j’étais mais de nouveau il me prit du court en me caressant, d’une main tendre et experte la courbe du dos, jusqu’à la taille, aux hanches rondes… me pressant un peu plus contre lui si bien qu’aucun mot ne sortirent de ma bouche sensuellement entrouverte, et ce bien malgré moi.

C’était parfait ? Ce baiser ?
Je… J’avais été parfaite ?
Pourquoi ce soulagement m’envahissait-il soudain ?!
J’aurais tellement souhaité être rebutée, répugnée par lui, par cette virilité insoupçonnée jusqu’alors…
Néanmoins, je restais là, n’exécutant aucun geste pour le repousser, ni même pour l’attirer.
Stoïque, incapable de me mouvoir, prisonnière de ses bras chaleureux, qui me semblaient brusquement incroyablement protecteur.

Une part de moi aurait voulu libérer toute ses tension, se laisser bercer par les battements remarquablement ordonnés en comparaison des siens, de son cœur.
Me laisser aller à cette douce langueur qui aspirait douloureusement à m’envahir mais à laquelle je m’opposais fermement.
Juste ce soir, faire taire mes tourments... le laisser m'apaiser, me faire oublier ma différence et la place qui était la mienne... chasser de mon esprit le maître de ces leiux...
Etre normale, être l'une de ces filles, goûter à ce que je m'étais toujours interdis...

Mais je ne pouvais faire ça ! Je n’en avais pas le droit !
Il fallait dire non pas rester bêtement là, subissant passivement les caresses de cet étranger séduisant qui avait le pouvoir incongru de me mettre en émoi.

J’avais si peur… et s’il avait tenté de me rassurer cela n’avait pas véritablement fonctionné.
Mais c’était tellement différent de ce à quoi j’avais l’habitude…
Heihachi violait mon corps, lui me donnait l’impression de violer mon âme.
Je me ressemblais si peu soudain, moi si imperturbable, moi si traumatisée par les hommes, si prompte à me sauver et à m’éloigner d’eux…

Le gifler ? J’en avais envie, histoire de nous tirer mutuellement de ce mauvais pas, me remettre les idées en place et sortir de cette transe infernale qui m’empêcher de me débattre comme j’aurais du le faire et comme je l’aurais fais sans hésiter en d’autres circonstances… en compagnie différente…

Ce jeune homme…
Je me sentais si faible, si petite, ainsi maintenu près de lui.
C’était dangereux, mais je ne pouvais combattre toutefois je ne pouvais me résigner à le laisser s’amuser ainsi avec moi !
C’était indigne !
Moi, je ne voulais pas jouer !
Moi, je ne jouais jamais…

Malgré ces belles résolutions, je ne fis strictement rien en sentant ses lèvres heurter les miennes à nouveaux.
Son baiser à la fois délicat et sensuel eut définitivement raison moi, faisant voler en éclat cette animosité que je tentais de diriger contre lui afin de m’en préserver moi-même.

De la langue, il entama donc une lente exploration, et je m’aperçus, horrifiée, que je ne faisais rien pour mettre fin à cette union torride, bien au contraire je m’étais collée un peu plus à lui comme poussée par un instinct séculaire et je me sentis même y répondre, même si ma fougue restait toute relative.
Déchirée par de perfides hésitations d’abord, je sentis ma petite langue rose se tendre naturellement à la rencontre de la sienne, me laissant peu à peu aller à plus spontanéité et d’ingénuité.

Sa bouche était plus tendre encore que la premières fois, plus ardente aussi et elle provoquait en moi des émotions affolantes…
J’étais entièrement sous le charme de cette exploration sensuelle, qui me faisait trembler de plaisir.
La délicatesse dont il faisait preuve cette fois en disait long sur le contrôle qu’il exerçait sur ses émotions et sur ses nombreuses aventures sexuelles.
Mais moi qui n’avais pas ce savoir-faire, étais tout entièrement tendue vers lui.
Mes jambes ne me portaient plus, et seules ses mains me maintenaient désormais debout.

Cette pensée, qui aurait du réfréner mes ardeurs, ne le fit qu’à moitié, totalement incapable de me concentrer sur quelque chose qui tenait à la réalité, transportée que j’étais dans un monde où les éléments se déchaînaient sans que je ne puisse rien y faire, impuissance face à l’expérience de mon partenaire.

On disait de lui qu’il était un tombeur, qu’il multipliait les relations, les aventures sans lendemain et cela aurait du m’alerter et ça l’aurait certainement fait si nous n’étions pas ainsi lié…
Peu m’importait les rumeurs, ce qui comptait c’était ce moment d’une intensité telle que je n’en avais jamais connu et qui me transportait bien loin de ce sombre couloir, dans un univers lumineux et terriblement déroutant.

C’est alors, qu’un contact m’arracha un nouveau frisson et ma main, toujours apposé contre son torse seule et ridicule petite barrière restante entre nos deux corps, se crispa quelque peu, tandis que mes ongles s’enfonçaient doucement dans sa peau, suffisamment pour qu’il le ressente mais pas assez pour que ça en soit douloureux…
Ses doigts, aussi effrontés que leur propriétaire, se mirent à remonter le long de ma cuisse avec une lascivité voluptueuse dont l’effet du se ressentir au travers du baiser qui nous unissait encore, profond, interminable et infiniment délectable…

Je sentais confusément une douce folie s’emparer de nos deux êtres.
Je ne savais plus où j’étais…
Je n’entendais que nos souffles brûlants et essoufflés, je ne sentais que ses lèvres et sa main qui remontait progressivement le tissus de cette chemise de nuit qui me protégeait encore de ses yeux impatients, je ne voyais rien, les yeux fermés pour savourer pleinement cet instant, pour oublier tout ce qui entourait ce baiser, pour oublier notre réalité, nos statuts respectifs, son sang…
Tout cela, effacé !

Mais brutalement, il s’aventura trop loin, trop haut, trop près du centre de ma féminité, et je rouvris brutalement les paupières, mettant brutalement terme à ce baiser.
Décidemment…
Raidit contre lui, mes vieilles terreurs reprirent le dessus et je prononçais dans un souffle :


« - Iee… »


Mon ton, à demi-implorant, mes yeux fuyants les siens, et cette panique palpable…
C’était clair.
Nous avions était trop loin.
Du moins plus loin que je ne pouvais le supporter, pour l’heure.
J’étais novice en ce domaine et je me sentais brusquée.
Tétanisé, je ne me rendis même pas compte que je venais de trahir définitivement mon secret.
J’avais parlé…
Mais ça n’avait pas d’importance, pas après ce qu’il venait de ce passer…
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Kazuo Mishima

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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Mar 11 Mar - 23:26

Tout était en train de m’échapper…
C’était tellement… comment dire… inhabituel.
D’ordinaire je menais toujours tout à ma baguette, et s’il était bien une qualité dont je pouvais me vanter de posséder, c’était celle là…

En effet, j’avais la main mise sur les choses.
Je me levais quand je le voulais…
J’allais en cours quand je le décidais…
Je dirigeais même les gens à ma guise…
Non, rien n’était hors de contrôle pour moi.

Je pouvais avoir une emprise sur tout…
Pour les gens, c’était là le plus facile.
Je jouais la désinvolture, je ne m’intéressais jamais à eux, et vivais totalement à part de leur monde…
Pendant ce temps, ces idiots me regardaient, s’imaginaient des choses sur moi et… commençaient à m’envier ou à me désirer.
Oui, les garçons m’enviaient en général, alors que le désir était pour les filles.

Avec le temps, nombre de rumeurs toutes plus incroyables les unes que les autres circulaient à mon sujet, inspirant le respect ou même la crainte chez les autres à mon égard.
De ce fait, lorsque je demandais une personne en particulier… pour n’importe quoi hein… et bien elle accourait, contente de se rapprocher de ce mystérieux garçon à la chevelure noire… moi quoi.

Pour tout et n’importe quoi, je faisais appel à des gens aussi vite que je m’en débarrassais…
Beaucoup de filles pour le sexe, d’autres personnes pour qu’elles me donnent quelque chose…
Il y avait aussi un type, considéré comme drôle, à qui j’avais demandé de me divertir… mais je m’étais lassé de cet idiot à une vitesse folle…
Son humour était tellement mauvais… le pauvre…

Ah, et bien sûr, il reste mon préféré, le cassage de couple.
Une fois, j’étais arrivé devant une fille et son petit copain qui s’embrassaient, j’ai dit à la fille que je la voulais dans mon lit… et elle a accepté…
Pauvre petit ami malheureux…
Sa copine, elle, n’avait rien de malheureux… enfin, jusqu’à ce que je me lasse d’elle.
D’accord, j’en avais bien profité, et avais ruiné l’union de deux personnes… et alors ?

Ce gars m’en voulait je crois…
Quel idiot !
Je lui avais rendu service !
Si elle était prête à l’abandonner aussi facilement, elle ne devait pas vraiment l’aimer…
D’ailleurs une fille qui est capable de faire un strip-tease devant quelqu’un qu’elle connaît depuis trois minutes ne doit connaître ni le sens du mot « amour », ni celui du terme « amour-propre »…
Mais tout ceci n’a pas grand intérêt, si ?

D’accord, la fille était canon quand même, mais d’un intérêt inexistant…
Je n’avais jamais été croyant, même si j’avais été forcé de pratiquer…
Mais si Dieu existait réellement, il était clair que c’était un mec.
S’il créait les femmes si sexy, et avec si peu d’esprit, il était fatalement de sexe masculin.
Honnêtement, les femmes seraient-elles assez bêtes pour se créer avec un corps de rêve et une cervelle minuscule ?

Question idiote en prenant en compte l’intelligence de celles-ci…

Bref, je ne croyais pas en l’existence de Dieu, et alors ces histoires de Jésus le divin et toutes ces conneries…
Ce qui me dérangeait, c’était que des gens y croient encore…
Non mais ils se renseignaient pas ou quoi ?!
Affolant…

L’histoire nous avait apprit que Jésus n’était qu’un idiot comme les autres, un simple mortel stupide, et que le christianisme était une nullité absolue, un truc qui avait vu le jour comme ça, et que le Roi de Rome avait décidé de mettre en avant pour réunifier son peuple en guerre… pour des religions… plus anciennes… et donc plus plausibles…
Et, et on savait aussi que c’était le Concile de Nicée qui avait donné à Jésus une divinité, au terme d’un vote très serré…

Ajoutez à ça l’Eglise qui garde de puissants secrets depuis des siècles, avec le Prieuré et toutes ces sociétés secrètes démentielles…
Cette Eglise… elle manipulait les gens, les façonnait à sa guise…
En vérité, l’Eglise ne représentait guère plus à mes yeux qu’une secte…
C’était une secte, point final.

Une secte, on y trouve un gourou, qui inculque des mensonges, une façon de pensée qui lui est propre à d’autres individus.
C’est exactement ce que faisait l’Eglise avec le Pape…
Un homme pour gouverner cette bande d’incapables… de brebis égarées…
Laissez-moi rire…
Des guignols je vous jure…

Bref, Dieu et toute sa clique de bonhommes qui le priaient matins et soirs, ce n’était pas pour moi…
D’ailleurs, je trouvais ça amusant…
Pendant une guerre par exemple… on voyait les soldats prier… dans chaque camp…
Mais il ne pourra pas sauver vos deux peuples, bande de crétins !
Et puis, votre Dieu était-il pour la guerre ?
Votre Dieu vous envoyait-il lui-même au combat ?
Non…
Pourtant, toutes les guerres étaient menées en leur nom…

Si on reprenait l’histoire du monde, combien de guerres auraient été évitées sans religion…
Le problème venait toujours de là…
Les religions…
Des idiots bibliques qui avaient écrits n’importe quoi dans le passé, et que l’on réutilisait comme « parole d’Evangile »…

Mais tirons un trait sur ses pensées, car je m’éloigne un peu… beaucoup, du sujet initial…
Un sujet nettement plus alléchant que tous les autres d’ailleurs…
Ryûna…

La jeune bonne ( ;-P ) était toujours dans mes bras, délicieusement serrée contre moi, et je ressentais sans mal son émoi…
Elle n’était pas habituée à ça, c’était plus qu’évident…
Et à vrai dire… bien que je sois passé expert en la matière, je reconnais que… je ne maîtrisais plus ce qui se passait…
C’était… si spécial…

D’habitude, je ne… je ne me sentais pas comme ça…
Je ne ressentais pas ç… je ne ressentais rien de similaire…
Je ne ressentais même rien…

Je m’amusais beaucoup avec les gens…
J’étais certainement quelqu’un d’ignoble…
Un monstre même aux yeux de certains…
Mais tout était si simple d’ordinaire…
Je m’amusais, prenais du plaisir à… jouer avec les gens, mais je contrôlais normalement !

Là…
Mes mouvements venaient instinctivement… sans que je le décide vraiment…
C’était nouveau…
Et c’était terriblement enivrant…
J’étais incapable de m’arrêter, et nous nous trouvions désormais dans une position bien délicate.

Je sentis alors ses ongles s’enfoncer légèrement dans ma chair, ce qui eut pour effet de donner plus d’intensité au baiser que je lui offrais, comme poussé par cette sensation, à la limite de la souffrance…
Elle frissonnait sous mes doigts, et cela me procurait un tel sentiment…
J’avais une emprise total sur elle…
Encore une réminiscence sauvage…
Sentir que l’on possède une telle domination sur un être… c’est si spécial… si grisant…
Savoir qu’en cet instant, Yûna n’appartenait qu’à moi…
C’était troublant.

La servante répondit à mon baiser, tendant sa langue à la mienne, et s’offrant à moi sans la moindre retenue…
C’en était presque touchant…
Totalement inexpérimentée, et visiblement bouleversée, elle mettait toutefois du cœur à l’ouvrage, comme poussée par une force supérieure…
Elle ne me repoussait pas…
La servante se rapprocha même, s’appuyant un peu plus encore contre moi…

Je sentais son corps contre le mien… si chaud…
Ses formes parfaites pressées contre moi…
Sans oublier la folie qui semblait nous guider…
Mon excitation en était très grande… comme incapable de se stopper…

Mais c’est à cet instant, à ce moment précis, alors que je ne répondais plus de rien, que la demoiselle réussit à trouver un brin de lucidité, suffisamment pour mettre un terme à notre idylle nocturne.

Elle ouvrit grand les yeux, mit fin à notre baiser, tandis que son corps devenant soudain raide…
Elle était… crispée…
Son attitude me rappela cruellement à la réalité.



« - Iee… »


Je plongeais mes yeux dans les siens, remarquant l’étendue de son émoi…
C’était… étrangement touchant… trop touchant…
Ma main sur sa jambe s’immobilisa, alors que je me noyais dans la mer infinie de ses yeux, si merveilleusement expressifs…
Elle… elle n’était pas prête…
Et bien que dans un état d’excitation et de folie assez prononcé…
Non… je n’abusais pas des femmes…
Je ne forçais pas les femmes à se soumettre à moi…
Mais au-delà de ça… j… j’en étais incapable là…

Je regardais la jeune fille dans les yeux et…
J’étais comme… prisonnier…
Comment cette fille… cette simple servante… pouvait-elle me mettre dans un tel état ?!
C’était illogique… anormal !
Mais que se passait-il ici ?!

Sur le coup, je n’avais même pas fait attention… elle avait parlé…
Elle n’était pas muette…
Non, envoûté par ses yeux, et à demi bouleversé, je n’y avais pas fait attention…
Mais ça me revient d’un coup en tête… elle parlait…
Pourtant à cet instant… ce n’était pas ce qui me tourmentait le plus…

Ce qui occupait mon esprit, c’était…
Cette emprise…
Cette force qu’elle avait sur moi…
Elle me troublait… beaucoup trop…
Moi qui faisais tant… qui avais fait tant, pour éviter qu’un cas pareil arrive…
Là, je n’arrivais pas à me barricader…

Je regardai la jeune fille avec un simple sourire, bien que légèrement chamboulé.
Je desserrais ensuite lentement mon étreinte sur son dos, lui permettant plus de liberté.


« - Tu as raison, ça suffit pour l’instant ! » repris-je en feignant un air supérieur.


Finalement, je ramenais mes bras à moi, la laissant complètement libre désormais.
Je tentais de retrouver mes esprits, alors que j’affichais une sérénité et un calme hautain totalement feints, afin de ne pas lui montrer mon trouble, trop grand à mon goût.

Sans comprendre ce que je faisais, et certainement déçu d’avoir quitté son corps trop tôt, je la soulevais soudain, afin de la porter dans mes bras.
Une main sous ses jambes et une autre dans son dos, je la soutenais et la maintenais en l’air… qu’elle le veuille ou non.
Je lui fis un petit sourire charmeur, suivi d’une mine exagérément classe.


« - Ce ne serait pas gentlemen de m’enfuir sans te raccompagner Yûna, alors allons-y. » lâchais-je, en soupirant à moitié.


Je me mis donc en route avec la demoiselle dans mes bras, ne sachant absolument pas où se trouvait sa chambre, et avançant complètement au hasard, me rapprochant sans le savoir, du cagibi qui lui servait de couchette.
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Ryûna Metherlence

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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Mer 12 Mar - 18:37

Je l’avais repoussé et, bien loin d’en être soulagée je me sentis horriblement mal…
Pourtant, je savais pertinemment que c’était le mieux à faire, que j’avais fais le bon choix.
Cependant… n’en serait-il pas vexé ?
Non, je… qu’est-ce que ça changeait pour moi, au fond ?

Tout ça, cette esquisse de romance, c’était… ça n’en était pas vraiment une, pas vrai ?
Je ne cessais de me répéter qu’il ne s’agissait que d’un flirt comme il en existait beaucoup.
Inutile de se mettre dans tous ses états pour si peu, non ?
Non, bien sûr, ce n’était pas « peu » à mes yeux et ce bien malgré moi, croyez moi.
Ça aurait été bien plus simple, bien plus agréable de faire partie de ces filles faciles qui charment tout un tas d’homme et s’en amusent…
Moi je ne savais pas m’amuser, on ne me l’avait jamais appris…
J’aurais probablement pris plus de plaisir à cette rencontre si tel avait été le cas et ainsi, je n’aurais pas été aussi troublée, aussi vulnérable et mon cœur se serait barricadé à l’avance…

Mon cœur… Je… J’avais déjà tellement peur pour lui, présentant d’ores et déjà qu’il ne ressortirait pas indemne de cette situation.
J’étais tellement faible encore, tellement idéaliste.
Innocent le centre de mes émotions, prêt à exploser au contact du jeune homme, avait trop de faille et risquait de se briser à la moindre incartade, je ne le avais que trop bien mais n’avais pas étudié comment le protéger.
Il ne saurait résister à la tempête qui se devinait comme il n’avait pas su résister au cyclone dévastateur qui lui avait laissé la parole et tout le loisir de s’exprimer, contraignant ma raison au silence.

Mon corps savait se défendre, il endurait beaucoup, mon orgueil aussi… mais mon cœur était tout neuf, tout ignorant des caprices sentimentaux… et je devinais que la suite des événements n’allait pas lui être favorable.
Appelez ça une intuition.

La boule qui me brûlait la gorge s’intensifia encore.
Pourquoi fallait-il sans cesse souffrir ?
J’étais à l’origine de mon propre malheur sans doute mais… je ne pouvais plus tolérer la progression fulgurante de cette inexplicable relation.

Trop trivial, trop physique… Je ne voulais pas de ça !
Je ne tomberai pas dans un tel piège !
J’étais différente des êtres comme Heihachi ou même comme… Kazuo, apparemment…
J’attendais autre chose de la vie et je me devais de résister à mes pulsions bestiales.
Mes idéaux ne passaient pas par là… L’amour ne passait pas par là !
Pour ma part, je ne voulais pas d’une amourette de passage et j’avais enfreins suffisamment de mes principes pour cette nuit.

Ce garçon avait eu une partie de ce qu’il voulait et j’aurais peut-être du l’en féliciter.
N’importe qui n’aurait pas pu me pousser à un tel état de folie, à cette perte de contrôle à laquelle on ne me reprendrait plus.
Il s’était montré terriblement tendre et d’une délicatesse que je ne soupçonnais pas chez les hommes…

Cela expliquait certainement mon comportement car enfin, rares étaient les gens qui m’avaient apporté autant d’attention, de douceur…
Oui, d’accord, mais je reconnaissais à regret que ce n’était pas tout.
Il y avait quelque chose chez lui qui m’avait attiré ce soir, la même chose qui m’avait exaspéré trois jours plus tôt mais que je ne pouvais définir.

J’étais sans doute trop réceptive, réclamant et prenant ce que les autres avaient à m’offrir sans me poser de questions…
Cette fois, il m’avait donné cette sensualité, cette impression inconnue d’être « femme »… d’être unique… de n’être pas qu’un corps comme tendaient à me le faire croire les propos et les actions de mon maître… et il y avait aussi ces sensations exaltantes…
La Terre avait cessé de tourner, retenant sa respiration le temps de ce baiser et me catapultant sur des sommets inespérés…
Alors oui, je dois dire que je n’avais jamais plus appréciée un « don » que celui-ci…

Je ne me souvenais pas d’ailleurs de m’être senti aussi bien l’espace de quelques secondes qu’avec lui depuis mon arrivée au manoir… non, cela remontait à plus loin que cela…
C’était peut-être même bien la première fois qu’une telle plénitude, une telle… fusion avec l’autre autant qu’avec moi-même… s’emparait de moi et me grisait comme cela, au poing de m’abandonner complètement, de chasser momentanément ma méfiance coutumière, de baisser les armes et de faire une pause… la paix avec le monde…
Un ressentit bien insolite et sûrement disproportionné mais que j’appréciais à sa juste valeur, baignant avec plaisir dans ce souvenir.

Mais pour l’heure, je ne pensais qu’à ce corps toujours trop près, toujours galvanisant.
J’en aurais pleuré de frustration.
Avoir sous les yeux, à moins d’un mètre de vous, « l’objet de votre convoitise », et vous interdire néanmoins de tendre la main… Voilà, une réalité aussi cynique que cruelle.

J’avais cette envie irrésistible de me pelotonner contre ce torse solide, et supplier son propriétaire de ne plus me lâcher, de m’emporter loin d’ici et de son père, afin que cet instant ne soit pas une trêve mais une vérité omniprésente.
Je ne voulais pas que ça s’arrête, je ne voulais pas que la réalité m’éclate en pleine face comme elle savait si bien le faire.

Baka… Il se fichait de mes problèmes et de mes rêves, à n’en pas douter.
Après tout quel fils de riches pouvait bien se soucier d’une esclave ?!
J’étais en train d’oublier ce que j’étais, qui j’étais… et ce n’étais pas bon signe, redescendre sur cette impitoyable planète n’en, serait que plus douloureux.

Au fond je voulais planer encore, au dessus de tout, avec lui… et je l’aurais fais si ses intentions ne m’avaient pas semblé si explicites… et je l’aurais fais si je n’avais pas eu ce vécu à mon actif…
Je me serais laissé aller à croire que l’amour était un conte de fée et j’aurais peut-être tenté de le vivre avec cet inconnu…
J’aurais fais comme les autres, j’aurais tenté l’expérience…

Quoi qu’il en soit, il avait joué mais c’était moi qui avais perdue, de toute évidence.
Pourtant, j’avais vraiment l’impression qu’il se passait quelque chose entre nous, du moins en moi… mais j’espérais encore sincèrement, et sottement sans doute, que c’était réciproque.
Quelle idiote utopiste je faisais !
Après tout qu’en savais-je moi ? Je ne connaissais rien sur le sujet.
Peut-être était-ce monnaie courante chez eux d’embrasser les filles de cette façon si… désarçonnante, si… intime… qui aurait fais capituler n’importe quel chez de guerre, même le plus coriace.
J’étais donc très mauvais juge en matière de relation.

Si seulement, il s’était arrêté à un baiser… j’aurais sans doute pu préserver un peu de mes brèves illusions.
J’avais perdue la tête, du moins il avait fait en sorte que ce soit le cas.
Mais désormais, reprenant mon souffle et remettant mes idées en place, je ne pouvais que constater avec une froideur douloureuse ce que je venais de faire sans en prendre vraiment conscience.
L’embrasser oui, mais ce n’était pas tout, j’allais devoir en assumer les conséquences et je doutais qu’il se montre aussi avenant maintenant que je lui avais imposé des limites.

Les enfants gâtés étaient toujours ainsi et je présageais fortement qu’il ne faisait pas exception au vu du peu que je savais de lui.
Ils sont gentils et mielleux pour avoir ce qu’il souhaite et deviennent implacables, féroces, lorsqu’ils réalisent qu’ils ne peuvent l’obtenir.
Enfin si, bien sûr, il pouvait avoir mon corps comme le faisait son géniteur mais certes pas aussi facilement qu’il m’avait volé ce baiser.

Enfin « volé » était un bien grand mot.
Le propriétaire de cette noble demeure dérobait lui, Kazuo était plus perfide en un sens puisqu’il s’arrangeait pour l’obtenir, le gagner de la personne.
Personne, en l’occurrence moi, qui ne pouvait que regretter.
Mais est-ce que j’avais vraiment des remords ?
N’aurais-je pas recommencé si on m’en avait garantit l’occasion ?
En toute honnêteté, je l’ignorais.

Quelques minutes de bonheur étaient certainement un lourd tribut en vus des résultats inévitables qu’elles allaient entrainer.
Je n’étais pas sûre d’être prête à en payer le prix toutefois, elles risquaient de devenir précieuses, peut-être même salvatrices…

J’étais là, enchaînée vingt quatre heures sur vingt quatre à cet homme odieux, profiteur et malsain, alors vous pouvez imaginer combien je me raccrochais à la moindre petite lumière, la moindre parcelle d’espoir.
J’étais encore capable d’éprouver encore des choses fantastiques et, peu importe de quelle manière, mais j’étais encore capable d’être vaguement sereine, légèrement heureuse.
C’était soulageant…
A vrai dire, j’en étais venue à redouter d’être dorénavant dans l’impuissance de ressentir de telles émotions après tout ce qui m’était arrivé…

Je désapprouvais cependant son geste, au même titre que le mien.
Deux fois…
Je ne pouvais plus me trouver d’excuses, ni même mettre ça sur le compte de la surprise.
J’étais avertie et j’avais pris le risque sans pourtant en véritablement connaître la nature.
C’était entièrement ma faute… ou disons plutôt qu’elle était partagée désormais.
Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi.
J’étais juste trop stupide, trop naïve.

Je ne connaissais rien de lui !
Il se prénommait Kazuo Mishima, il avait une sœur, une cousine et un père.
Sa mère était morte avant mon arrivé.
Il avait un an de plus que moi, si ma mémoire était bonne.
Mais à part ces détails impersonnels, je ne pouvais pas me vanter de savoir quoi que ce soit de plus qu’un autre.
Ah si, je savais qu’il embrassait remarquablement bien, mais cela ne comptait pas tellement, si ?

D’ordinaire, on apprend à se connaître puis on s’embrasse.
Moi, je faisais tout à l’envers, si tant est qu’il comptait se présenter vraiment à mes yeux de servantes.
Pourquoi, ciel, fallait-il toujours que ce soit si compliqué avec moi ?
Si encore nous étions du même sang !
Je n’entends pas par là, frère et sœur, entendons-nous bien, simplement… si notre rang avait été équivalent, peut-être aurions-nous pu réviser la chose mais… en aurait-il seulement eu envie ?
Est-ce que ce qu’il s’était passé avait un tant soit peu de valeur pour lui ?

J’avais donc parlé, à contre cœur, pour mettre un terme à tout ça, à l’emportement qui agitait nos deux êtres.
Mais le résultat me déstabilisa plus encore.
En effet, il plongea ses prunelles dans les miennes, cherchant sans doute des réponses à ces questions, cherchant certainement à comprendre la raison de mon refus.

Je me remis à trembler, ne pouvant contrôler ce corps qui se tendait instinctivement vers celui du jeune homme.
Il fallait que cela cesse de n’importe quelle façon !
Sinon, je ne répondais plus de rien.

Heureusement cette prière muette atteint sa destination puisque lentement, il desserra son étreinte, perdant ainsi l’emprise qu’il avait sur moi.
Je frissonnai…
L’air ambiant, pourtant excessivement chaud, presque irrespirable, me parut glacial loin de ce corps bouillant.
J’eu brutalement envie de revenir contre lui mais sa voix retentit, bridant ce désir inconscient.



« - Tu as raison, ça suffit pour l’instant ! »


Dernière édition par Ryûna Metherlence le Mer 12 Mar - 18:56, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   Mer 12 Mar - 18:41

Mes yeux plantés dans les siens furent les premiers à réagir, avant même que le sens de ses mots ne se fraye un chemin dans mon esprit.
Son regard me fit l’effet d’un violent coup de poing dans l’estomac, me tirant définitivement de ce qu’il restait de torpeur tandis que je m’écrasai lamentablement contre cette dure réalité de supériorité.

Son expression souriante et quelque peu troublée retrouva son impassibilité mais ce ne fut pas tout.
Cette neutralité coutumière s’accompagna d’une mine condescendante que je redoutais tant.
Pourquoi ?! Pourquoi fallait-il qu’il me fixe ainsi !
Tout mais pas ça !

J’aurais dix fois mieux supporté sa colère que son mépris !
Et pourtant, loin de se fâcher, il semblait d’un calme olympien que je lui enviai brièvement.
Moi, je ne savais pas faire preuve d’un tel détachement.
J’étais là, m’appuyant sur le mur pour ne pas chanceler misérablement, maintenant qu’il avait ôté ses mains et m’avait rendu une totale liberté qui me paraissait atrocement amer.
Pantelante, je le dévisageais sans pouvoir y croire.

Son air hautain, cet imperceptible sourire nuancé d’ironie…
Un tableau insupportable mais qui me fit aussitôt penser au monstre qui lui avait donné la vie alors que leurs images se superposaient.
Mon Dieu qu’avais-je fais ?!
J’avais embrassé ce garçon et à présent j’avais la furieuse envie de lui faire ravaler son arrogance et de gifler son charmant petit minois qui me semblait plus narquois qu’il ne l’était vraiment.
Il avait tout pouvoir sur moi et ce fut la seule chose qui empêcha ma main de s’abattra sur cette joues railleuse.
Comme je me maudissais ! Comme je le détestais !

C’était… étonnant…
Le terme n’est sans doute pas adapté mais je n’en vois guère de meilleur.
Il venait de prouver qu’il savait générer en moi des sentiments totalement opposés… tellement d’ailleurs que ça semblait impensable.
Deux secondes plus tôt, j’étais prête à me convaincre que c’était quelqu’un de bien, qu’il n’allait pas me dénoncer et qu’il s’était retiré sans rien me demander, répondant docilement à mes exigences, me respectant en quelque sorte…
Et là, j’étais furibonde et le détestait au moins autant que je me haïssais moi-même.
Il n’avait pas fais ça par bonté d’âme, non, bien entendu !
C’était juste un moyen comme un autre de m’humilier d’avantage…

« Bon tu m’as bien diverti, c’était sympa. Faudra remettre ça. Bye bye »
Il aurait dit cela que ça ne m’aurait pas parut plus clair.
Je me sentais honteuse, plongée dans un désarroi douloureux.
J’aurais tant souhaité pouvoir afficher sur mon visage crispé et bouleversé le même ressentit indifférent que lui !

Ça suffit pour l’instant ! Et puis quoi encore !
Croyait-il vraiment que je comptais renouveler l’expérience ?
Et même si j’en avais eu l’intention, ses iris venaient de m’en dissuader totalement !
Voulait-il faire de moi son jouet ?!
Je n’étais pas à sa disposition !
Déjà son père avait la priorité et j’allais m’atteler à l’éviter avec plus de ferveur qu’à l’accoutumée.
Ce qui risquait d’être compliqué en vivant au même endroit, nos chambres à quelques mètres seulement l’unes de l’autres et lui étant destiné à resté encore trois mois ici.

C’est alors qu’il fit un mouvement dans ma direction et c’est le corps raidit à l’extrême que je sentis son bras glisser en dessous de mes jambes puis me renverser avant de me soulever dans les airs.
Comme si ce n’était pas suffisamment pénible, suffisamment embarrassant, comme si ma fierté ne s’était pas pris une raclée suffisante, il fallait que Môsieur, fasse son intéressant et me porte de la sorte.

On se serait cru dans l’un de ces films hollywoodiens, où le jeune marié soulève la mariée dans ses bras pour la mener à la chambre.
A la différence près que nous n’étions pas mariés, pas même fiancés…
D’ailleurs nous n’étions rien du tout, juste des étrangers…
Enfin ce n’était pas toute à fait vrai puisqu’accessoirement, j’étais sa servante mais c’était du pareil au même.
Nous ne nous étions même jamais parlé mais ce qui aurait du m’affliger, me réconforta.
Tant mieux, j’avais au moins évité de discuter avec un être tel que lui, qui faisait miroiter la lune à une jeune innocente avant de la pousser dans l’ombre et de se retirer en la laissant là…

Bref, il donnait l’impression de vouloir se faire passer pour un gentleman.
Et bien c’était raté, pour le coup !
Il ne passait que pour un rustre ou un goujat, au choix.

Et… je me morigénai avec virulence.
Le contact de ses doigts dans mon dos, me faisait imperceptiblement tressaillir à chacun de leurs mouvements même les plus infimes.
Comme j’aurais voulu passer ma rage sur lui, tambouriner des poings contre se torse dénudé et lui faire ressentir l’étendue de ma détresse.

J’avais peur et ses prunelles venaient de me blesser profondément.
C’était idiot, j’en avais conscience.
Nous ne nous connaissions pas et ce baiser ne signifiait rien pour lui.
Alors à quoi bon se tourmenter, ainsi ?
Je n’avais pourtant pour lui qu’une aversion prononcée et ce qui pouvait s’apparenter à une attirance naïve que j’aurais tôt fais d’effacer… Alors quoi ?!



« - Ce ne serait pas gentlemen de m’enfuir sans te raccompagner Yûna, alors allons-y. »Soupira-t-il alors.


« Il ne faut pas vous donner cette peine Mishima-sama ! Je sais encore marcher sans votre aide ! »
Si mon tempérament avait été plus fougueux je l’aurais certainement remit à sa place.
J’en aurais trépigné de frustration… d’indignation même.
Pour qui se prenait-il ?! Et surtout, surtout, pour qui me prenait-il ?!
Néanmoins ma rancœur fit soudain place à l’incompréhension.

Etait-il lunatique à ce point ?
Pourquoi agissait-il ainsi ?
Etait-ce possible de changer ainsi en moins d’une minute ?
Ce revirement… est-ce que j’en étais responsable ?
Avais-je fais quelque chose de mal ?
Je n’avais pas désiré l’envoyer balader non, j’avais juste cherché à tempérer ses ardeurs, mais…

Non, non et non !
Pourquoi devais-je me sentir coupable de tout ?!
Je n’avais rien demandé de lui moi !
Je… pourtant je regrettais que les choses aient tournés ainsi…
Est-ce que j’avais tout gâché encore une fois ?
Mais est-ce que ça aurait pu s’achever différemment ?
Cette histoire était destinée à finir, ainsi, je suppose.

Je levai les yeux vers lui admirant involontairement la courbe de sa mâchoire.
Je du retenir à grande peine mes doigts effrontés soudain qui aspiraient à venir la retracer, à redessiner ses traits fins et délicats… presque parfaits… ce qu’il savait forcément…
Je n’étais pas dans mon état normal ! Il était temps que ça s’arrête !
Retourner dans ma chambre, aussi détestable et inconfortable soit-elle, allait être un soulagement sans borne quoique dénué de satisfaction.

Mon regard, sans que je ne le voulu, reflétait toute l’intensité de mon incrédulité, de mon étrange mélancolie et de ma désolation.
Il en devenait presque suppliant…

Les bras le long de mon corps, je n’osais pas remuer, de peur de le toucher malencontreusement.
Timidement, je lui jetais de bref coup d’œil absolument pas discret mais que voulez vous.
Ma bouche s’ouvrait puis se refermait bêtement, ne sachant pas quoi dire.
Qu’il avait-il à ajouter de toute manière ?
Son comportement était suffisamment explicite.

En outre, inutile d’en rajouter.
Je venais de lever le voile sur la supercherie que j’avais entretenue toutes ces années au travers de ce « Iee » irréfléchi, je n’allais pas commencer à me lancer dans de long discours…
Et puis, je crois que j’avais pris l’habitude de toujours me taire, quoi qu’il arrive.

Restait à savoir si lui saurait tenir sa langue.
Mais bon, qu’est-ce qui aurait bien pu l’y forcé ?
Je n’allais pas le faire chanter, déjà parce que je n’avais rien pour le faire… sinon je m’y serais peut-être essayé.
Je n’avais absolument aucune emprise sur lui, moi…
Il ne pouvait pas comprendre l’intérêt que j’avais à être prise pour muette et même pour moi, il était difficile d’exposer précisément les motifs qui me poussaient à mentir.
Si son géniteur le découvrait, qui sait comment il réagirait !

Oh pourquoi fallait-il que son fils viennent tout chambouler !
Il aurait mieux fait de rester en pension, j’étais plus tranquille et…

Mon regard se fit soudain plus dur.
Je lui en voulais, c’était évident et mon ressentiment devait être palpable.
Poussant un inaudible soupir, je me décidais alors à fermer les yeux.
Je me sentais si lasse… J’avais envie de dormir et d’oublier tout ça, toutes ses questions effrayantes et sans réponses…

Le garçon avançait sans se presser vers mon « refuge » qui n’en était pas tellement un.
Soit il avait de l’instinct soit il savait où je dormais.
Quant au rythme de ses pas, la serviette qui entourée son bassin était sans doute à l’origine de ce manque de vitesse.
Mieux valait ne pas être trop rapide au risque de voir chuter ce qui cachait encore le point culminant de sa virilité.

De plus, j’étais menue mais il allait finir par me trouver lourde et à ses pensées, les yeux toujours clos, je me sentis m’empourprer violement, une chaleur insoutenable inondant bientôt mon visage.
Cette proximité était horriblement complexe pour moi, d’ailleurs je m’étais remise à trembler.
Ça allait devenir une habitude aussi ça décidemment…

J’étais gênée et un « gomene’ » me brûlait les lèvres tant et si bien qu’il m’échappa, d’une voix si basse que je n’étais pas certaine de l’avoir entendu moi-même ou de l’avoir simplement pensé très fort.
Désolée de quoi ? De cette situation, de mon malaise, de sa transformation radicale, de ce qui s’était passé entre nous…
Pourtant c’était à lui d’être navré, non ?!

Mon comportement était plutôt paradoxal non ?
Je l’avais à demi-foudroyé du regard et voilà maintenant que je m’excusais.
Même pour moi, c’était à ni rien comprendre.
Je savais juste que ce mot n’était pas adressé à lui seul, peut-être même plus à moi.
Et c’était probablement une question de soumission mêlée à cette mauvaise manie de me reprocher tout sans cesse et de m’excuser pour un oui ou pour un non, même lorsque je n’étais pas forcément coupable.

Les yeux obstinément fermés, je sentis ma rougeur s’amplifiait et même s’étendre.
Je m’interdisais de l’observer et lorsque j’écartai les paupières je constatai, non sans surprise qu’il venait de passer à côté du cagibi, qu’il n’avait même pas remarqué.
Je m’agitai donc, faisant mine de descendre, sans mot dire…

Je gesticulai tant et si bien que je sautai plus qu’il ne me reposait, trop ravie de lui échapper.
Je fis quelques pas en arrière, posant la main sur la poignet songeant sans amusement que ce « placard » était trop petit pour que quelqu’un de son gabarit puisse s’y mouvoir correctement et qu’il doive se pencher pour y pénétrer.
C’était… la chambre la plus près de celle d’Heihachi…
Il y avait une explication à toute chose, vous voyez… Il ne faisait jamais rien à la légère.

De nouveau mon honneur subissait sans broncher une lacération.
C’était tellement médiocre, tellement misérable au vu de la chambre luxueuse qu’il occupait…
Nous ne vivions pas dans le même monde, et ça me semblait de plus en plus apparent au fur et à mesure du temps qui s’écoulait.

Je baissais la tête, hésitant un long moment, perdue dans mes pensées, avant de faire volte face et de le dévisager franchement.
Il pouvait bien se moquer, qu’elle importance.
Je l’affrontais donc du regard, le mien étincelant d'une façon inhabituelle, le défiant étrangement de rire.

Puis constatant qu’il ne paraissait pas sur le point de le faire, je sentis les larmes me monter aux yeux et je m’empresser donc de baisser la tête afin qu’il n’en constate rien.
Je m’inclinai donc, en guise de salut et, je me sentis obligé tout en faisant cela de dire d’un ton sec « Mishima-sama ».

Ce qui aurait pu passer pour les moins avertis comme un au-revoir très comme il faut, marquait pourtant quelque chose que je doutais qu’il ait saisi.
C’était comme de lui dire : « Rien n’a changé, je suis toujours esclave mais ne comptez pas sur moi pour être plus que ça… »

Sur ceux, je fis prestement volte-face, poussais la porte et la refermais soigneusement derrière moi, pensant, un pli amer aux lèvres, que tout ça n’avait servit à rien, je n’en avais pas moins faim… j’en ressortais simplement plus affaiblis.

Je m’affalai sur mon lit, sentais des larmes rageuses se faufiler sur mes joues tandis que j’éclatais en sanglots incontrôlables dont je n’aurais su dire l’origine exacte…
J’évacuai se trop pleins de tensions, sans vraiment soucier que l’on m’entende ou non.

Qu’il aille au diable ! Lui ! Lui et… lui et ses… et sa bouche douce… exaltante… délicieuse…
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MessageSujet: Re: Secret nocture... [PV Kazuo Mishima]   

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