L'île aux esclaves

Une île sur laquelle des personnes fortunées viennent s'installer pour une vie loins du stress. Des esclaves sont importés du monde entier pour servir et même assouvir leurs désirs. Chaleur, et endroit paradisiaque vous attendent!
 
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 Repas tendu...

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Kazuo Mishima

Kazuo Mishima

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Date d'inscription : 06/03/2008

MessageSujet: Repas tendu...   Jeu 13 Mar - 17:55





Une semaine…
Déjà sept jours…
Sept longues journées s’étaient écoulées depuis ma rencontre nocturne avec la jeune et jolie Ryûna, dans l’un des couloirs du manoir.

Cette découverte secrète ne m’avait pas épargné, de même que la servante, qui semblait m’avoir atteint un peu trop profondément…
Disons que d’ordinaire, ça restait en surface…
Des relations purement physiques…
Là, bien que le corps de la demoiselle soit des plus désirables, ça allait… plus loin… rien qu’un peu, mais déjà beaucoup trop loin…

C’était étrange…
Elle avait ce corps si parfait qui paraissait appeler les caresses, et, normalement, j’aurais profité au maximum de son corps, sans que la moindre ébauche de sentiment ne se fraye un chemin en mon esprit… sans une once d’hésitation…
Mais c’était différent cette fois…
Bien malgré moi, je commençais à ressentir quelque chose à son égard, quelque chose de plus intense qu’un simple désir bestial.

Lors de cette soirée… cette nuit…
Tout avait été si… si spécial…
Elle était si désirable et… lui résister était totalement impossible.
Moi qui avais toujours les commandes, je m’étais retrouvé pris au piège de cette mante religieuse, comme sachant pertinemment le sort qui m’attendait, mais ne m’y refusant pas, subjugué par sa présence, ainsi que par la magie de ce moment…

D’accord, vous allez me trouver un peu bizarre peut-être, mais… elle était irrésistible…
Et si elle n’avait pas eu la lucidité suffisante pour nous remettre les pieds sur terre, je crois qu’on aurait été plus loin…
Peut-être… trop loin, pour son corps innocent.
Et puis, là… ? Dans un vulgaire couloir…

Non, je pense qu’elle ne méritait pas ça…
C’était idiot de penser comme ça… après tout… elle était la servante, et… je représentais un peu l’autorité ici…
Pourtant, je ne voulais pas faire ça comme ça…
Si ça devait arriver… ce dont je ne doutais pas, je voulais que ce soit un peu plus… classe tout de même.

Je sais c’est étrange…
Surtout en sachant que je l’avais fait un peu n’importe où, avec n’importe quelles filles…
Mais non, malgré cela, je voulais quelque chose de mieux pour Ryûna…
Moi romantique ?
Arrêtez de dire n’importe quoi…
Je ressentais juste un petit quelque chose pour elle, suffisamment pour ne pas la culbuter vulgairement dans un couloir comme des animaux…
Je trouvais simplement qu’elle méritait mieux…
Pas de quoi en faire tout un plat…

Mais bref…
Assez parlé de tout ça…


Ah, vous croyez que j’ai rien fait pendant une semaine ?!
Mais je l’ai cherchée partout !
Le lendemain de notre entrevue de la nuit, j’avais commencé par… faire le vide…
J’étais resté cloîtré dans ma chambre, à ressasser la nuit précédente et… ce qu’elle m’avait fait…
Pourquoi je songeais encore à elle comme ça ?!
C’était tellement anormal…

J’avais peut-être intérêt à me tenir loin d’elle, et c’est pourquoi je n’avais pas esquissé le moindre pas hors de ma chambre de toute la journée…
Elle avait un sale effet sur moi…
C’était dangereux…
Les filles… les gens plutôt, ne me faisaient jamais rien ressentir… ni compassion, ni aucun sentiment amical…
Elle… si.
Bizarrement, elle me touchait…

Mais après toute une journée à rêvasser…
Après avoir repensé à tout ceci…
A son état… toute tremblotante dans mes bras…
A son air de défi dans les yeux…
Sans oublier cette petite cavité qui lui servait de chambre…

Je m’étais senti mal, je l’avoue, de la voir entrer dans ce cagibi… pour dormir…
J’avais bien eu envie de l’emmener de force dans ma chambre, mon lit étant suffisamment grand pour nous deux…
Mais je ne pouvais pas affirmer sans mentir qu’il ne s’y passerait rien…
J’étais moi et… elle était si désirable, que c’était presque un péché de ne pas profiter de cette magnifique enveloppe charnelle…

Donc j’avais préféré essayer d’oublier…
Oublier ce ressenti…
Oublier la profondeur de son regard…
Oublier ses sanglots derrière la petite porte, et qui résonnaient encore en moi…

Mais la journée suivante ne m’avait pas donné raison…
Je l’avais encore et toujours en tête…
Je… je devais la revoir…
J’en avais envie…
Ne serait-ce que pour comprendre ce qui se passait…

Et c’est ainsi qu’une semaine durant, je m’étais mis à faire des tours et des tours du manoir…
Encore et toujours, afin de la trouver…
Mais les jours défilaient sans que je ne l’aperçoive…
Soit elle me fuyait… soit elle était constamment avec mon père, que j’évitais avec le plus grand soin.

J’espérais pour elle qu’elle me fuyait…
Une semaine collée à Heihachi, ça devait être l’enfer… ou pire…
Bref, je ne pouvais pas vraiment savoir mais…
Plus le temps passait, et plus ce jeu m’amusait…

Disons que je serais plus coriace en la retrouvant, car j’étais plutôt du genre impatient…
En général, quand je voulais quelque chose, je l’avais…
Je trouvais cette quête amusante, mais je n’allais pas lui faire de cadeau en la retrouvant…
Ça s’annonçait déjà très intéressant, avant même l’avoir retrouvée.

La semaine passa donc ainsi…
Je me promenais toute la journée dans ce stupide manoir, et ne trouvais jamais l’objet de ma convoitise…
Elle devait être l’un de ces oiseaux rares, que l’on cherche toute sa vie, pour avoir la chance de l’apercevoir une seule fois…
C’était compréhensible tant elle était magnifique et mystérieuse…

Mais bon, au bout de cette première semaine, bredouille malgré de nombreuses recherches, je perdais un peu le moral, mais ne me laissais pas abattre…
Je n’allais pas abandonner…
Je me laissais d’ailleurs trois, quatre jours, avant d’aller carrément la surprendre dans son cagibi…
Le jeu oui, mais il ne fallait pas oublier l’objectif…
Et d’un moyen ou d’un autre, je finirais par l’atteindre…
Oui, j’étais un chasseur qui finissait par attaquer la proie à la source lorsqu’il se lassait de jouer avec…

Mais aujourd’hui, quelque chose de bien plus terrible se préparait…
J’allais devoir manger avec tout le monde…
Heihachi avait réclamé tout le monde à table…
Reï, Izumi, et moi…
Obligé de me coltiner ces trois trucs là à table…
Je n’étais pas encore descendu dans la salle à manger, que je priais… enfin, toute proportion gardée… pour que le repas se termine rapidement…

Si on avait de la chance, les cuistots auraient cuisiné un truc affreux qui nous enverrait tous au lit… mais j’en doutais…

Je me préparais lentement dans ma chambre, tentant de gagner le plus de temps possible avant de rejoindre la jolie troupe de guignols qui m’attendaient en bas…
Une courte chemise noire, un jean tout aussi sombre, et les cheveux naturellement coiffés en épi, je prenais une grande respiration avant de sortir de ma chambre…

A mon rythme… d’une lenteur maladive, je me déplaçais dans les couloirs, empruntant le chemin le plus long possible pour atteindre le lieu maudit de la soirée…
Sur la route, je ne croisais personne…
Visiblement, le repas des quatre membres de la famille réunissait tous les esprits…
Remarquez, vu les exigences de Heihachi, ça ne paraissait pas bien surprenant.

Bien malgré moi, j’arrivais finalement à bon port, faisant soudain face à la lourde porte de la salle à manger…
Le terminus…
Cette fois, il n’y avait plus de raison, ni de moyen de fuir plus longtemps…
Je fermais les yeux un instants, avant de soupirer, et d’ouvrir lentement les portes…

La table était parfaitement préparée, mais… personne n’était encore installé à celle-ci…
Génial !
Je gagne plein de temps, et je suis quand même le premier idiot à arriver…
Mon père sortit du fond de la pièce, et me regarda avec… une expression indéfinissable… un peu de satisfaction on aurait dit, mais… de là à le certifier…

Il alla s’asseoir en bout de table…
Evidemment… il était le maître…
Parfois, je me demandais s’il ne se prenait pas pour Dieu…
Mais je ne vais pas relancer ce débat futile…

Après quelques instants sans bouger, j’allais finalement m’asseoir à table moi aussi…
A le droite de Dieu… quelle drôle d’impression…
Je refusais de poser mon regard sur Heihachi, trouvant plus d’intérêt à mes couverts…
Mais ce bon vieux démon entama la conversation…



« - Kazuo. N’oublie pas que je suis le maître ici. » souffla-t-il, le regard noir.


Qu’est-ce qu’il entendait par là ?
Ce type faisait de ces phrases parfois, que vous n’en compreniez même pas le sens… comme là.
Ouh le maître…
Il voulait pas que je me soumette à ses fantasmes aussi…
Non mais franchement…

Il posa sa main sur mon épaule, tandis que je refusais toujours de le regarder franchement.
Il resserra sa prise, me broyant légèrement les os…
Je haïssais ce type…
Il croyait que tout lui appartenait… y compris les êtres humains…

Avec mon autre bras, je repoussais fermement son bras, avant de le fixer franchement.
Je gardais toujours cet air inexpressif, qui se teinta néanmoins de moquerie, alors qu’un sourire narquois se peignait sur mes traits…
Je poussais un petit soupir en l’observant, avant de m’exprimer à mon tour.


« - Je ne suis pas une de tes soubrettes… tu n’es ni mon maître, ni mon père… t’es juste le connard qui vit dans ce manoir… Alors cesse de te croire supérieur à moi… » lâchais-je avec un sourire hypocrite.


Je détournais alors les yeux de ce monstre…
Jamais je ne laisserais ce type me traîner dans la boue…
Tout se passait bien tant qu’on ne se croisait pas…
Et je venais de le lui laisser entendre avec une facilité déconcertante…
M’énerver ? Non…
J’avais simplement mis les choses à leur place…

Il n’était que l’homme qui allait nous léguer sa fortune et tout ce qui va avec… rien de plus…
Pas la peine de tenter de prendre une quelconque autorité sur moi…
Ça ne marcherait pas…
Et s’il voulait régler ça d’homme à homme, ça ne me dérangeait pas…
Il était l’un de ces gros bourgeois qui se vautraient dans le luxe…
Il ne s’était jamais battu de sa vie, ça se voyait…
Moi, je m’y connaissais suffisamment pour l’envoyer au cimetière, pas de quoi avoir peur de lui…

C’est alors que la petite peste qui me servait de sœur entra dans la pièce, avec ce grand sourire béat qu’elle arborait parfois…
Elle avait fait quelque chose de louche, ça c’était certain mais…
Je n’avais pas envie de le savoir…
Cette fille était bien trop louche…
Sexe, magie noire, vaudou, télékinésie…
Izumi essayait tout et n’importe quoi…

Et je n’avais pas envie de savoir à quelle idée saugrenue elle s’était essayée…
Très peu pour moi merci…
Même si ma curiosité était encore une fois piquée au vif…

Elle s’assit à mes côtés, sans un mot, saluant simplement notre père avec respect.
Et bien… que de fioritures…
Elle qui avait au moins autant de respect pour lui que j’en possédais moi-même…
Quelle petite sournoise…
Elle ne changerait jamais…

Il ne manquait plus que Reï pour que la soirée puisse réellement commencer…
Et elle fit justement son entrée à cet instant précis…
Ses lunettes sur le nez, une robe abusivement décolleté qui suscita immédiatement mon intérêt…
Reï faisait les choses en grand ce soir…

Mon regard avait beaucoup de mal à se détacher de l’ouverture très évasive de son col, et le fait qu’elle s’assoie exactement en face de moi n’y arrangea rien…
A côté, Heihachi semblait absorbé par cette robe, au point de zapper tout le reste…
C’était pas normal de reluquer ainsi sa nièce…
Moi c’était ma cousine… et je ne la regardais pas comme l’autre là…

Comme toujours, Reï détourna les yeux de moi, visiblement gênée…
Qu’est-ce que ça pouvait m’énerver ça…
Elle était toujours comme ça…
Ça faisait des années qu’on vivait sous le même toit et… on ne s’était quasiment jamais adressé la parole…
C’est dommage pour elle, mais je pensais que Reï faisait partie de cette catégorie de filles, qui sont faites pour être regardées… ou plus… évidemment…
Mais qui n’auront jamais plus à offrir que leur corps…

Bref, je me désintéressais rapidement d’elle, attendant avec impatience que le repas commence… enfin, qu’il prenne fin pour être précis…
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Ryûna Metherlence

Ryûna Metherlence

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MessageSujet: Re: Repas tendu...   Ven 14 Mar - 18:47

Il faisait chaud, une chaleur étouffante…
Mon front et mes mains étaient moites, ma respiration pénible.
Mes doigts fins et agiles se mouvaient avec aisance, tranchant, découpant les aliments avant de les installer de mon mieux, dans une présentation dont j’étais plutôt fière.

Près de moi, dans la grande cuisine équipée, Haïdy et une dizaine de domestiques s’affairaient avec ardeur pour que tout soit près dans les temps.
Ils n’étaient visiblement pas dans un meilleur état que le mien, mais nous nous y acclimations par la force des choses et de l’habitude.
C’était souvent ainsi que cela fonctionnait pour les servantes des Mishima.

Oui, car le maître n’achetait que de jeunes et jolies filles et le seul mâle restait donc notre supérieur en titre dont l’expérience et les années de bons et loyaux service le préservaient pour l’instant de l’expulsion.
Je me souvenais vaguement d’une femme au visage terne et fatigué, dans la trentaine, qui avait été odieusement chassée sans véritable motif et craignais qu’il ne lui arrive la même chose.

Pourquoi l’avait-il renvoyé ? C’est simple.
Elle était devenue trop vieille pour plaire à notre propriétaire et il ne s’était pas privé de la revendre sans scrupule à l’un de ses compères, prétendant qu’elle était désormais trop âgée pour être agréable et efficace.
La malheureuse en avait été bouleversée, elle qui comme moi, ne connaissait rien d’autre du monde ou presque que cette gigantesque demeure, devenue prison et foyer à la fois.

A sa place qu’aurais-je bien pu faire ?
On m’aurait acheté une troisième fois… et après ?
Qui pouvait prétendre que ma vie en aurait été meilleure ?
Il y avait probablement bien pire… probablement des esclaves encore plus maltraitée que moi.

Non en vérité, même si je souffrais de ce mode de vie auquel on m’obligeait, je ne voulais pas partir.
C’était « chez moi » quoi qu’il arrive.
J’avais grandi ici, j’avais tout appris ici et… j’avais même connu mon premier baiser ici…
Donc oui, je tenais à poursuivre ma vie dans ce lieu aussi démoniaque que puisse être son dirigeant.

Mon premier baiser, oui…
Une semaine s’était écoulait depuis mais j’en étais encore toute chamboulée…
Souvent l’image du jeune homme s’imposait à moi sans que je ne puisse m’y opposer malgré ma farouche volonté à l’oublier…

Je revoyais ses traits, les détails de son visage avec une précision effrayante…
J’avais l’impression parfois de sentir encore son parfum, la douceur de sa peau fraîche, la chaleur de ses bras…
En me concentrant je pouvais même entrevoir à nouveau l’intensité de ce baiser…
Non, de ces baisers !

Je me souvenais de la moindre inflexion dans sa voix et de tous les mots qu’il avait prononcés… et Dieu savait qu’il ne m’en avait pas offert beaucoup.
Aussi se heurtaient-ils sans arrêt dans ma tête… toujours les mêmes, toujours ce même refrain, une litanie étrange et répétitive que je prenais un plaisir à malsain à réécouter en boucle.

Sa tendresse, son souffle brûlant… ses caresses affolantes mais terriblement délicieuses…
Et alors, je me maudissais, rougissant de telles pensées et me gourmandant pour cette indécence.
Ce n’était pas du tout normal !
Ce n’était pas du tout ce genre de rêveries pures auxquelles s’adonne toutes les adolescentes, non, au contraire, elles étaient profanes et allaient beaucoup trop loin à mon goût !

J’avais honte de moi, vraiment honte mais… à vrai dire, je ne pouvais le chasser bien longtemps de mon esprit.
Régulièrement, il venait y faire de petites et dérangeantes intrusions, me remuant de l’intérieur.
Il surgissait du néant sans crier garde et je ne pouvais alors que subir cette influence et les songes païens qui m’envahissaient.

Alors chaque soir, je priais le Seigneur de me venir en aide et de chasser ses démons cruels qui m’habitaient, et prenaient un malin plaisir à me tourmenter.
Je souhaitais laver mon âme des pêchés que j’avais commis en me livrant ainsi aux désirs d’un étranger et plus encore de bannir cette envie incontrôlable et ridicule de le revoir.
Qu’avais-je donc fais pour mériter un tel châtiment ?

Néanmoins, je résistais à cet appel satanique et me révoltais, parvenant ainsi à contenir tout cela.
Aussi, je le fuyais bien sagement, consciente que le revoir n’en serait que plus troublant, plus insoutenable.
Je l’évitais soigneusement et chaque fois que son ombre apparaissait au détour d’un couloir, je m’empressais pour me cacher.

Un jeu du chat et de la souris qu’il avait l’air d’apprécier puisqu’il se baladait à longueur de journée dans le manoir me poussant à rester en permanence sur mes gardes.
Jusque là, le rongeur, la proie que j’étais devenue et qui se faisait traquer d’une façon bien insolite, ne s’en sortait pas trop mal.
Pas mal du tout même, puisque nous ne nous étions pas croiser une seule fois.
Je ne redoutais qu’une chose, qu’il se lasse de moi… Non !
Je veux dire… qu’il s’ennuie et décide de venir directement dans ma chambre là où il était presque certain de me dénicher.

Il était vital pour moi de me reprendre !
L’angoisse allait finir par nuire à mon cœur qui ne tarderait pas à lâcher si je lui imposais encore une telle pression !
Oh et puis, en outre, il y avait son père qui recommençait à me chercher sans doute frustré par cette absence prolongé qu’il s’imposait.

Il était revenu à la porte du cagibi deux nuits plus tôt, il avait pris ce qu’il souhaitait et était repartit.
J’espérais donc être tranquille une nouvelle semaine s’il gardait cette réticence là.
Ce qui était loin d’être sûre malheureusement…
Le plus horrible sans doute avait été de songer à son fils pendant qu’il me prenait de force, de me raccrocher à sa délicatesse comme pour essayer de la faire compenser la brutalité de celle de celui qui lui avait donné la vie.
Quel contraste !
Kazuo… Une espèce de bouée de sauvetage qui allait me pousser à la noyade si cela continuait ainsi !

Perdue dans mes pensées, je sentis une pointe de douleur qui me tira d ma torpeur.
Clignant des yeux comme pour revenir à la réalité, j’aperçus sur le couteau que je manipulais une perle de sang.
Mince !
J’étais vraiment trop stupide, rêvasser un ustensile de cuisine à la main et se couper… Forcément l’un n’allait pas sans l’autre !
Je l’avais bien mérité !

Je portais mon doigt blessé à ma bouche tandis que ma rivale me jetait une réplique à laquelle je ne prêtai aucune attention et qui s’apparentait à un « Ben alors, Yûni, on s’est fait bobo ? » moqueur.
Elle se remit au travail voyant que je ne relevais pas l’attaque.

Poussant un soupir, je laissai mes yeux dérivé dans la pièce.
La modernité qui y régnait contrastait avec le style désuet et globalement rustique de la maison.
Les murs recouverts d’une peinture fraîchement refaite nous laissait inhaler des vapeurs de cette senteur âcre qui ne me déplaisait pas et provenait des composants chimique qui nous offrait cette couleur chaude.
Des espaces de rangement judicieusement pensé s’éparpillaient dans la salle ne donnant pas pour autant une impression de désordre.

Et se bousculant à moitié, des femmes étrangement dissemblables.
Des petites, des grandes, des jolies, des moins jolies, des replètes, des minces ou es trop maigres… des visages égayés ou fades… des airs de tous genre, lasse, furieux ou souriant…
Des esclaves comme moi, mais au combien différentes pour certaines !

Il n’y avait qu’à prendre la jolie blonde… Haïdy…
Si pétillante, si vivante malgré son statut, sa captivité…
Si belle, si énergique, si pleine d’assurance…
Comme j’aurais voulu pouvoir profiter comme elle de chaque seconde… mais je n’y arrivais pas…
Je ne pouvais que bêtement me projeter vers un avenir que je m’inventais plein de douceur.



« - Bon, Metherlence, tu fais quoi là ?! Active-toi un peu ! »


Cette fois, celle d’une dénommée Kana, me rappela à l’ordre.
Hochant la tête avec un petit signe de la main en guise d’excuse, je me remis sans attendre au travail, ne me souciant plus des picotements douloureux de mon index.

L’heure du déjeuné générait toujours cette fiévreuse agitation, nous forçant à un dynamisme que les températures élevées n’aidaient pas, bien au contraire.
Les fours tournant à plein régime, les plaques chauffantes, et la précipitation à laquelle on nous contraignait ajoutaient des degrés perfides qui nous assommaient bien malgré nous.

Aujourd’hui Takaya sortait le grand jeu.
Il avait préparé un menu digne d’un réveillon de Noël et c’était hébétée que j’observais les plats, les entrées et les déserts s’accumuler dangereusement, me demandant si Heihachi et sa nièce parviendrait à engloutir tout cela à eux deux.

Pour ma part, j’étouffais et n’avais qu’une hâte : échapper aux fourneaux !
A ce rythme là, j’allais cuire plus sûrement que la nourriture !
Enfin, au moins, je me remuais et cela m’évitait temporairement de ressasser mes souvenirs encore brûlants.
Ou peut-être pas en fait…

Il fallait que je me l’ôte de la tête ce garçon !
C’était urgent !
Mais au fond, je n’en avais pas tellement envie.
Il me permettait de me plonger dans un monde à part, rien qu’à moi.
C’était mon secret… ou plus exactement le notre.

Alors oui, j’étais furieuse et je nous en voulais mais paradoxalement je chérissais ce court moment d’intimité qui nous avait joins tentant vainement d’en passer sous silences les dernières minutes, peu glorieuse pour moi.

Y repenser était encore une cuisante humiliation pour moi.
Son ton lointain et orgueilleux, son expression condescendante digne de celle son père, et la signification de son discours… comme s’il avait voulu ternir le peu d’estime que j’aurai pu entretenir à son égard, comme s’il avait voulu briser la magie de l’instant avec une brutalité un sadisme que je ne saisissais pas.
Pour cela, je le méprisais, le détestait tout en chérissant cette autre partie de lui qu’il m’avait légèrement dévoilé.
Si peu d’ailleurs que je me demandais si je n’avais pas rêvé.

C’était juste du désir… Juste du désir !
Il m’avait trompé pour obtenir ce qu’il voulait, un point c’est tout, je ne devais pas me faire d’illusion sur ce qu’il s’était produit et surtout, surtout, je devais continuer à l’estimer responsable et à le voir d’un mauvais œil…
Je devais m’efforçais à ne conserver pour lui qu’une franche animosité !
Il ne méritait rien d’autre après tout ça !



« - Tu n’as vraiment pas l’air à ce que tu fais, Ryûna… »


Cette voix me fit sursauter tandis que je me gourmandais sur la véracité de ces propos.
Cela faisait une semaine que e peinais à me concentrer et beaucoup avait du le remarquer.
J’aurais hurlé : « Il s’est passé quelque chose la nuit du sept ! » que ça n’aurait pas été plus explicite !

Faisant volte face, j’aperçus le vieil homme qui me dévisageais avec une désapprobation compatissante au grand damne de la charmante blondinette qui tourna le dos à cette scène, grommelant des reproches incompréhensibles.
Je signais simplement « gomene » dans l’air ce qui eut pour conséquence de faire hocher la tête à mon précepteur.



« - Va plutôt servir le repas au lieu de rêvasser.
- Servir… le repas ? Répétais-je sottement, mes mains fusant dans l’air.
- Et bien oui, quoi ? De ça non plus tu ne te sens pas capable ?
- Si si, c’est juste que…
- J’ai besoin de toi, Ryûna, je ne peux pas être partout et comme tu es la moins utile des cuisinières ici présentes, tu va prendre le service.
- … …
- Et c’est un ordre ! »



Je détestais cela et il le savait.
Je trouvais sa punition disproportionnait à mon inattention.
D’accord la qualité de mon travail n’était pas exceptionnel ces derniers temps mais tout le monde avait droit à un petite baisse de régime non ?!
En, outre la journée avait été lourde et fatigante !

Quoi qu’il en soit, je n’avais pas mon mot à dire.
Déjà le plateau contenant les hors d’œuvre était en ma possession.
Je notai au passage l’expression ironique et satisfaite d’Haïdy qui me donna envie de lui arracher les yeux, cependant je gardais mon calme, trop obséder par ce que j’allais avoir à faire.

Le service…
C'est-à-dire m’approcher de Heihachi plus que de raison…
Et il y avait Reï, qui me fusillait toujours du regard sans que je ne sache pourquoi.
Elle ne m’aimait pas c’était palpable.
Ce qui me rassurait c’est qu’elle était ainsi avec bon nombre de servante.
Au moins, ce n’était pas personnel.

Affronter leur expression, un cauchemar pour moi.
Heureusement de temps en temps, Izumi était là pour me réchauffer le cœur de ses grands sourires juvéniles.
Et grâce au ciel, Kazuo n’était jamais là.
Il s’exiler dans sa chambre lors des repas et ce n’était pas moi qui allait m’en plaindre.

Prenant mon courage à deux mains, je me dirigeai vers le grand salon où se tenait traditionnellement le dîner.
Je croisai au passage mon reflet dans l’un des multiples miroirs du couloir.

J’avais l’air de sortir d’outre tombe tant l’épuisement paraissait marquer mon visage.
Ma nervosité et la tension qui m’habitait à l’idée d’être au centre de l’attention de ces deux vipères n’en étaient pas moins visibles.
Je portais ma tenue habituelle.
Mes longs cheveux verts étaient attachés en une queue de cheval classique dont s’échappaient de petites mèches rebelles qui venaient se coller à mon front et encadrer l’ovale de mon visage.
Je constatai aussi que mes joues étaient de nouveaux rosies.
Un portait de moi qui n’avait rien de surprenant en vérité.

Secouant la tête pour me donner du courage, une petite moue résignée planant sur mes traits, je franchis prestement les deux derniers mètres qui me séparaient de la grande porte en chêne.
Je tapais une fois, une seconde fois avant d’entrer sans regarder derrière moi.

Sur le seuil de la porte, je fis un tour de table.
Heihachi assit noblement comme un roi sur son trône, les deux bras posé sur la table de chaque côté de son assiette, Reï qui avait rivé son regard de rapace sur moi, Izumi qui me fixait avec enthousiasme me gratifiant d’un petite signe de la main et…

Je m’immobilisai, tendue à l’extrême en apercevant le dos d’une personne qui n’aurait jamais du être là.
Je fus prise de l’impulsion de m’enfuir sans demander mon reste, mais non, je restai là, étrangement figée, mes prunelles rivées sur la silhouette que je ne reconnaissais que trop bien.

Kazuo…
Que faisait-il ici ?!
Oh oui bien sûr, il était chez lui entourait de sa famille, rien de surprenant en soit sauf que… que c’était Kazuo, quoi !
Ce n’était pas son genre d’assister au repas de ce style et…

Tétanisée, je ne bougeais plus, en suspend, le plat toujours entre mes mains soudain tremblantes.
Il n’y avait que lui, éclipsant même l’aura écrasante de son géniteur…
Mes iris hypnotisés, qui ne le quittaient pas, reflétaient un mélange de sentiments indémêlables.

La peur, la surprise, l’incompréhension, une pointe de colère ravivée par sa vision et un embarras qui se refléta aussitôt sur mes pommettes.
Je commençai à m’agitait imperceptiblement sur place, repoussant péniblement mon envie oppressante de prendre mes jambes à mon cou et de m’éloignait sans attendre du danger qu’il représentait.
J’en avais même perdu ce sourire que j’affichais toujours, mes lèvres s’entrouvrant imperceptiblement tandis que je les humidifiais nerveusement.

Une voix fluette retentit que je n’entendis même pas :



« - Ryûna ? »


Il n’y avait plus de Ryûna, il n’y avait plus qu’une petite fille gênée…
Il n’y avait plus que Yûna-chan…
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Kazuo Mishima

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MessageSujet: Re: Repas tendu...   Ven 14 Mar - 23:26

Qu’on en finisse…
Vous voyez pourquoi je déteste ces repas…
Quoi, vous avez pas suivi… ?

J’étais arrivé le premier dans la salle à manger et… j’avais eu le malheur de voir Heihachi débarquer juste après moi…
La simple vue de cette immondice sortie des profondeurs de l’Enfer me donnait la nausée… comme une irrépressible envie de vomir…

Evidemment, il avait fallu que nous ayons une… discussion…
Bientôt deux semaines que j’étais au manoir et… nous n’avions pas encore échangé le moindre mot…
Pas une seule conversation entre le fils et le… truc qui lui servait de père…
Et d’ailleurs, on ne s’était que rarement croisé dans les couloirs…

Nous n’avions rien en commun, et même si ce fut le cas…
J’éprouvais une trop grande rancœur à son égard pour pouvoir m’intéresser à lui…
Il était l’homme qui avait causé beaucoup de mal à maman…
Et aujourd’hui, ce n’était rien de plus qu’un déchet qui se servait des gens et profitait des femmes…

Ses servantes étaient toujours de plus en plus jeunes…
Il n’y avait qu’à voir Ryûna… elle ne devait même pas avoir atteint l’âge adulte…
Le but à cela ?
C’était un pervers, et ses servantes devaient plus servir de passe-temps pour Môssieur que de véritables soubrettes.
Dieu sait… non, je sais.
Qui sait ce qu’il leur faisait endurer… ?
Combien d’entre elles avaient-ils déjà touché ?
Combien d’entre elles avait-il déjà prises de force… ?

Et Ryûna…
Est-ce qu’elle… ?
Impossible…
Stupidement, je me refusais à l’idée qu’il ait pu la toucher ou abuser d’elle…
Il n’en avait pas le droit…

C’était idiot…
Je trouvais répugnant qu’il couche avec ses servantes mais… pour Ryûna, mon ressenti était plus violent…
Elle, il n’avait pas le droit d’y toucher…
Mais… pourquoi est-ce que je pensais ça ?!

J’en sais rien…
Mais la simple idée qu’il puisse forcer la charmante bonne à des pratiques pas claires me mettait hors de moi…
Je… je ne supportais pas cette idée…
Je l’imaginais et… ça devenait insoutenable…

Me battant contre moi-même, je chassais prestement ses pensées, refusant de croire que ce soit possible…
Il en avait tout un tas sous la main, pourquoi voudrait-il Ryûna de toute façon… ?
Et puis… je m’en fichais d’elle… même si…
Non, j’avoue qu’elle m’intéressait vraiment.

J’observais lentement la gamine à côté de moi…
Izumi…
Elle était toujours si étrange…
Et trop précoce à mon goût…
Je crois même qu’elle s’envoyait en l’air avec un type de ma classe, voir même plusieurs… cette fille était clairement louche…

Si les choses avaient été différentes, on aurait sûrement été très unis… très amis…
Mais…
La situation étant ce qu’elle est, je ne voulais pas m’encombrer de sentiments stupides à son égard…
Je l’appréciais… à me façon…
Si ça ne lui plaisait pas, tant pis…

En tout cas, j’étais content qu’elle soit arrivée tout à l’heure…
Notre géniteur avait voulu me dominer et… il avait perdu…
La tension était palpable et heureusement, la gamine avait débarqué avec son sourire idiot…
Baka…
Elle avait du faire un truc louche ou malsain pour afficher un air aussi débile…

Et puis, Reï était arrivée…
Je posais de nouveau mes yeux sur elle, toujours à demi perdu dans mes songes…
Très sexy aujourd’hui…
Mais toujours avec cet air gêné…
Un air gêné genre : « ne me regardez pas », qui contrastait nettement avec son décolleté, qui lui, semblait vouloir dire : « regardez !!! » ou « portes ouvertes ! », ça dépend…

Mais c’est fou ce que cette fille pouvait être ennuyeuse… énervante même, avec ses airs de sainte-nitouche…
Dommage…
Le corps pris à part, elle était un vrai régal, et je trouvais, à la vue de sa tenue abusive, manquer quelque chose en n’ayant jamais été un peu plus loin avec elle…
Mais son expression d’ultra timidité me refroidit bien vite…
Qu’est-ce que c’était gonflant…

De plus, elle semblait surtout avoir tapé dans l’œil de Heihachi, et je me faisais du souci pour la pauvre Reï dans la suite de la soirée…
Notre géniteur était du genre à avoir les mains très baladeuses et la tenue d’allumeuse de Reï n’aiderait pas ce pauvre type à perdre ses manies…

Bref, ça s’annonçait chiant, pour ne pas changer…
J’avais encore plus hâte que ça se termine…
Vite…
Je fais genre, j’avale quelques trucs, et dès que j’ai une opportunité, je file dans ma chambre…
D’ailleurs ce soir, j’avais dans l’idée d’aller rendre une petite visite à ma chère Ryûna…
Je connaissais sa « chambre » et je n’aurais aucun mal à la surprendre…

C’est vrai, une semaine que je lui courais après…
J’aimais le jeu du chat et de la souris…
Mais j’aimais aussi que le chat finisse par l’attraper… sinon il finirait par mourir de faim…
Donc ce soir… elle serait bien forcée de me faire face…

C’est fou…
Encore une fois… elle s’infiltrait dans mes pensées…
Pourtant il y a un instant je pensais à la tenue de Reï…
D’ailleurs, j’aurais volontiers mis cette tenue à Ryûna…
Oui, sa robe de chambre n’était pas assez décolletée à mon goût et m’avait affreusement empêché de profiter un peu plus du spectacle terriblement attrayant qu’offrait son corps…

Je ne me rappelais pas avoir déjà désiré quelqu’un autant que ça…
C’était étrange…
Je n’avais pas envie de sexe, le truc qu’on fait et basta.
Non, je voulais l’avoir… à moi, rien qu’à moi…
Sentir son corps chaud contre le mien, et me régaler de cette proximité…
Je voulais ressentir à nouveau cette pulsion… ce que j’avais ressenti ce soir là…

J’en étais donc là, totalement perdu dans mes pensées, lorsqu’on frappa à la porte.
Enfin…
Une domestique qui servait à manger…
Plus rapide elle serait, et plus vite je fuirais…
Espérons qu’elle n’allait pas traîner…

La porte s’ouvrit et se referma dans mon dos…
Je n’esquissais pas le moindre geste, regardant droit devant moi, le regard dans le vague, déjà contrarié par ce repas, qui n’avait pas encore commencé…
Pourquoi Diable ce démon voulait que l’on mange avec lui ?!
Je vais te faire avaler mon couteau moi, tu m’en diras des nouvelles…

D’ordinaire, il nous laissait vivre chacun nos vies tranquillement…
Enfin, sauf Reï, qui mangeait toujours avec lui…
Ce que je comprenais vu le regard qu’il posait sur elle depuis son entrée en scène…
Mais là il nous emmerdait tous avec son repas débile…

Et merde alors, il arrive ce repas ?!
Oui, je pensais, je pensais et… et les plats n’étaient toujours pas sur la table…
Désolant…
Encore une fille qui possédais plus de qualités physique que de talents de servante sûrement…

Je n’avais pas daigné tourner la tête dans sa direction, bien qu’elle se trouve dans mon dos.
Je me fichais de qui elle était…
Par contre, son inactivité avait le don de m’irriter…
A cette vitesse… j’étais pas couché moi…

Et alors que je maudissais mentalement cette servante, et que tous les regards, mis à part le mien, étaient tournés vers cette dernière, la voix d’Izumi résonna…



« - Ryûna ? »


R…
Ryû…
Ryûna ?!

Sans perdre un instant, je fis volte-face sur ma chaise.
Impossible !
Je la cherchais de puis une semaine et…
Et elle serait là ?
Elle allait « se livrer » ainsi, alors que j’avais passé une semaine à la rechercher… ?
Ça semblait irréel…

Ayant terminé de tourner la partie haute de mon corps, je fus bien obligé de l’accepter…
C’était elle…

Elle se tenait là, devant la porte…
La chevelure verte, attachée par une queue de cheval, ses joues merveilleusement rosies, ses grands yeux verts si profonds et expressifs…
C’était bien elle.
Et son corps, si désirable, qui transparaissait au travers de sa tenue de servante, ne trompait pas non plus… il ne pouvait s’agir que d’elle…

Elle était là, les yeux rivés sur moi, et visiblement hésitante…
Elle tremblotait, et n’osait réellement bouger, comme une petite fille prise en faute…
C’était touchant… troublant…

Troublant, d’autant plus que mes yeux trouvèrent immédiatement refuge dans son regard…
Si fragile… Si bouleversé…
C’était tellement étrange…
Je ne calculais même plus les autres occupants de la pièce, aspiré par ses jolis yeux, qui semblaient vouloir fuir, totalement déstabilisés…
C’était l’un de ces moments… à nous…
Un moment que personne d’autre ne partageait dans la salle…
Encore une fois, je ne restais pas indifférent en face d’elle…

Mais une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, une plus mauvaise tomba…
En effet, devant la fragilité de la demoiselle, certains s’impatientaient…
Ils commençaient même à s’énerver…
Et une voix s’éleva.



« - Bon, bougez-vous ! Il se passe quoi là ?! » cria Heihachi à la jeune bonne.


Sans prendre la parole, je le fusillais du regard, comme pour lui signifier qu’il devrait la fermer… que je n’appréciais pas ce ton…
Certes, je n’étais pas le maître ici…
Mais je n’accepterais pas bien longtemps de l’entendre pester contre Yûna.

Je tentais de la protéger ou quoi ?!
Bref, je ne voulais pas qu’il l’ennuie, point.

Mais la suite ne tarda pas, puisque, bien que mon géniteur se soit un peu… calmé, ce n’était pas le cas de tout le monde…
Comme souvent dans ce genre de situation, il y avait toujours quelqu’un pour raviver le feu… en remettre une couche…



« - C’est affligeant de voir de telles bonnes à rien… » persifla Reï, l’air dédaigneux…


Que mon père, ce crétin, se permette une remarque me dérangeait, mais… que cette potiche de Reï se permette une telle accusation, juste pour un repas…
Non, là c’en était trop…
Elle allait apprendre à tourner la langue dans sa bouche avant de s’exprimer celle-là…
D’accord, c’était peut-être un peu une attaque personnelle que je prévoyais là, mais…
Je ne l’aimais pas et… j’avais envie de lui mettre un bon coup, moi qu’elle semblait tant adorer…
L’emblème de son « idole » risquait d’en être sacrément affaibli…
Mais au moins, je la remettrais à sa place un bon coup, et elle ne se tenterait plus à bousculer Ryûna…
Je restais d’un calme implacable et fixais ma cousine droit dans les yeux…


« - Va faire le travail toi-même si ça te va pas… oups j’oubliais… tu passes déjà tes journées à rien faire… ça doit être fatiguant… » lançais-je, le visage impassible et inexpressif, le ton ironique, sans la lâcher des yeux.


Si moi je faisais quelque chose de mes journées ?
Absolument pas…
Mais de une, je ne me plaignais pas moi…
Et…de deux, je la savais trop pleurnicheuse pour oser me répondre…

La pauvre…
En six ou sept années, on s’était à peine adressé la parole, et aujourd’hui, je détruisais cette belle image qu’elle avait de moi, la cassant avec une envie et un plaisir presque malsain.

Je ne la quittais pas des yeux, et la vis hésitante…
Ses yeux commencèrent à s’humidifier, tandis qu’elle me regardait toujours…
Une larme apparut, courant sur sa joue, et je me mis à sourire… d’un sourire sadique, fier de ma victoire sur cette pimbêche.

Ça c’était malsain… et odieux…
Je le sais…
Je la regardais avec ce sourire vicieux, tout triomphant que j’étais intérieurement…
Un monstre… ?
Oui, je le pense aussi…
Mais l’entendre cracher son venin sur une malheureuse esclave… sur Ryûna…
Je voulais juste la blesser suffisamment pour m’assurer qu’elle s’en souvienne.

Mais elle était plus forte que je ne le pensais, car elle ne prit pas la fuite.
Elle resta là… pas vraiment fière, mais… présente…
Son maquillage avait légèrement coulé…
Un bien triste spectacle…

Au moins, j’avais apparemment réussi à calmer les bestiaux qui me servaient de convives.
Reï était occupée à soigner son apparence désastreuse, et Heihachi, semblait légèrement frustré, mais en silence…
Tant mieux…

Lentement, je tournais de nouveau la tête vers Ryûna, l’observant avec un regard appréciateur… vous savez, le genre qui veut dire : « tu m’en dois une maintenant »…
Certes, j’avais fait taire Reï parce que… ça m’avait agacé…
Mais si je pouvais obtenir une nouvelle entrevue avec la jeune servante en échange de cette aide miraculeuse, je ne m’en priverais pas…
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Ryûna Metherlence

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MessageSujet: Re: Repas tendu...   Mar 18 Mar - 16:17

J’étais profondément mal à l’aise, incapable de détourner les yeux de la vision troublante que m’offrait cette silhouette masculine.
De poignants souvenirs, que je connaissais déjà par cœur, surgissaient du passé avec plus de chaleur encore qu’à l’accoutumé tandis que le rouge me montait aux joues.
Nerveuse, je restais figée dans une immobilité de pierre, me sentant incapable d’agir ou de réfléchir.
Prisonnière d’un monde où la mémoire avait une emprise totale…

Il était là…
Ce n’était pas un rêve, cette fois.
Ce n’était pas l’un de ces mirages qui m’apparaissaient à chaque couloir.
Je devais me ressaisir et vite !
Oui mais comment ?
C’était la première fois que je le revoyais depuis l’incident nocturne qui avait eu lieu une semaine plus tôt et je dois dire qu’il était difficile de retrouver ses esprits dans de telles conditions.

Le monde semblait effacé, ne laissant place qu’aux contours anormalement distincts du jeune homme.
Ses trois convives en étaient entièrement effacés, relégués au second plan, au banc des décorations.
Même Heihachi dont la prestance n’était plus à remettre en question paraissait misérable soudain…

Lui et moi, réunis dans une pièce ?
Un événement que j’avais tenté d’éviter au maximum !
Mais je ne pouvais plus y échapper !
C’était d’ailleurs idiot de s’être imaginée pouvoir l’esquiver encore longtemps.

L’atmosphère me semblait pesante, étouffante et je me demandais si j’étais la seule à le ressentir.
De plus le silence lourd qui régnait dans la pièce me donnait l’envie irrépressible de disparaître ou tout du moins de m’enfuir.
Ce que j’aurais fait sans hésiter si je n’avais pas vaguement perçu le regard lourd et irrité de mon maître et si le plat ne m’avait pas pesé entre les mains.

C’était à ce moment là que la voix fluette et cristalline d’Izumi avait tenté de m’extirper de ce mauvais pas et de me faire revenir sur terre mais c’était peine perdue.
En effet si l’entente de mon prénom me permit de fermer cette bouche entrouverte dans une exclamation de surprise que, grâce au ciel, j’avais su retenir , le fait de voir le buste du garçon se tourner à une affligeante vitesse, me laissant tout le loisir de me morfondre, ne m’aida pas à me reprendre.

Au contraire lorsque son visage se dessina en contre jour, je me sentis une faiblesse atroce dans les jambes et je fus d’ailleurs étonnée de ne pas m’écrouler aussitôt.
Mes tremblements s’accentuèrent encore tandis que mes prunelles écarquillées, comme mue d’une volonté propre, cherchaient avec appréhension celles de l’héritier des Mishima.
Je vacillai dangereusement lorsqu’enfin il attrapa mes yeux.

Son regard était pénétrant… aussi brûlant que glaçant…
Et moi, je ne pouvais qu’être aspirée dans ses billes d’une infinie profondeur.
Je me sentais sondé et mon âme redevenue petite, fragile et tremblante se sentait mise à nue.
Une sensation étrange, que je ne savais comment qualifier.
Agréable, désagréable ?
Ni l’un ni l’autre… simplement bouleversant…

Kazuo…
Pourquoi est-ce que sa compagnie me plongeait dans un tel émoi ?!
L’autre fois je… j’avais mi cela sur la compte de la fatigue, de l’obscurité et de cette ambiance bien particulière qui flottait autour de nous, sans parler de sa demi-nudité.
Mais là ? Il était tout à fait habillé, entouré de ses proches et enveloppé de lumière, alors quoi ?
Etait-ce juste la remémoration de cette scène marquante qui me secouait comme cela où y avait-il quelque chose d’autre ?

C’était dingue !
Je ne le trouvais même sympathique !
Au contraire, c’était un rustre qui avait profité de moi.
Je n’aurais jamais du éprouvé tout cela !
Cette tempête d’émotion n’avait absolument pas lieu d’être !

Est-ce que quelqu’un dans la pièce autre que nous pouvait capter ce qui était en train de ce produire en nous, pouvait saisir ce que cet échange avait de troublant…
Une sensation lourde et palpable comme si l’air s’était brutalement chargé d’électricité et moi au milieu de tout ça, dans une incompréhension sans limite, je ne pouvais que subir ce phénomène.

Hésitante, je ne savais comment échapper à ses iris qui avaient fait des miens des prisonniers impuissants et anormalement vulnérables.
Que faire ?!
Je devais me reprendre, me tirer de cette torpeur avant que…
Mais c’était trop tard, quelqu’un avait remarqué la bizarrerie de mon comportement…
Tout le monde d’ailleurs mais je veux dire que quelqu’un se décida à intervenir avec une frustration apparente :



« - Bon, bougez-vous ! Il se passe quoi là ?! »


C’était Heihachi et sa voix détestable eut le mérite de me refroidir totalement avec autant d’efficacité qu’une douche froide.
Aussitôt, je détournai la tête, fuyant l’expression indescriptible du jeune homme.
En tout cas pour une fois il avait soulevé une question intéressante.
Que ce passait-il ?

Je n’en avais aucune idée mais il me semblait que c’était partagé.
Ce n’était pas logique, j’en avais conscience mais je ne pouvais contrôler de tels sentiments, le bon sens n’avait plus aucune emprise sur eux depuis le dernier soir et j’en faisais les frais à présent.
Après ce baiser, je… je pensais avoir réussis à faire le tri, à me calmer et à redevenir raisonnable mais je ne pouvais que constater à présent qu’il n’en était rien.

Quoi qu’il en soit, je gratifiai l’homme d’un sourire penaud et navré censé être une excuse pour ma lenteur abusive.
Je m’inclinais légèrement notant au passage que Kazuo ne paraissait guère apprécier l’intervention de son géniteur.
Toutefois, je devais reconnaître que celle-ci avait été la bienvenue, sans elle qui sait si j’aurais eu la force de bouger à nouveau.

J’avais à peine fait un pas que Reï ouvrit la bouche et comme je m’y attendais ce ne fut pas un compliment qui en sortit.



« - C’est affligeant de voir de telles bonnes à rien… »


Mes épaules ployèrent sous cette joute verbale tandis que je baisais la tête, blessée par ses propos incisifs que je jugeais véridiques.
Elle n’avait pas tort.
Cette semaine je n’avais été bonne à rien, incapable de me concentrer…
Sa remarque n’était donc pas sans fondement et c’est pourquoi elle m’atteignit directement.

Les yeux rivés au sol, je m’abstins de croiser le regard narquois et railleur que l’adolescente rivait sur moi, apparemment fière de la pique qu’elle venait de lancer, croyant probablement soutenir son oncle.
Mais alors que je rassemblais mon courage et m’apprêtais à avancer et à braver l’irritation de l’assemblée, sa voix résonna, m’arrachant un long frisson.



« - Va faire le travail toi-même si ça te va pas… oups j’oubliais… tu passes déjà tes journées à rien faire… ça doit être fatiguant… »


J’écarquillai les yeux, stupéfaite et pas tout à fais certaine d’avoir bien compris.
Pourquoi une telle attaque ?
Est-ce que… Est-ce qu’il prenait partie pour moi ? Est-ce qu’il… me défendait ?
Ça n’avait pas de sens là encore.
Pourquoi aurait-il fais une chose pareille, après tout je méritais le reproche et je ne lui avais rien demandé.

En outre, c’était plutôt désagréable, pour ne pas dire volontairement méchant, ce qu’il avait dis là et, malgré ce qu’elle avait dit, j’estimais que sa cousine n’avait rien fait qui pouvait justifier une telle « vengeance ».
Même si ses mots n’était pas totalement faux, là encore.

Mais c’était ainsi, les gens de sa classe sociale se prélassait au soleil tandis que nous, nous nous activions aux fourneaux.
C’était une réalité contre laquelle je ne m’indignais plus.
Mieux valait ne pas se gâcher la vie pour de telles injustices.

Bref, la riposte du garçon me laissa perplexe.
Ce n’était pas la peine de me venir en aide…
Ou… Ou alors ce n’était pas du tout ça.
Ou alors il prenait simplement un malin plaisir à l’envoyait bouler comme l’on dit vulgairement.

En fait, peut-être était-ce dans ses habitudes de lui tenir un tel discours juste pour dire de satisfaire sa cruauté… et d’entretenir son égo…
Non, je…
Une partie de moi me soufflait que ce ne pouvait être que ça mais la seconde s’obstinait à prétendre le contraire…

Mais l’air que prit la malheureuse laissait à penser qu’elle n’était pas rodée à ce genre de paroles.
Hésitante, elle paraissait aussi incrédule que moi, à la différence prêt que son incertitude se teinta d’une tristesse que je peinai à supporter mais qui ne parut pas déplaire au jeune maître.
Au contraire, ce dernier la fixait avec une sorte de plaisir mesquin qui me remua étrangement et me donna envie de pleurer.

Je…
C’était idiot mais…
Je ne voulais pas qu’il soit ainsi !
Il ne devait pas être ainsi !
Pas après ça… plus maintenant qu’il générait en moi de telles émotions !
Il avait prit ma défense oui, mais… je voulais croire qu’il l’avait fais pour moi et pas pour se défouler sur cette pauvre fille…

Il souriait, sardonique, insensible face à la détresse de sa « victime »… et j’eu le souhait stupide de me joindre à elle et de faire front pour empêcher son bourreau de continuer à la maltraiter de cette expression odieuse.
Il semblait victorieux…. et cette vision me mit en colère.
Il n’y avait pas de quoi se vanter de faire souffrir une femme !

Sa phrase de tout à l’heure était déjà complètement oubliée et il ne restait plus que ses traits crispés et ses prunelles humides.
Pour qui il se prenait d’abord ?!
Parce que lui faisait quelque chose de ses journées ?!
Non, mais lui ne m’avait pas agressé verbalement.
En fait, j’étais tiraillée entre la gratitude et la rancœur.
Un ressentit bien étrange…

Oh !
Pourquoi fallait-il que tout soit ambigu lorsqu’il s’agissait de lui ?!
Il voulait lui faire du mal et ça c’était impardonnable mais… c’était pour mon bien aussi alors je…

Puis ses larmes coulèrent et j’eu beaucoup de peine à retenir les miennes…
Je ne devais pas m’apitoyer sur mon sort… ni sur le sien mais… elle paraissait si désemparée !
Elle, dont je ne connaissais que cette allure altière et dédaigneuse m’apparaissait sous un tout autre jour brusquement…
C’était évident, elle l’aimait…

Soudainement, avant même que je ne le réalise, une bouffé de jalousie m’envahit.
Prestement, je me ressaisis.
Qu’est-ce que ça pouvait bien me faire à moi ?!
Ce baiser échangé n’était pas une promesse, ni un serment.
Je n’exigeais rien de lui… sauf qu’il garde ses distances et se tienne à l’écart de ma vie…
Il pouvait bien embrasser des dizaines et des dizaines de femmes aussi belles que Reï, ça m’indifférait totalement !
… Ou presque… mais cela je n’en avais pas tellement conscience pour l’heure.

Heureusement, elle se ressaisit, et essuyant tant bien que mal les perles qui glissaient sur ses joues, se redressa sur son siège, prête à supporter un nouvel assaut s’il devait y en avoir.
Grâce au ciel, il se contenta de ce silence emplit de mépris qu’il lui réservait.
Moi, j’assistais à ce désolant spectacle, sans trouver ma place.
Projeter sur une scène où je n’avais pas de rôle distinct…

Mais si ! Bien sûr que j’avais un rôle et je ne devais l’oublier !
Un rôle de servante, d’esclave.
Je… J’allais les servir et repartir.
Ça s’arrêterait là, après ils se débrouillaient entre eux.
Ils pouvaient bien s’entretuer que ça ne m’intéressait aucunement !

D’ailleurs, ils paraissaient tous sur le point de la faire, tirant tous une tête à faire peur, hormis la plus jeune qui gardait un sourire enfantin et trop large, presque effrayant, visiblement sur le point d’éclater de rire face à l’allure misérable de l’autre fille du salon.
Ce n’était pas très gentil de se moquer ainsi d’elle.

Heureusement, Heihachi, lui bien loin de s’en amuser, paraissait plutôt furieux quant à la réaction de sa progéniture.
D’ailleurs cette dernière, tourna la tête vers moi, ses yeux semblaient me dire : « Tu me dois une fière chandelle, maintenant » ou encore « Tu m’es redevable, ne l’oubli pas. »
Rien du tout !
Je ne lui avais pas demandé d’intervenir aussi ne lui devais-je rien du tout !
J’aurais très bien pu m’en sortir toute seule !
Et sans faire pleurer personne, moi !

Non, en réalité, je n’étais pas fâchée, juste terrifiée par la lueur que reflétaient ses prunelles envoûtantes.
Je ne voulais pas lui devoir quoi que ce soit…
Je ne voulais pas le revoir mais lui, en revanche, paraissait bien en avoir envie.
Il l’avait déjà sous-entendu cette nuit-là même si je croyais mettre montrée suffisamment claire, suffisamment inflexible là-dessus.
Il fallait croire que non…

Bref, sans perdre plus de temps, je m’avançai vers la table, en direction d’Izumi, mon seul vrai soutient mais un toussotement attira mon attention.
L’homme me lorgnait d’un œil mauvais, fort mécontent de n’être pas servit le premier, de n’être pas traité comme le roi qu’il voulait devenir.
Ne sachant trop que faire, mon regard fusant de la fillette à son père, indécis.
Celui de l’adolescente paraissait vouloir dire : « Défi-le vas-y qu’est-ce que tu attends ! Affirme-toi ! » et celui de l’adulte hurler : « N’essaye même pas ! ».
Mais tout ça, c’était probablement dans ma tête… C’était moi qui avait envie de rabrouer ce monstre mais bien sûr, comme toujours je ne le ferais pas…

Je me dirigeai donc vers le chef de cette tablé, déposant avec précaution son entrée dans l’assiette en porcelaine. Il ne fit aucun geste pour m’aider, ne se recula même pas.
Ça ne changeait pas, c’était toujours ainsi.
Il paraissait toujours vouloir me mettre des bâtons dans les roues pour pouvoir s’époumoner à la moindre de mes maladresse.

Lorsque ce fut fait, je m’approchai de Reï lui offrant un petit sourire compatissant, comme pour lui dire de ne pas s’en faire que, pour ma part, je ne lui en voulais pas.
Ridicule car je ne reçus en retour qu’une mine chargée de dédain et de haine.
Baissant la tête, attristée par sa réaction à mon innocent réconfort, je ne m’attardai pas à ses côtés et retournai auprès de la blondinette.

Elle sourit à mon approche et s’écarta pour me laisser le champ libre.
Quand j’eu déposé sa nourriture, elle se mit à signer à mon attention, désireuse bien sûre, de n’être pas comprise.



« - T’inquiète pas, c’est pas contre toi. L’entente est toujours aussi bonne que ça tu sais, et encore aujourd’hui c’est la franche rigolade, je trouve ! »


Mais alors qu’elle entamait un nouveau signe que je n’eus pas le temps de décrypter, une voix tonna.


« - Izumi ! Si tu veux parler, fait le à voix haute ! Si tu pouvais nous faire part de tes dires, ça serait bien gentil ! N’as-tu donc aucun respect ?! Elle est muette, pas sourde à ce que je sache ! »


L’intéressé le gratifia d’une fabuleuse grimace, croisant les bras pour lui signifier son ras-le-bol autant que son désintéressement total.
Mais je n’y fis pas attention, observant d’ores et déjà Kazuo, craignant qu’il ne réagisse à nouveau, mais en ma défaveur cette fois.

Courant presque à sa rencontre, je déposai tant bien que mal son hors d’œuvre qui eu soudain une allure moins ragoutante.
Tentant de ne pas me laissait impressionner par son contact, une main posée sur la table près de son assiette, mon corps paraissant happé par le sien, je me penchai en profitant pour lui glisser, presque inaudiblement, un mot à l’oreille.


« - Onegaï shimasu … »


S’il-vous-plaît…
La formule était suffisamment explicite.
C’est donc stupéfaite par ma propre audace, que je me redressai totalement, cherchant une réponse au travers de ses grandes billes bleues insondables.
S’il avait compris ? Je ne pouvais en être sûre, en tout cas rien ne le laissait à penser pour l’instant…
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